LIVRES DIVERS
« Opinion énoncée à la Société de 1789 sur les lois constitutionnelles, leurs caractères distinctifs, leur ordre naturel, leur stabilité relative, leur révision solemnelle, par L. Hamond (de Carbonnières), membre de cette Société. Première partie.
« A Paris, chez Belin, libraire, rue Saint-Jacques, près Saint-Yves (in-8'' de 60 pages). »
L'émeute de janvier 1791 contre le Club monarchique., un mois après l'acceptation de la constitution civile du clergé, et le départ pour l'étranger de Mesdames tantes du roi, en février de la même année, nuisirent beaucoup à la Société de 1789, dont les membres ou partisans passèrent de plus en plus pour être des monarchistes déguisés, tels que les Impartiaux et les Feuillants. En avril J791, Camille Desmoulins écrivait :
« ... Et Club 89, Club monarchique, mouchards, satellites de Moitié, municipaux... tous se sont coalisés ,.
« La composition du directoire du département de Paris avait ajouté aux espérances du Club de 89 et des monarchiens : les membres du directoire sont MM. Larochefoucault, Pastoret, Crété de Pâ-
li) Courrier de Gorsas, m XX VU, du 17 févi-ior 1791. (2) \(iii' plus bas, p. 441
liiel. Garnier, Glot, Daix, Mirabeau, Dacourt, Anson, Sieyès, l'elixir de 89, composaient le directoire (1). »
Les patriotes avancés se défiaient des deux amis Bailly et La Fayette (Mottié) (2), même des Lameth et de Barnave, membre du Club des Jacobins; ils craignaient les trahisons, surtout après le retour du roi, arrêté à Varennes; ils doutaient, à plus forte raison, de Sieyès et de Chapelier. L'afiaire sanglante du Champ de Mars (17 juillet 1791) les exaspérait, leur faisait prendre en haine les « municipaux )>. Gorsas, en septembre 1791, ne raisonnait plus comme précédemment à l'égard de la Socirté de 1789. Il écrivait :
« 89, repaire où se tient le conciliabule de la coalition. « Les aristocrates et les intrigans, qu'on y trouve en nombre, entraînent des électeurs ignorans et crédules. >>
Il craignait les agissements des membres de cette Société pendant les élections pour l'Assemblée législative.
Pendant plusieurs mois, la Société fut honnie par les hommes de la gauche. En avril 1792, CoUot-d'Herbois, membre du Comité de correspondance aux Jacobins, reprocha à Rœderer d'avoir quitté les Jacobins pour aller à ^.9. Il déclara (3) :
« Quant au Club 89, oui, Rhœderer y a été ; mais je n'y ai été, dit-il, que pour fuir le despotisme des Lameth ; et, membre de 89, j'ai toujours opiné avec les Jacobins. Il est bon de savoir que M. l'abbé Syeys {sic), que MM. Chapelier, Duquesnoy (4), La Fayette, que Mirabeau lui-même, ont allégué cette excuse de leur retraite des Jacobins. M. le procureur-général-syndic est donc un patriote de la trempe de MM. Chapelier, Duquesnoy, La Fayette? Le bon Jacobin! »
A quelques exceptions près, on ne se lavait guère de la faute qu'on avait commise en paraissant à la Société de 1789.
(1) Révolulions de France et de tinibant, n" LXVII.— Aucun de ces personnages n'avait figuré sur la liste des Jacobins.
(2) On lit dans le Nouvelliste de France, numéro du vendredi 18 décembre 1791 : « Les Amis de la Constitution de Marseille, justement inquiets des menées
sourdes qui se pratiquent, des mouvements qui ont lieu dans certaines provinces, demandent fraternellement aux Amis de la Constitution de Paris des éclaircissements sur la conduite de M. de La Fayette, et des documents sur le patriotisme de ce général, capables de dissiper les soupçons que l'on répand sur lui jusques à l'autre bout du royaume... »
(.'{) Révolutions de Paris, n' 145, du 14 au 21 avril 1792.
(4) Adrien Duquesnoy, constitutionnel, membre du Club de 1789, et dont le nom fut trouvé dans l'armoire de fer sur la liste des personnes payées par la cour, se noya dans la Seine en 1808. 11 rédigeait VAmi des Patriotes, jcmrnal ultra-modéré.
442 LES CLUBS GONTRE-RÉVQLUTIONNAIRES
J^es Révolutions de Paris (i792, n" lo4). du 16 au 23 juin, parlent d'un traité de paix proposé en i79i eptre les Jacobins, d'une part, et le C\\ih 89 et ï^a Fayette de l'autre. Il cite une pièce « tracée de la riiain PfoPfP 4H ët^P^r^-l >'• P^îl? cette pièce, nous lisons :
« Je pourrai avoir, upe ou deux fois la semaine, quelques comités des plipfs de 89 |^ l'hôtel de Larocliefoviçault, pour leur inspirer les idées adoptées entre nous (avec les Jacobins), et quand M. L. F. fera des motions, elles passeront sans difficulté des deux côtés, sauf aux deux clubs à se disputer sur les questions ordinaires ; mais, dans les importantes, les Jacobips pourront s'expliquer, et, sans paraître à 89, on les fera appuyer de manière à les faire adopter... »
La Fayette, disent les Révolutions^ « vouloit faire adopter toutes ses motions, tant par le Club des 4q,cpbir^s que par le Club de ^9. » Maig La Feiyettç n'avait aucun crédit sur ceux-ci depuis le déploiement du drapeau rouge; à plus forte raison depuis que, dans une lettre à l'Assemblée législative, il avait attaqué « la faction jacobjne », depuis la journée du 20 jvi'n 179^ et renvahissei^ent des Tuileries.
La Société de 1789 disparut, en même temps que ses fondateurs perdirent leur popularité II fut, vers la fin de 1791, le noyau du Club des Feuillants (1). Tous deux représentèrent le modérantisme ; tous deux luttèrent vainement contre les Jacobins, et succombèrent quand la Montagne l'emporta sur la Gironde, quand les membres de l'une et de l'autre réunion constitutionnelle passèrent à l'état de suspects.
On peut lire, en l'an II, dans le Mercure national,
« Quelques réflexions sur Iç, Club d^es Jacobins et sur le Club 89.
« Pour avoir une idée des principes de ces deux Sociétés, il fî^ut se rappeller que tous les décrets populaires ont été préparés chez les Jacobins, et les décrets royaux au Club de 89; que les Jacobins ont voté pour le droit de paix et de guerre, et 89 contre; que les assignats sont l'ouvrage des Jacobins, et que ^9 vouloi(; des quittapces de finances; que les Jacobins ont également préparé la décision sur l'affaire du 6 octobr^, et que le Club de 89 vouloit immoler les innocens accusés ; que les Jacobins siègent modestement sur des bancs de bois à la lueur de trois mèches humides, et que niesseigneurs du Club de 89 sont fièrement assis sur le velours, entoufés de lambris dorés et éclairés par mille et une bougies. »
L'auteur de l'article emploie cette expression : « l'infâme séjour
(1) Voir, plus haut, CJiih ries Feuillants.
de 89 »... « Nous l'engageons à revenir à nous; si nous ne réussissons pas, je jure de ne rien épargner pour le perdre, et je croirai que j'y serai parvenu, quand j'aurai imprimé la liste de ses membres. — Robert (!]. «
(1) Pierre-François-Joseph Robert, député de Paris à la Convention, collabora au Mercure natio7uil et aux Hévohi lions de Paris. En 1789, il publia une brochure Le Républicanisme adapté ù la France, qui produisit un o^rand effet. Il était membre du Club des Cordeliers.
