‹ Les clubs contre-révolutionnairesChapitre 34 sur 73 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

« La Société de 1789, en publiant ses règlemens particuliers, croit (1) A Paris, de l'Imiiriinerif Lfjay iils, l'uc (!<• I"Écliello Sainl-Ilonoiv, 1790. —

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devoir rappeler les principes et le vrai but de son institution; c'est pour cela qu'elle a jugé convenable de faire précéder ces règlemens par' le prospectus de son journal, où ces objets fondamentaux sont suffisamment indiqués.

« Jl est, pour les individus, un art d'assurer et d'augmenter leur bonheur : il a consisté jusqu'ici dans la philosophie morale, que les anciens portèrent à une sorte de perfection.

« Il doit exister aussi, pour les nations, un art de maintenir et d'étendre leur félicité : c'est ce (ju'on a nommé Vart social.

« Cette science, pour laquelle travaillent toutes les autres, ne paroit pas avoir été encore étudiée dans son ensemble. L'art de cultiver, l'art de commercer, l'art de gouverner, l'art de raisonner même, ne sont que des parties de cette science; elles ont pris chacune à part une sorte d'accroissement; mais, sans doute, ces membres isolés ne parviendront à leur développement complet que lorsqu'ils auront été rapprochés, et qu'ils formeront un corps bien organisé.

« Réunir tant de matériaux épars et inconsistans, rechercher dans les sciences économiques leurs rapports mutuels, et surtout la liaison commune qu'elles peuvent avoir avec la science générale de la civilisation, tel est l'objet de Varl social.

« Ce n'est ni un, ni plusieurs hommes, ni même une seule nation, c'est le concert des peuples qui peut assurer à cet art des progrès efficaces; mais ces progrès seront moins longs, dès que tous les esprits suivront partout un ordre de travail constant et uniforme.

«. Il faut donc créer cette méthode commune. Or, avant qu'elle soit fixée, perfectionnée et généralement adoptée, il étoit naturel que les bases en fussent posées par une association, qui, communiquant à d'autres sociétés semblables les principes et l'espj'it qui l'animent, pût, ainsi qu'elles, rallier à des systèmes pareils les divers travaux de tous les. hommes éclairés, en quelque lieu qu'ils existent, et qu'ils veillent pour le bien de l'humanité.

« Tel est le plan sur lequel s'est formée la Société de 1789.

« Elle a pensé qu'on avait jusqu'à présent retiré trop peu d'avantages de ces instrumens de communication, par lesquels nous pouvons nous rendre si supérieurs aux anciens, et qui doivent étendre le commerce de la pensée comme celui de toutes les autres richesses du globe. Elle a donc voulu multiplier entre les nations les échanges réciproques des connoissances humaines.

Bib. Nat., Lb 40/2403. — Nous reproduisons cos Règlements tels, qu'ils ciut Hè publiés, avec leurs imperfections typographiques ou autres.

« C'est pour cela qu'une partie essentielle de son institution est une correspondance suivie avec toutes les sociétés et tous les individus, tant nationaux qu'étrangers, qui voudront coopérer à une si noble entreprise.

« Ainsi, la Société de 1789 doit être considérée comme un centre de correspondance pour tous les principes généraux, et non pas comme un foyer de coalition pour les opinions particulières. Ce n'est ni une secte ni un parti, mais une compagnie d'amis des hommes, et, pour ainsi dire, d'agens du commerce des vérités sociales.

« Développer et répandre les principes d'une constitution libre, est sans doute le premier devoir d'une institution qui datte [sic] de l'époque de la liberté françoise: la Société de 1789 sera fidelle {sic) à ce devoir. En même temps que ses travaux se dirigeront vers son principal but, qui est la recherche des principes et des moyens du perfectionnement de l'ari social, elle consacrera aussi ses veilles à faire une heureuse application de ces principes à la constitution et à la félicité nationale.

