AMIRAL DE FRANCE
Fac-similé d’un dessin de Bocourt, d’après une peinture du xvi* siècle, de l’Ecole des Clouet. Aujourd'hui à la Société de l’Histoire du Protestantisme français.
(Ancienne Collection des Chartreux de Lyon.)
LES ARTISTES CÉLÈBRES sa mie peint par Denisot1. Et revenant une seconde fois sur le talent de son ami, il met en scène dans une pastorale, composée à l’occasion du mariage d’Élisabeth de Valois avec le roi d’Espagne, trois bergers dont l’un, Nicolas Denisot, est interpellé ainsi par un autre :
Comment as-tu laissé tes traits et ta peinture Pour chercher maintenant la nouvelle aventure ?2
Mais toutes ces exagérations poétiques ne prouveraient guère si nous ne pouvions montrer ici une œuvre authentique du fameux comte d’Alsinois. Il en existe une pourtant, et telle que nous sommes complètement de l’avis des poètes. C’est une effigie de Marguerite de Valois, la Marguerite des Marguerites, gravée sur bois d’après le croquis de Denisot et publiée par lui dans le Tombeau de Marguerite de Valois , reine de Navarre (Paris, Michel Fezandat et Robert Gaulon, 1 555, in-8°.) Ce petit bois est une des merveilles de la taille sur bois en France au xvie siècle, comparable aux travaux pareils du Promptuaire des médailles. L’attribution à Denisot est au bas dans ces vers latins macaroniques.
Rob. Hayus in iconem Margarita ?, Reginœ Navarrarum , ad lectorem.
Nulla üt parte sui perire possit Margareta, Cornes reduxit ilium De busto Alsinoiis, tibique, lector,
Utfruare dédit; nihil deesse Prætcrverba potest. Roga libellos 111: pro domina sua loquentur.
Le doute n’est pas possible. Dans la préface même du livre les auteurs ont le soin de le nommer « Nicolas Denisot dit le comte d’Alsinois », et on ajoute en parlant du portrait : « Ici est tellement au vif représentée la vraie image de nostre Marguerite qu’on la peut dire avoir esté morte au plus vif de sa vie, la voiant aujourd’hui si vivement vive après sa mort. » Ce livre était composé par les trois sœurs Seymour, élèves de Denisot3.
En mettant ce portrait de Marguerite en regard de ceux de Muret, de Ronsard et de sa mignonne publiés en 1 586, je me suis persuadé que le