For^mé eii 1791
Lorsque les élections des députés à l'Assemblée législative curent lieu, beaucoup d'électeurs de 1791 se réunirent à la Sainte-Chapelle. Ils y formèrent un Club. Une liste imprimée des membres de ce Club fut publiée durant l'année 1791.
LISTE DES ÉLECTEURS DE LA SAINTE-CHAPELLE, AVEC LEURS QUALITÉS, LE LIEU DE LEUR RÉSIDENCE, EN 1791.
Section des Thuileries.
Delafosse, graveur en taille douce, rue du Carousel, 536.
Bigot de Prémeneux (Préameneu), juge du tribunal du quatrième
arrondissement, cul-de-sac Dauphin (1).
Panières, assesseur du juge de paix, rue Saint-Honoré. Raulin, docteur-médecin, rue de l'Echelle. Leroy, de l'Académie des sciences, galeries du Louvre. Pecoul, entrepreneur, rue du Doyenné.
Roi.
Pluchet, charron du roi, rue du Petit-Carouzel. Bizet, huissier-priseur, assesseur du juge de paix, rue Saint-Honoré. Decle, rue de l'Echelle.
Baudouin, imprimeur de l'Assemblée nationale, rue Saint-Honoré (2).
(1) A été député à la Législative, ministre des cultes sous l'Eiiipire. Il disparut de la scène politique après le 10 août 1792, mais n'émigra point.
(2) Rue du Foin Saint-Jacques.
446 LES CLUBS GONTHE-RÉVOLUTIONNAIUES
Section des Champs-Elysées.
Pastoret, procureur-syndic du département.
Baignières. médecin, rue des Champs-Elysées, 12.
Trudaine, commandant du bataillon des Capucinsl-Saiiit-Hotlbré.
Benières, curé de Chaillot.
Cardot, officier municipal.
Section du Roule.
llamond, rue de Clichi, 351.
Fontaine de Saint-Freville^ chef d'une maison d'éducation, rue du
Rancis (sic).
De la tremouille, assesseur du juge de paix, rue de Valois, faubourg
Saint-Honoré.
Lebreton de Corbelin, homme de loi, rue de la Ville-l'Evèque, 10. Labiloir, rue Roquepine. Robert, horloger, rile du faubourg Saitit-Honoré;
Section de la Butte des Moulins.
Fauveau, payeur des rentes.
Hardy, homme de loi, officier municipal, rue Saint-Honoré, i)6.
Delahante, premier commis-vérilicateur à la Régie générale, rue des Moineaux, 11.
Vieillard, ancien consul de France à la Chine, administrateur du cidevant département dé PàHs.
Bart, homme de loi, rue de la Sourdière, 36.
Graux, ancien huissier-priseur, rue d'Argenteuil, 72.
Billecoq, homme de loi, administrateur de la Loterie nationale de France, rue Vantadour, 13,
Lefèvre, agent de change, rue Thérèse, 11.
Goetz, ancien receveur particulier des finances, rue de la Sourdière, 35.
Lucas, négociant, rue Saint-Honoré, 226.
Fulchiron, négociant, rue Sainte-Anne, 105.
Allard, négociant, rue de Richelieu.
Boulard, imprimeur, rue Neuve-Sain t-Roch, 51.
Balle, homme de loi, rue idem^ A.
Viliemorin {sic), pépiniériste du roi, quai de la Mégisserie.
Thuaut, ancien directeur des recettes générales des finances^ quai de l'Ecole, A.
Leroi, procuretii^ àù bi-dëVâiit t^àHëmeiitj riie Éertîn-Poirée, 19*
CLUB DE LA SAINTE GtîAPELLE 447
Moreau de Mersan, juge de paix, rue du Clievaliei* dli ÎGiiet; 35. Devillars, négociant, rue Betisy.
Petit de la Fosse, ancien avocat au Conseil., rue de la Monnoye, 34. Julliot, homme de loi, membre du Conseil général de la Commilile,
quai de l'Ecole, 13.
Duvergier, l'ainé, joaillier, quai de TEcole, 14. Dupuis, assesseur du juge de paix, rue dli Chevalier dii Giiet, 33. Rubis, jeutie, marchand dràpiei-, placé des Trois Mariés. Francotay, l'ainé, marchand joaillier, rue des Petits-Augiisliiis, 10.
'Section des Gardes- françaises .
Boursier, assesseur dii jlige de paix, rué (lii Rbîile, 3t).
Barnon, marchand drapier, rue des Bourdonnois, au coin de celle de
la Limace.
Desetang, homme de loi, rue de l'Arbre-sec, 17. Renaudin, rue Saint-Honoré, au coin de celle de Jean-Saint-Denis. Monnot, notaire, rue de l'Arbre-sec, 11. Gentil, marchand de soie, rue des Bourdonnois, 6. Trevilliers, commandant de bataillon, Tweidem^ 22. Huguet, homme de loi, rue Idem, 20.
Section de la Balle-au-Blr.
Seguin, négociant, i*ue de Grétielle-Sàîht-kbnoré.
Regnault, lieutenant du bataillon de Saint-Honoré, rue Croix-des-
Petits-Champs.
Constansin, chapelher, rue Saint-Honoré.
Baron, juge de paix, rue de Grenelle-Saint-Honoré. Quatremère, notaire, rue du Bouloi.
Badin, homme de loi, rue Croix-des-Petits-Champs. Montainant, assesseur du juge de paix, rue du Bouloi. Saint-Venant, commissaire de police, rue Saint-Honoré. Âllaume, notaire, rue Croix-des-Petits-Ghamps. Avice, capitaine du bataillon de Saint-Honoré, rue idem. Silly, notaire, commandant de bataillon, rue du Bouloi. Claudot.
Borie, officier municipal, rue de Grenelle-Saint-Honoré, Datis, plumassier du roi, rue idem.
Section du Contrat-SociaL
Girault, rue Jeàri-Jacques-Rousseau; Chaudot, notaire, rue idem.
Sauvage, de rAcadémie de peinture, rue idem.
PouparL, curé de Saint-Eustache (1).
Legier, juge de paix, rue J.-J. Rousseau.
Alcan, de rAcadémie de ciiirurgie, rue Moiilmarlre, ^^2.
S(ction du Mail.
Boulan, archilecte, rue de la Feuillade, 1.
Frondeville, aide-major du bataillon des Petits-Pères, rue Coquil-
lière, 8.
Seguy, architecte, rue des Vieux-Augustins, 38. Cliauffrey, négociant, rue des Fo?sés-Montmartre, 0. Boby, homme de loi, rue Saint-Pierre-Montmartre.
