Ibid., p
3. Bibliothèque nationale (Imprimés Y -f- 4526 réserve). Le permis d’imprimer signé Laubespine est au nom de Nicolas Denisot, comte d’Alsinois. Sans date
comte d’Alsinois pouvait tout aussi bien être réputé l’auteur des seconds que des premiers ; et ce ne serait pas un mince éloge. J’y ajouterais
PORTRAIT DE J. GRÉVIN, présumé de Nicolas Denisot.
volontiers le petit portrait de Jacques Grévin, le médecin poète de Clermont, l’ami de Denisot, conçu dans la note de celui de Marguerite de Valois et qui fut gravé en 1 5 6 1 , deux ans après la mort de Denisot.
Il est certain que les Clouet avaient fourni aussi des dessins sur bois pour la gravure des effigies d’auteurs mises en frontispice d’ouvrages
LES ARTISTES CÉLÈBRES
imprimés, mais nous n’avons su jusqu’à présent en déterminer aucun. Il y a présomption que François Clouet avait dessiné les portraits de Du Billon, de Belleforest, de Charles IX (pour le Ronsard), de Collange le mathématicien catholique, tué à la Saint-Barthélemy, de Costelly, de Philibert Delorme, d’Ambroise Paré. Mais ce sont des suppositions basées sur l’esthétique spéciale de ces œuvres, sur la manière de rendre la physionomie; et d’ailleurs, on le voit, les Clouet n’avaient pas le privilège exclusif de ces besognes. Peut-être faudrait-il reporter à Corneille de Lyon le portrait de Duverdier de Vauprivas son panégyriste, une très fine et délicate esquisse.
Indépendamment de Boutelou et de Denisot, — ce dernier plutôt amateur que peintre de métier — la cour employait un assez grand nombre de dessinateurs hors d’office. J’ai signalé l’un d’eux, chargé de portraiturer les enfants de France en 1 5 5 2, et dont les maigres productions, portant une date certaine, se rapportent exactement à une commande faite par Catherine de MédicisL Ces crayons sont aujourd’hui à Chantilly. Outre cet inconnu, nous voyons dans les comptes Scipion Bruisbal, témoin au testament de Clouet, et qui devait être le Scipion chargé par la reine Catherine de peindre Mme de Crussol pour son château de Monceaux1 2. Un autre peintre, René Tibergeau, apparaît dans les comptes de la reine en 1 5 5 8 , « pour plusieurs figures et portraitures
PORTRAIT DE MARGUERITE DE VALOIS, par Nicolas Denisot
1. Quelques dames du A VI* siècle et leurs peintres. Paris, Société de propagation des livres d’art. 1887, in-q.0.
2. Bibliothèque nationale. ; Ms. fr. 10396, fol. 53, cité par L. de Laborde, Renaissance, p. 3oq
LES CLOUET ET CORNEILLE DE LYON 5g
qu’il a faictes pour le service de ladicte dame1. » Puis ce sont: Pyramus Lucas, une sorte de factotum de Catherine de Médicis2; Gentien Bourdonnois dont nous avons retrouvé une quittance de 1567 pour diverses besognes3; Marc Duval, artiste huguenot, graveur et dessinateur, qui nous a laissé plusieurs planches célèbres ; on y pourrait joindre un peintre lorrain, Pierre Woériot, qui dessinait d’après le vif; Louis Desmasures, qui gravait Louise Labbé d’après quelque crayon de Corneille de Lyon (1 555). Woériot s’était fixé à Lyon à son retour d’Italie, mais ses relations avec Corneille ne nous sont pas connues; il y a lieu toutefois de remarquer combien cette effigie de la belle Cordière est différente de celles que Woériot dessina lui-même. On y sent moins ce provincialisme que, dans son catalogue, Robert-Dumesnil reprochait à l’artiste lorrain4.
A la mort de Clouet, en 1 5 7 2 , l’école française des portraitistes a fait sa trouée; la mode des crayons s’impose de plus en plus. D’autres talents vont prendre la place du grand artiste dont ils ne seront guère que la monnaie, mais ils continueront la tradition. Jean de Court est nommé en titre d’office, Antoine Caron et ses gendres Thomas de Leu et Pierre Gourdelle, Cosme et Etienne Dumonstier, Bunel, Patin, Jacques de Fornazeris, les Quesnel, peignent sur panneaux, dessinent au crayon, gravent à l’eau-forte ou au burin. Ils préparent le grand mouvement iconographique du xvne siècle, commencé par Philippe de Champaigne, et poursuivi glorieusement par Mignard, Le Brun, Nanteuil, pour ne nommer que les plus illustres.
1. Bibliothèque nationale. Ms. fr. 10396, fol. 36 verso, 64, 66 verso. De Laborde, Renaissance, p. 214.