« Pour remplir ces différentes vues, le premier moyen devoit être la publication d'un journal (1) qui ne fût point une collection de nouvelles, de faits et de pièces, mis au jour sans choix et sans liaison, à mesure qu'ils se présentent , mais plutôt un recueil des mémoires sur les diverses parties et sur tout l'ensemble de l'économie sociale, ou même d'observations sur les événemens qu'intéressent les principes et les progrès de cette science, aussi nouvelle qu'elle est étendue.

« Le journal de la Société de 1789 a été conçu dans cette idée. 11 sara divisé en cinq chapitres, dont les litres différens indiquent les divers objets.

« Chapitre prkmikr.

« Art social.

« Ce chapitre contiendra des dissertations, des mémoires, des remarques sur les principes des constitutions, des corps législatifs, des gouvernemens, des administrations, sur l'agriculture, le commerce.

(1) Voir plus bas, passim. —Les abouueinents au Journal se faisaient : Chez le ri'Miacteur, n» 59, au Palais-Royal; chez Desenne, madame Vaufleury et Denné, libraires, au Palais-Royal; chez Lejay, rue de l'Échelle Saint-Honoré. Prix de labounement : 24 livres par an, 27 livres pour la province, 12 livres par six mois, rendu franc de port dans tout le royaume. — On s'abonnait aussi chez tous les directeurs des postes, et chez les principaux libraires du royaume et de l'étranger. Lejay était l'iraprimour du .Journal de la Société.

les finances, l'enseignement public, sur les loix et les tribunaux; enfin sur tous les élémens du système social, et leur accord avec le vœu de la nature et le bonbeur des bommes.

« CUAPITRi: II.

« Correspondance nationalr.

« On y rendra compte des travaux des différentes sociétés patriotiques, ainsi que des établissemens publics qui se formeront dans tous les départemens du royaume. Les difficultés qui se présenteront dans l'exécution des loix qui vont régir la France, soit relativement à l'organisation actuelle du royaume, ou sous tout autre rapport, y seront exposées, discutées, et on essaiera de les résoudre, d'après les principes constitutifs du nouveau droit public français, et surtout d'après les règles invariables puisées dans la nature des cboses et dans les droits des citoyens.

« CUAPITRl'; 111. « Correspondance étrangère.

« Les principaux événemens politiques qui intéressent les deux bémisphères, les traités, les forces respectives et les vues présumées des puissances ; la situation actuelle, tant intérieure qu'extérieure, des différentes nations, surtout leur avancement dans l'art social ; l'utilité et les dangers de leurs institutions particulières y seront présentés, en considérant les intérêts des gouvernemens, surtout dans leurs rapports avec l'intérêt des gouvernés, et les relations des cabinets dans leur influence sur le bonbeur ou le malbeur des peuples (1).

« CllAPITRli IV.

« Assemhlée nationale.

« Sans s'astreindre à la marcbe de ses travaux, on en donnera les résultats les plus importans, on en développera les principes^ soit en présentant, par une analyse rapide, le tableau de la discussion contradictoire, soit en expliquant l'esprit des décrets par de nouvelles considëi'âtions.

« Chapitre V.

« Variétés.

« Une notice des ouvrages utiles dans toutes les langues, les en-

(1) Sur la demande des Sociétés correspondantes, le directoire se <îhargea de leur faire passer les écrits nouveaux et périodiques, mais elles devaient faire les fonds d'avance de ces envois, atlranchir les envois et les paquets, entre les mains du rédacteur du Journal de la Société.

couragemens à donner aux arts et aux talens, en France et chez l'étranger, la description et le dessin des machines et découvertes les plus remarquables ; enlin différens morceaux de morale bu de philosophie, où le précepte sera revêtu des formes et des couleurs de l'imagination, entreront dans ce chapitre. On y proposera aussi quelquefois des questions sur divers points de législation et d'économie politique : on publiera, soit en détail, soit par analyse, les diverses opinions propres à répandre la lumière sur ces questions (1).

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