Section de Molière et La Fonlainc.
Chevalier, ancien négociant, rue Montmartre, 219.
Maisoncelle, ancien directeur des fermes, rue du Petit-Cai"reau, 27.
Brelu-de-la-Grange, notaire, rue Montmartre, 208.
Motet, ancien chef de correspondance des fermes, rue idetn., 264.
Gravier-Devergennes, ancien maître des requêtes, rue Neuve-Sain t-
Eustache, 4.
Legrand, homme de loi, rue Montmartre, 182. Rousseau, banquier, rue idem, 5. Chenier (Joseph-Marie), homme de lettres, rue de Cléry, 73.
Section de Bonne-Nouvelle.
Mahieu, commandant de bataillon, rue Saint-Denis, 53G.
Pharoux, architecte, rue de Cléri, 15.
Goujon.
Petit-Radel, architecte, rue Bourbon -Villeneuve, 49 (2).
Tiron, notaire, rue Saint-Denis, 492.
Section du Contrat Social.
Daumain, huissier, rue Saint-Denis, 179.
Romand, receveur des fermes, rue Saint-Martin, 283.
Boucheron, jeune, rue Saint-Martin, 285.
Patry, juge de paix, rue Sainte-Apoline, 30.
Aubertin, l'aîné, marchand plumassier, rue Saint-Denis, 175.
Bellier, rue Saint-Denis, 1.
^1) Confesseur de Louis XVI; il faisait partie de la chapelle du roi. II demeurait rue Montmartre, w 144.
{•2) Né à Paris en 1740, mort en 1818. 11 a bâti le grand abattoir du Houle.
Section de Bonconseil.
Lapoëze, architecte, rue Mauconseil, 69.
Gallemand, orfèvre, rue Comtesse d'Artois, 43.
Lepoi.
Lavoiepierre, ancien négociant, rue Mauconseil, 69.
Denis.
Main, négociant, rue Saint-Sauveur, 63.
Blanc, commissaire de police, rue Française, 16.
Section des Halles.
Cantier, négociant, rue Saint-Denis, 246.
Quatremere, marchand de drap, et membre du Conseil général de
la Commune, même rue.
Herbaux-Despavaux, juge de paix, rue de l'Aiguillerie, 11. Roullet, mercier, rue aux Fers.
Gibert, l'aîné, notaire, Cloître-Sainte-Opportune. Terrasse, archiviste du Parlement, rue Saint-Denis, 317. Carron, marchand de drap, rue idem.
Martin, mercier, rue idem.
Bisson, marchand de drap, rue idem.
Section des Balles.
Morel, négociant, rue des Arcis.
Besson, curé de Saint-Leu, rue Saint-Denis. Desanteuil, greffier du ci-devant Parlement. Duchêne, négociant, rue Saint-Denis.
Aubery-Desfontaines, membre du bureau de paix du troisième arrondissement, rue Quincampoix.
Lemoine, négociant, rue des Lombards.
Larcher, notaire, rue des Lombards.
Mallet, capitaine de grenadiers, rue Quincampoix. Bricogne, négociant, rue Saint-Denis.
Pluvinet, droguiste, rue des Lombards.
Lecomte, négociant, rue Salle au Comte.
Godefroi, idem, rue Saint-Denis, Delondre, père, idem, rue des Arcis.
Sec 1 1071 des Arc's,
Deroussy, orfèvre, place de Grève, 33.
Lefevre-Deginau, professeur, rue Saint-Jacques-la-Bouclierie.
Brunet, architecte et capitaine, quai de Gèvres.
i50 LES CLUBS COI^TRE-RÉVOLUTIONNAIRES
Cavaignac, capitaine, greffier des bàtimens, rue Planche-Mibray.
Cahours, marchand bonnetier, rue idem.
Dosmond, architecte, juge des bàtimens, quai Pelletier.
Collard, orfèvre, quai Pelletier.
De Saint-Amand, ancien négociant, rue de la Verrerie.
Blerzy, doreur, même rue.
Hersent, orfèvre, quai Pelletier.
Section du fauxbourrj Monlmarlre.
Lesene [sic) -Desmaisons, juge de paix, rue Papillon-Poissonnière (1).
Seclioti Poissonnière.
Chartard, rue Basse-Saint-Denis, 6.
Leprince, marbrier, rue Poissonnière, 18. Boquet, sculpteur, cul-de-sac de Saint-Laurent, 3. Lefèvre, orfèvre, fauxbourg Saint-Denis, -io. Cochin-Delatour, rue des Petites-Écuries, 48.
Scciion de liondy.
Sortre, docteur en droit, faux])ourg Saint-Denis, \i). Grandin, négociant, ^V/ew, oG.
Delorc, charpentier, idem., 40.
Robin, capitaine, idem, 50.
Lemarchand, homme de loi, idem., 50.
Section du Temple.
Guichard, musicien, assesseur du juge de paix, rue Fontaine-au- Roi, 32.
Pargnez, idem, enclos du Temple.
Quatremère de Quincy, rue des Fossés-du-Temple, 25.
Piat, négociant, boulevard du Ternple.
Russinger, rue Fontaine-au-Eoi, à la manufacture de porcelaine.
Taloir, médecin, enclos du Temple.
Lefèvre, épicier, rue de Bretagne, 57.
Delaporte, assesseur du juge de paix, rue de Malthe au Marais du Temple.
Boucheron, architecte, assesseur du juge de paix, rue de Vendôme, 24.
(1) Fut obligé de se cacher, sous la Terreur. 11 fut secrétaire-général de la liste civile en 1804 jusqu'à sa mort, arrivée en 1808. A écrit une Histoire politique de ta Révolvrum (1789).
Section de Popincoiirl .
Escourbiac, chirurgien-major, rue du Chemin-Vert, i3.
Adam, officier, rue Saint-André-Fontarabie, 3.
Vaudermonde, académicien, rue de Charonne, 22.
Tourrion.
Colin-de-Camey, commandant de bataillon, rue de la Roquette, 43.
Section de MontreuiL
Deverzille, marchand, rue de Charonne, 151. Bonnaud, commandant de bataillon, rue de Montreuil, 07. Belletante, épicier, grande rue du fauxbourg Saint-Antoine, 54. Beaumarchais, boulevard de la Porte^-Saint-Antoine.
Section des Gravilliei's.
Cellier, tanneur, rue Frépillon, 21.
Villemsens , négociant, rue du Cimetière - Saint - Nicolas -des -
Champs, 10.
Boscari, jeune, négociant, rue idem.
Mermilliod, idem, rue Phelipeaux, 15.
Foullet, marchand de vin, carré Saint-Martin, 13. Saurin, orfèvre, rue Phelipeaux, 3fi, Roussy, agent de l'Ile d'Orélon {sic), rue Meslée, 20. Caubert, entrepreneur, rue idem, 35.
Delafontaine, maçon, rue des Gravilliers, 5, Guillard, menuisier, rue Notre-Dame-Nazareth, 30. Delasavonnière, assesseur du juge de paix, idem, 107-. Jossier, juge de paix.
