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De Laborde, Comptes des Batiments, I

54 LES ARTISTES CELEBRES

Clouet en 1547 jusqu’en 1 5 5 9. Dans le courant de l’année 1 5 5 6 , il avait fourni à la reine Catherine des croquis de costumes pour une tragédie jouée à la cour h En i56o, il exécute le portrait du fol Thonyn, un fantoche autrefois au connétable de Montmorency; il touche 23 livres pour ce crayon qui, par une singulière destinée, est revenu aujourd'hui à Chantilly parmi le lot de portraitures acquises par M§r le duc d’Aumale à lord Carlisle en 1 8S9 a. Dans son Dictionnaire des Artistes, Jal fait mourir Guillaume Boutelou en 1574. Or, nous le retrouvons en 1 5 8 3 parmi les peintres de la reine Catherine1 2 3.

Qui songe cependant à Guillaume Boutelou, et qui s’en occupe ? Ce sont les Clouet qui priment et le font disparaître. Il faut dire toutefois que, s’il est l’auteur du crayon de Thonyn, Boutelou n’était point le premier crayonneur venu; cette figure du fou est d’une pureté de dessin et d’une adresse remarquables. Il lui faudrait peut-être bien donner aussi le Triboulet de la même collection, conçu dans les mêmes procédés de hachures habiles et larges. Quant aux panneaux peints par Boutelou sous l’inspiration de Clouet, qui saurait pour l’instant les démêler dans le fatras ?

Compte-t-on beaucoup plus Nicolas Denisot, une physionomie curieuse et particulière de poète peintre, né en 1 5 1 5 , mort en 1 5 5 9, et dont les comptes mêmes ne parlent pas? Denisot avait vécu longtemps en Angleterre où il avait été précepteur des filles de lord Seymour. Puis il était rentré en France, s’était donné à la philologie et à la peinture, et, suivant Étienne Pasquier, s’était affublé du pseudonyme de comte d’Alsinois4. Ronsard, le premier, nous révèle le talent de portraitiste de Nicolas Denisot, et dans les gloses aux vers du poète, Muret écrit ceci qui est péremptoire : « Ronsard dit ne pouvoir soulager ses maux sinon en se retirant de toute compagnie et hantant les lieux solitaires, afin d’aller contempler à son aise un portrait de sa dame fait de la main de Nicolas Denizot, homme entre les antres de singulière grâce , excellent en l’art de peinture »5. Plus tard Jacques Grévin, mort en i56o, publiait dans son Olympe une poésie où il portait aux nues le portrait de

1. Archives de l'Art français, V, p. 67. De Laborde, Renaissance, p. 201-202.

2. Ce portrait a e'té publié par lord Ronald Gower, French Portraits, l, 92.

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