Garnier, homme de loi, rue des Fontaines, G. Lhermelot, apothicaire, carré Saint-Martin, 11. Dumanoir, négociant, passage de la Marmitte. Grouvelle père.
Naturani, négociant, rue des Gravilliers, 8-4. Reboul, caissier de la contribution patriotique, rue Mi^slée, 6(L Bacoffe, apothicaire, rue du Temple, 140. Iluard, homme de loi, passage de Rome, rue des Gravilliers.
Section du fauxbourg Saint-Denis.
Delon, négociant, fauxbourg Saint-Denis.
Levasseur, épicier, Ideoi.
Demoy frères, trésorier de la Sainte-Chapelle, et l'autre, curé;
Kenouard (Nicolas-Adrien), fabricant de gaze, fauxbourg Saint-Denis.
Lemoine, ancien maire de Dieppe, fauxbourg Saint-Denis.
Section de la Réunion.
Davous, membre du directoire du département, rue Saint-Merry,
hôtel Jabac.
Dailly, négociant, assesseur du juge de paix. Chiboux, idem, rue Saint-Martin, 113.
Robin, homme de loi, rue Beaubourg, 8.
Bordin, distillateur, rue Simon-Lefranc.
Leverdier, juge de paix, rue de Montmorency, 1. Michaux, ci-devant conseiller au Ghàtelet, assesseur du juge de paix,
rue Chapon.
Raveaut, grefher du premier arrondissement, rue Sainte-Avoye, 75. Lalloitte, ci-devant avocat au conseil, rue Beaubourg, 23. Charpentier, ci-devant procureur au Châtelet, rue Saint-Merry. Gibert de Liste, notaire, idefff, hôtel de Jabac. Havart, assesseur du juge de paix, cloître Saint-Merry. Jacquemard, négociant, rue Saint-Merry, hôtel de Jabac. Travaud, assesseur du juge dapaix, rue des Menestriers, 4. Polie de Cresne, ci-devant procureur au Parlement, rue Saint-Merry,
vis-à-vis celle du Renard.
Cayer {sic) de Gerville, ministre, rue Beaubourg, 13.
Section du Marais.
Godard, défenseur officieux, rue des Blancs-Manteaux, 56. Bouillard, commandant de bataillon, rue Sainte-Croix-de-la-Breton-
nière [sic], 57.
Follenfans, juge suppléant, rue des Blancs-Manteaux, 61. Carré, homme de loi, assesseur du juge de paix, rue de Paradis, 10. Hurel, payeur des rentes, rue Sainte-Avoye, 20. Dormesson, chef de la cinquième division de la Garde nationale, rue
d'Orléans, 9.
Geoffroy d'AfFry, ancien caissier de la recette des finances, rue de
Paradis, 1 .
Section des droits de Vliomme.
Decharnoy, notable, rue des Deux-Portes-Sainl-Jean. Guyet, juge du premier arrondissement, rue Tiron, 9. Gorugereau, juge du cinquième arrondissement, rue du Bardubecq
[sic), 7.
Toullet, épicier, rue de la Verrerie, 111.
Gérard, juge du premier arrondissement, rue Saint-Antoine, oO. Mussey, capitaine, rue des Juifs, 7.
Bouchard, notable adjoint, idem, 9.
Billaudel, avoué, rue Cloche-Perche, 2.
Herbaud, capitaine, rue Saint-Antoine, 64. Chappuis, commandant de bataillon, idem, 16. Verpi, huissier-priseur, rue de la Tixeranderie, 108. Fayel, juge de paix, rue des Écouffes.
Morel de Vinddé, juge du premier arrondissement, rue Bar-du-Beci 9(1).
Section de la Maison Commune.
Blacque, assesseur du juge de paix, rue Saint-Antoine, 316.
Leroy, idem, rue du Monceau-Saint-Gervais, 22.
Saugrin, huissier-priseur et capitaine du bataillon de Saint-Gervais,
Bellon, architecte, rue de la Mortellerie, 142. Daubonne, bourgeois, idem, 162.
Claye, négociant, rue du Monceau-Saint-Gervais, 7. Mignonville, assesseur du juge de paix, rue Geolïroi-Lasnier, 44. Dumont, membre du département, rue de la Mortellerie, 130. Voilquin, municipal, rue GeoffroiLasnier, 41. Gault, tailleur, rue de la Mortellerie, 151.
Lesould, négociant, municipal, rue du Monceau-Saint-Gervais, 23. Soreau, municipal, rue des Barres-Saint-Gervais, 10.
Section des Fédérés.
Prêtre, homme de loi, vieille rue du Temple, 8.
Fremin, ancien mousquetaire de la garde du roi, rue Saint-Louis-au-
Marais, 88.
Yvon, homme de loi, rue Saint-Antoine, 122.
Section de l'Arsenal.
Comperot, marchand de vin, rue Beautreillis. Vavasseur des Perières, architecte, rue Saint-Paul. Virvaux, commissaire de police, rue Saint-Paul, 42. Masson, rue Saint-Antoine, 306.
Brugières, curé de Saint-Paul.
Trecourt, passage de Lesdiguières.
(1) Mort pair de France en 1842.
HuUin.
Dubos Chevalier, juge de paix, rue Sairit-Ahtoirle, 305.
Franchet, homme de loi, rue de l'Étoile, quai des Ormes.
Section de In Cité.
Vauchet, horloger, rue Saint-Pierre-aux-Bœufs.
Normand, architecte, parvis Notre-Dame.
Ghappe, avoué, cloître Notre-Dame.
Delachenaye, commandant du bataillon de Noire-Dame.
Vergnaux, entrepreneuf 'de bâtimens, rue Saint-Landry, 3.
Buisson, apothicaire, au Marché-Neuf, 37.
Boudait, marchand de vin, fue de la Juiverie^ 14.
Section dn Poht-Neiif.
Carie, commandant de bataillon, mort.
Delhonoré, orfèvre, place Dauphine.
Prault de Saint-Martin, imprimeur, cour de la Sainte-Chapelle.
Grenier, négociant, rue Saint-Louis, au Palais.
Gibert, orfèvre, cour neuve du Palais.
Etienne de la Rivière, juge de paix, mort à Orléans.
Section des ïnvalideÉ.
Lepidorre, juge de paix, rue Saint-Domingue (Dominique), au Gros- Caillou.
Guerre, fermier à Grenelle.
Rolin, instituteur, rue de Sèves [sic).
Guyatix, capitaine, rue de Boufgogne.
Section fontaine de Grenelle.
Trotignon, membre du Conseil général, rue de Bourbon, 70. • Delleville, rue de Verneuil, 25.
Paule, chirurgien, rue du Bacq, 59.
Chàlons, capitaine, idem, 231.
Ch. Villete, quai de Voltaire.
Section des Quatre- Nations.
Michel, médecin ordinaire du dernier roi.
Jouard-de-Baumeuil, juge du sixième arrondissement, rue Jacob, 30.
Devercy, homme de loi, rue Mazarine, 41.
Fosseau, marchand de vin, rue Sainte-Marguerite, 63.
Benoit-Duportail, juge de paix, à l'Abbaye, passage Saint-Benoît.
Picard, homme de loi, rue de Seine, 101.
Vilmet, bonnetier, cour de l'Abbaye.
Auvray, rue du Four, 118.
Devirmont, idem.
Delaperrotière, homme de loi, rue Jacob, 8.
Lejeune, marchand mercier, rue du Four-Saint-Germain, 129.
Quentin, idem, rue de Bussy, 17.
Morin, caissier de la manufacture d'Amboise, rue du. .
Dumenil, du tribunal de cassation, rue de Seine, 4.
Bouchard, juge suppléant du cinquième arrondissement, rue du
Four, 95.
Bayen, du collège de pharmacie, idem.
Charité, peaussier, rue de Bussy.
Hurel, marchand drapier, cour des Religieux, à l'Abbaye. Dousseur, épicier, rue de Seine, 82.
Dejonquières, homme de loi, rue des Marais, 17. Mouton, marchand drapier, rue de Bussy, 16.
Secliun de la Croix-Rouge.
Duperroy, homme de loi, rue Plumet.
Royer le jeune, sculpteur, rue des Vieilles-Thuileries, 45. Beauvais-Dépréaux, docteur en médecine, juge de paix, rue et chaussée de Sèves {sic).
Chigot, médecin, rue de la Chaise, au coin de celle de la Planche. Desmoulins, homme de loi, rue du Bacq, 142. Garnaux, serrurier, rue de Sèves [sic), 180. Royer l'aîné, peintre, rue idem, 132.
Section du Luxembourg.
Lefevre, notable, rue du Pot de Fer.
Armand, juge de paix, rue du Petit-Bourbon, 13. Trianon, marchand traiteur, rue du Vieux-Goloml)ier. Detouches, conseiller au Chàtelet.
Brusse, ancien écuyer du roi, rue du Vieux-Colombier, 8. Montison, architecte, rue de Bourbon, 14. Royer, peintre en bàtimens, rue du Four-Saint-Germain, 34. Désarges, marchand épicier, rue du Four, au coin de celle des Canettes.
Vitel, fondeur, rue du Vieux-Colombier, 29. Lallemand-Fontenoy, homme de loi, rue idem., 5. Desbordes, ciseleur, rue Guisarde.
Section de Beaurepaire.
Dansart, maître de pension, rue de la Parcheminerie, 16.
Caffin, capitaine, rue Saint-Jacques, 169.
Chatria, entrepreneur du roulage, rue d'Enfer, 123.
Lesage, pâtissier, rue de la Harpe, 78.
Faure, commissaire du roi, cloître Saint-Benoit,
Melin, épicier, rue de la Harpe, 30.
Bouillon, épicier, rue idem^ 10.
Leblanc-Debeaulieu, curé de Saint-Severin.
Behours, homme de loi, rue des Maçons, 25.
Lapousielle, accusateur public, rue Hiacinthe, 46.
Section du Panthéon français.
Quillau, imprimeur, rue du Fouare, 3.
Saillant, médecin, rue de Bièvre, 37.
Fénier.
Durouzeau, juge de paix, rue des Noyers, 24.
Delamotte, avoué, rue de Bièvre, 21.
Bruet, secrétaire de la section, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 12.
Balin, homme de loi, rue des Carmes, collège de Prêle (sic).
Moinat, homme de loi.
Roucher, homme de lettres, rue des Noyers, 24 (1).
Desauches, géographe du roi, rue des Noyers, 37.
Collet.
Champagne, principal du collège Louis-le-Grand.
Boulier.
Jaquinot, avoué, rue des Noyers, 38.
Maillard, marchand épicier, rue Sainte-Geneviève.
Turquet, commissaire de police, rue Saint-Jean-de-Beauvais, 12.
Dessemette, médecin, rue Saint-Jacques, au collège Louis-le-Grand.
Binet, recteur de l'Univers {sic) (2).
Gallois, menuisier, rue du Plâtre-Sàint-Jacques.
Delavigne, juge et député à l'Assemblée législative.
Section de l'Observatoire, Bosquillon, juge de paix, mort.
(1) A été président du club, à rétablissement duquel il contribua avec beaucoup de zèle.
(2) Dernier recteur de l'aucicnne Université; né près de Bcauvais, en 1729, mort en 1812.
Collette, assesseur du juge de paix.
Fouquet, commissaire de section, fauxbourg Saint-Jacques, 124.
Capitaine, idem, rue de Cassini.
Favre, commis de section, fauxbourg Saint-Jacques.
Dupoux, commissaire de section, fauxbourg Saint-Jacques.
Legros, membre de la Commune, rue Longue-Aveine.
Delonchamp, commissaire de section, rue Mouffetard.
Combeau, électeur, rue du fauxbourg Saint-Jacques. 208.
Section des Sans -culottes.
Ames, rue du Paon-Saint-Victor, 14.
Aimet-en-Lisle, négociant, quai des Miramionnes.
Laribardiere, négociant, rue des Bernardins, 33.
Auvray, quai des Miramionnes.
Debout, rue Saint-Victor.
Brognard, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
Défaut, couvreur, rue des Bernardins.
Rainville, marchand de bois, quai de la Tournelle.
Dupont, rue Saint-Victor.
Baucher.
Sirot, négociant, quai Saint-Bernard.
Chabouillé, architecte.
Naudon, commissaire de police, rue des Fossés-Saint-Bernard, 4.
Menard, rue Copeau, 168.
Guerrier, épicier, rue idem, 12.
Section du Finistère.
Leprince.
D'Hervilly, négociant, assesseur du juge de paix, rue Mouffetard.
Poëleu, négociant, même rue, près le pont aux Tripes.
Després, commissaire, près Saint-Médard.
Détiens, capitaine, rue Mouffetard.
Causette, électeur, hôtel des Goblins {sic).
Acloque, chef de légion (1).
Thorillon, député à l'Assemblée législative, rue des Fossés-Saint- Marcel, 4.
Desvignes, ancien représentant de la Commune, boulevard de l'Hôpital (2).
(1) Brasseur du faubourg Saint-Antoiue.
(2) Bibliothèque de l'hôtel Carnavalet, brochure in-8" de 31 pages, Paris, imprimerie de P. J. Duplain, imprimeur de la Mairie. Cote n" 10826.
Cependant, le public s'occupa beaucoup des querelles existantes entre les Électeurs de 1791. Ceux qui s'étaient assemblés à la Sainte- Chapelle furent attaqués par les membres du Club de VEtêché^ et ils expliquèrent les calisés de leur conduite en publiant la pièce suivante :
« COMPTE RENDU DES SÉANCES ÉLECTORALES DE 1791^ et de la division du Corps électoral en deux Sociétés, sous les noms de Club de l'Évéché, Club de la Sainte-Chapelle, etc., par un Électeur de 1791, avec cette épigraphe :
« Calamum impendere vero Glddium Patria' (1).
<( Depuis que l'on se plaît à répandre les doutes, les inquiétudes^ même la calomnie sur une partie des Électeurs réunis à la Sainte- Chapelle ; depuis que dans les journaux, dans les Sociétés, dans les Clubs, dans les Cafés, même dans les Sections et Assemblées primaires, on sème avec autant d'acharnement que de profusion les bruits d'incivisme, d'impatriotisme contre ces mêmes Électeurs, il est inconcevable qu'au milieu de tant de bons citoyens, de tant de véritables Amis de la Constitution, aucun ne se soit soulevé contre une imputation aussi sérieuse.
« Que l'on n'ait pas dit à ces prôneurs, à ces endoctrineurs de Café, ft vous nous faites voir dans les Électeurs de la Sainte-Chapelle de mauvais citoyens, des gens qui veulent le mal ; quel intérêt ont-ils à le faire ?
« Ils sontpai/és. — Où, en est la preuve ? Nous n avons jamais entendu personne de la Sdinte-Chapellé dire du mai de vous. Us n'ont jamais rien répondu à tout ce que voUs dites contre eux. Attendons poUr porter un jugement quils parlent aussi., et nous jugerons conséqUérfihient.
« Ce langage, qui est le plus simple, étoit aussi le plus juste. En effet, personne encore de la Sainte-Chapelle n'a pensé à répondre à tant de calomnies, on a laissé crier, murmurer, semer les brtiits par tous les moyens possibles; pour toute réponse, on a cherché à bien faire; si on a réussi, c'est ce que l'expérience prouvera; si l'on s'est trompé dans son choix, c'est un grand malheur, sans doute; mais
(1) Bibliothèque de l'hôtel Carnavalet, brochure in-8° de 44 pages. Paris, novembre 1791. Cote 19444*. — Chez la veilve Hérissant, imprimeur des bâtimeiits du Roi. — Ou trouvait quelques exemplaires chez Desenno, libraire, au Palais- Royal, n»' 1 et 2.
CLUB DE LA aAlNTE-GHAPELLE 45^
quel reproche peut se faire l'honnête homme qui se trompe avec sa conscience, quand il a tout fait pour Téclairer?
« On ne se reprochera jamais du moins de calomnier ni son propre ouvrage, ni celui des autres, et de prématurer un jugemettt que l'expérience seule peut donner.
« On se félicitera même du choix qu'aura fait le parti opposé, si le tems fait voir que ce choix est bon.
« L'envie de bien faire, et le silence ont donc été les seules armes qu'aient opposées les Électeurs de la Sainte-Chapelle aux outrages de ceux de l'Ëvêché; jamais aucun arrêté n'a été pris pour répotldre (1). — Mais à la dernière séance du Club de l'Évêché, le présidetit, M. t)Ubois de Crancé, lut à l'assemblée un projet qui a pour titre : Adresse d'une partie des Electeurs de Paris, réunis en Club a tEvêbhê^ à letirs Concitoyens. La rédaction approuvée, ce projet a été laissé silr le bureau, avec invitation de le signer avant de se séparer, poiir l'imprimer et le répandre ensuite. Cent sept Électeurs de ce Club y oiit apposé leurs signatures; cette Adresse paroit aujourd'hui et se répand partout.
« Les Électeurs de la Sainte-Chapelle, moins prévoyans, moins désireux peut-être d'occuper d'eux le public, n'imagiiiant pafe d^aiîletirs qu'on pût aller jusqu'à imprimer des suppositions, des présomptions, dt les dohner comme des faits, se sont séparés après la dernière nomination; ils n'avoient plus rien à faire... »
Après avoir indiqué les séances de l'Assemblée Électorale de 1791, après avoir parlé de l'établissement du Club de l'Évêché, l'auteur du Compte rendu déclare que l'on avait faussement dit que « tous ceux qui avoient donné leurs voix au Club de la Sainte-Chapelle ne pouvoient y être admis » ; il ajoute des détails sur la formation de cette dernière Société, il écrit :
« On avoit fait son plan en se réunissant, on étoit convenu de discuter les candidats sans partialité, sans passion, avec cette modération qui convient à des hommes qui veulent le bien, tpii se réjouissent de le trouver, et qui gémissent de l'apparence d'un reproche fondé. On étoit convenu en même tems, pour que la discussion conservât ce calme, cette marche égale, effet naturel de l'absence des passions, de n'admettre, dans cette nouvelle Société aucun de nos collègues en qui on avoit remarqué cette pétulance d'idées, cette soif exclu-
(1) « Il a déjà paru un imprimé sous ce titre : Les Éleateurs formant la Société de l'Évéché à leurs commettans. » (Note de l'Électeur de 1791 .)
sive, inextinguible de la parole, cette exaltation, enfin, qui faisoit que des Électeurs, que des patriotes s'emportoient malgré eux, au point de troubler l'Assemblée. Les admettre, en admettre un seul, eût été s'exposera retomber dans Tinconvénient qu'on vouloit éviter; on n'en reçut aucun. On a vu la cause de l'abandon du local; on voit la cause de la séparation des membres.
« La salle où nous étions étoit trop petite pour le nombre d'Électeurs qui aftluoient; on nous proposa, comme plus convenal)le, l'église de la Sainte-Chapelle. Messieurs de la Section de Henri IV, qui y tiennent leurs assemblées, voulurent bien nous l'offrir, et dès le lendemain, vers le 22 septembre, on s'y installa, des cartes furent distribuées, l'on n'admit de nouveaux candidats que ceux qui étoient présentés par deux de ses Membres.
« Le jour suivant, M. Calhières de l'Étang monta à la tribune pour dénoncer à l'Assemblée la division du Corps Électoral, la réunion de la majorité, où? disoit-il, dans un caveau, dans une cave, sans chandelle, pour opérer des miracles! Il assaisonna sa dénonciation de toute cette chaleur qui lui est propre et de tout le ridicule qu'il put trouver. Cette question n'eut aucune suite. Les discussions à la Sainte-Chapelle se continuèrent dans le même calme; quelques nominations s'ensuivirent... inde iric.
« C'est ici que commence la persécution, c'est ici qu'a éclaté une explosion qui a retenti dans tous les cafés, dans toutes les Sociétés, dans tous les clubs, etc. On a dit, on dit encore que tous les Électeurs réunis à la Sainte-Chapelle sont des aristocrates, des mauvais citoyens, des ministériels, des gens payés par la liste civile; c'est de ce moment que, dans l'Assemblée Électorale, on a vu des Électeurs s'oublier au point de jurer, de menacer, de frapper, de parler en montrant les poings, de provoquer, et le tout, parce que la majorité des Électeurs n'a point voulu être menée par une minorité qui étoit d'accord sur des candidats, et qui seroit devenue la maîtresse de faire seule tout ce qu'elle auroit voulu.
« Il est tems de répondre aux deux plus fortes objections que fasse le Club de l'Évêché.
« Pourquoi n'avez-vous pas voulu nous admettre? Pourquoi n'admettez-vous personne à vos séances, pendant que les nôtres sont publiques?
« On a déjà répondu à la première objection : on vouloit, à la Sainte-Chapelle, une discussion calme, par des citoyens calmes; or, nos collègues de l'Évôché sont des Citoyens, mais ils ne sont point calmes. Ceci n'est point une injure, c'est une vérité; or, il résulte, et
toujours sans vouloir injurier, que nos Collègues de l'Évêché, n'étant point calmes, sont exaltés, comme il résulte de ce que les Électeurs de la Sainte-Chapelle, qui aiment le calme, sont modérés...
« Pourquoi les séances ne sont-elles pas publiques à la Sainte-Chapelle? Voilà ce qu'il aurait fallu savoir avant de débiter tant de... sur ce prétendu mystère. Pourquoi? D'abord, c'est que ce local, tout différent de celui de l'Évêché, qui, étant fait pour cela, est bien éclairé, qu'il y a des gradins en mi-ellipse, que l'on entend, que l'on voit bien partout; que l'autre, au contraire, est sombre, long, sur un terrain plane et uniforme; que ceux qui seroient venus n'auroient pu être placés qu'à l'extrémité, sur des chaises toutes de niveau, qu'ils n'auroient ni vu, ni entendu, et qu'on n'auroit pu les séparer ni les reconnoître dans les opinions par assis et levé. — Première raison bonne.
a Une seconde, meilleure, c'est que cette Chapelle est, comme on l'a dit plus haut, le lieu ordinaire des assemblées de la Section de Henri IV, et que, très souvent, il falloit que le club s'établit dans le sallon de M. de la Rivière, parce que la section ou bien le bataillon étoit assemblé. Que fût devenu alors le public curieux des séances? Seroit il monté dans le sallon, lorsque les membres du club ne pouvoient y tenir?... Ah! voilà ce qu'on ne savoit pas; voilà ce qui auroit épargné bien des calomnies à d'honnêtes gens, si on l'avoit su.
« Autre raison, plus forte : c'est que les Électeurs de la Sainte-Chapelle... peuvent bien se tromper, mais ils sont encore persuadés aujourd'hui que le candidat que l'on discute sans son aveu, qui ne s'est point oft'ert ni soumis à la discussion, comme l'a fait si loyalement M. la Crételle [sic), ne doit point être dépouillé en public. On le répète, cela peut faire tort au crédit, à la fortune du Négociant, du Marchand, ou de tout autre qui a besoin de la confiance publique, parce que, dans la discussion, une inquiétude, un soupçon, peuvent être pris pour un fait...
« On a dit de la Sainte-Chapelle : « Il suffit d'avoir eu dans la Révolution un caractère équivoque, quelques relations avec la Cour, un état de maison, pour y obtenir des éloges, et, le lendemain, deux cents suffrages. » Quelle injustice!... »
Parmi les membres du club, nous remarquons une foule d'hommes de loi, beaucoup de marchands et de financiers, un certain nombre d'officiers municipaux, quelques chefs de garde nationale, des prêtres, des gens de lettres, des médecins, très peu d'artistes.
A la fin du Compte- rendu, on trouve une liste des Electeurs de la
Sainte-Chapelle, moins complète que celle dont nous ayons cru devoir faire la réimpression. Manquent les noms de Bigot de Préameneu, de Pastoret, de la Trémouille, Fontaine de Saint-Freville, Cardot, Delaliante, Villemorin, Henaudin, llegnault, Sauvage, Poupart, J^egier, AlcaUj Romaud, Palry, Gallemand, LaYoiepier|*e , Denis, Blanc, Besson, Coclîin-Delatour, Grandin, Guichard, Bonnaud, I^eaumarchais, Geoffroy d'Affry, Prêtre, Yvon, Curé, Guyaux, Jouard-de-Bamneuil, Benoit-Duportailj Delaperrotière, Trianon, Brusse, Desbortjes, Pésarges, Faure, Lapousielle.
Toutefois, quarante-deux électeurs de cantons y figurent, outre ceux des sections. Ce sont les cantons :
De Nanterre. — M. Guesdon ;
De Passy. — Saint-Martin, Devcze, Leveillard ;
De Colombe. — Roussel ;
De Clichy. — Billard ;
De Saint-Denis. — Meusnier ;
De Pierre-Fitte. — Vielly, Fauconpré ;
De Pantin. — Cottereau, Mauviel ;
De Belle- Ville. — Potier;
De Vincennes. — Billaudel, Folliot, Boudin, Grimprcl, JJulour, Contour, Boulanger, Ficlion, Gambon, Paulard;
De Charenton, — Cressac, Diot, Colard ;
De Ville-Juif. — Gauger, Threil, Pardailland;
De Choisy-le-Roi. — Berney, Barrier;
Du Bourg-la-Reine, — Glot, Corancé, Jaques, Courtois, Dupuis, Filassier;
D'Issy. — Guillebon, Dupont, Boisset;
De Châtillon. — Loison, Dolbec, Pousals, Billoré, Dedouvre.
« Il peut y avoir quelques noms transposés de sections », fait remarquer Fauteur du Compte rendu. Ajoutons que l'orthographe de ces noms est généralement très différente, danp Tune et l'autre brochures. La seconde établit un total de 364 électeurs dans les sections et de 42 électeurs dans les cantons, soit 400 électeurs.
Les avancés accusèrent les membres du Club de la Sainte-Chapelle de suivre une route tout à fait réactionnaire, d'être ultra-modérés, d'avoir plus d'ambition que de patriotisme, d'aspirer aux places, etc.
Les dernières semaines de l'année 1791 et les premiers mois de 1792 virent s'accentuer les accusations, ^it dans le Club de l'Évêché, soit dans les Sociétés et les journa^ix patriotes.
CLUB DE LA SA1NTï:-GHAPELLE 463
Dans I9, séance du 27 avril 1792,' présidée par Lasource, au Club des Jacobins, Daubigny (1) déclara :
« Nous avons h vous dénoncer des faits qui se sont passés à l'assemblée du corps électoral. Vous savez, Messieurs, qu'il faut être ennemi de la patrie pour être admis au Club de la Sainte-Chapelle. Ainsi vous n'êtes pas surpris que les membres nombreux (car ils étaient près de huit cents) de ce Club aient nommé accusateur public M. Duport^ l'ex-ministre (2). En vain avons-nous réclamé contre cette nomination; en vain avons-nous représenté que la responsabilité pesait sur sa tête, que des malversations lui étaient imputées. Nous fîmes les mêmes réclamations contre le président de l'Assemblée, M. Cahier de Gerville : celui-ci écumait de rage; il sortit même de sa place. Mais nous n'avons pu l'emporter sur ceux de la gaiqte- Chapelle, forts de leur nombre, tandis que nous ne comptions de notre côté que cent trente membres. Il ne nous reste de parti que celui de nous adresser à l'Assemblée nationale. »
Assurément, les deux listes que nous avons reproduites, la j^vqm'ière in-exteuso , la seconde incomplète, tout en indiquant quarantedeux électeurs de cantons suburbains, contenaient des noms de personnes qui ne persévérèrent pas dans les vues du Club de la Sainte- Chapelle^ de personnes qui réclamèrent, parce que la réunion était signalée comme réactionnaire depuis sa formation, comme rcyp-liste après le 10 août 179:2.
Le sieur Renouard, en août, réclama contre l'insertion de son nom (3).
Beaumarchais déclara n'avoir jamais paru au Club de la Sainte- Chapelle, et il écrivit au rédacteur du Moniteur :
« J'apprends, Monsieur, que mon nom, comme électeur, est imprimé dans les listes de ceux qui ont été au Club de la Sainte-Chapelle.
« Je déclare que, de ma vie, je n'ai mis le pied dans aucun club. On m'a vu à la Commune, lorsque j'y étais député de ma section, et à
(1) J. L. Marie ViUain Paujjiguyj aucieu procureur au Parleilleut de Paris et ami de DaiUop, déporté aux îles SeycheHes après l*explosion de la. machine infernale, uiourut dans ces îles en 1808i
(2) Duport-Dutertro, garde des sceaux depuis le ^0 noveiribre 1790 jusqu'à la constitution du ministère girondin en 1792, fut accuse d'avoir attenté à la liberté de la presse.
(3) Moniteur universel, numéro du 26 août 1792.
464 LES CLUBS GOiNTRE-RÉVOLUTIONNAIRES
la grand'salle de l'Evêché, comme électeur des membres de TAssemblée nationale ; mais jamais nulle part ailleurs.
« Caron Beaumarchais (1).
« Ce 30 août 1792. »
Pour ses traités d'armes et de grains, Beaumarchais était peu estimé.
Pastoret protesta, à la section des Champs-Elysées, contre l'inscription de son nom sur une liste, le 5 septembre.
Le Moniteur, cinq jours après, inséra encore celte réclamation :
« M. François Romand, électeur de 1790, de la section du Ponceau, déclare à ses concitoyens qu'il n'a jamais été du Club de la Sainte- Chapelle, et que c'est par erreur ou par calomnie que son nom se trouve sur une liste affichée dans Paris.
« François Romand (2). »
Remarquons que Romand, receveur des Fermes, était assesseur du juge de paix de sa section.
Charles Villette avait, antérieurement, réclamé aussi, en avouant toutefois, « qu'au moment où ce club s'était formé, il avait suivi le torrent qui l'y entrainait; mais il déclarait qu'il s'en élait éloigné lorsqu'il avait vu qu'il n'était pas dans la Sainte-Chapelle de la liberté (3). » Il ne plaisait pas à cet ex-marquis, qui avait épousé une nièce du philosophe de Ferney, et dont un garçon reçut en baptême le nom de Voltaire- Villette, de paraître partager les opinions de gens que l'on surnommait « électeurs feuillants » de la Sainte-Chapelle (4). Villette, qui appartenait au Club des Jacobins, se sentait compromis d'autant plus qu'un de ses frères, garde du corps, avait été tué à Versailles, le 6 octobre 1789.
En effet, les membres de ce Club étaient des modérés fort militants, des ministériels plus attachés au roi qu'à la nation, des « métis du patriotisme », suivant l'expression du Jacobin Philibert Simond.
(1) Mûniteur universel, numéro du 3 septembre 1792. -— Lo 24 août 1789, on avait protesté, dans le district des Filles-Saint-Thomas, contre la présence de Beaumarchais parmi les Représentants de la Commune; le 20 août de la même année, un arrêté du district des Récollets avait félicité ceux-ci d'avoir éloigné «le sieur Beaumarchais. »
(2) Moniteur universel, numéro du 13 septembre 1792.
(3) Patriote français, n" 879, du 6 janvier 1792.
(4) Voir Ctiih des Feuillants.
Lors des élections à l'Assemblée législative, le Club de la Sainte- Chapelle attaqua très vivement Condorcet. Les réactionnaires et les Feuillants, ainsi que des agents du ministère, s'y étaient massés (juin 1791).
M. Bosquillon, du Club de la Sainte-Chapelle^ fit assigner Pierre Manuel, nouveau procureur de la Commune (décembre 1791) pour prouver tous ses titres de domicile, de garde national et de contribution (1). Il perdit son procès, fut condamné à cinquante livres d'amende au profit des pauvres.
Pierre Manuel fut défendu par le Patriote français^ qui imprima :
« M. Bosquillon, l'un des coryphées du Club aristocrato-ministériel des Electeurs de la Sainte-Chapelle, vient de faire assigner P. Manuel, nouveau procureur de la Commune, pour prouver tous ses titres de domicile, de garde national et de contribution. P. Manuel a répondu avec la dignité d'un homme libre à cette démarche dictée par la plus basse jalousie: Si c'est par respect pour la Constitution, a-t-il dit à l'huissier, que M. Bosquillon m'assigne, je souhaite qu'il ait ma place pour récompense; si c'est par intrigue, je souhaite qu'il Tait encore pour punition. Je répondrai à la loi. »
Bosquillon était un avocat de la place de l'Estrapade, un modéré dévoué à Bailly et à La Fayette. Beaucoup d'électeurs faisaient, comme lui, de l'opposition à Manuel, alors chaud partisan de la Révolution ; à Manliel qui « n'aimait pas les rois », mais qui devait plus tard, à la Convention, défendre énergiquement Louis XVI, donner des éloges à Marie-Antoinette et voter l'appel au peuple.
Un boucher de Paris, Legendre, habitant la rue des Boucheries, au faubourg Saint-Germain, homme d'action, populaire, influent dans les faubourgs, se prononça.
Legendre remarqua, dans la séance du mardi 27 décembre 1791, aux Jacobins, que, dans les dernières élections, on avait fait beaucoup de choix pour les notables parmi les Électeurs du Club de la Sainte-Chapelle. Il en avait la liste, dont il proposait de faire la lecture, lecture que Robespierre et la Société repoussèrent, comme s'ils pressentaient le rôle de dénonciateur que, plus tard, le violent boucher remplit contre les Jacobins robespierristes, dont il devait fermer le club au 9 thermidor. -
(1) Patriote français, numéros des 9 et 31 décembre 1791. — Charles-Pierre Bosquillon, électeur de la section de TObservatoire en 1790, avait publié, en 1788, un Code national, dédié aux États généraux,
Carra, dans ses Annales patriotiques^ constata :
« Les sections de la capitale, assemblées pour reviser la liste des notables qu'elles avoient (ra])ord élus, en ont rayé quelques-uns, membres du fameux Club de la Sainte-Chapelle. Ce club, composé de près de la moitié des Électeurs du département de Paris, est accusé de ministérialisme ou feuillantisme ; il s'étoit signalé, pendant les élections à l'Assemblée nationale, par son aversion pour les patriotes Brissot, Condorcet, Clavière, etc., et c'est lui qui vouloit nous donner le bon André, le cher André ^ pour procureur-syndic du département (1). »
Le même journaliste apprit au public, trois mois après (2) : « La Section de Henri IV a fait fermer le local où se rassembloit le fameux club ministériel, dit de la Sainte-Chapelle, ce club d'où sont sortis les Rarnond et quelques autres députés de Paris, que l'on dit être les amis de tous les ministres passés, présens et futurs (3). »
A mesure que les événements se précipitaient, le Club de la Sainte- Chapelle était plus mal noté. L'autorité communale s'en préoccupa, en môme temps que la presse patriote. En août 1792, le Conseil de la Commune déclara « que tous les membres suspects, ceux qui avaient siégé dans le Club de la Sainte-Chapelle, avaient été éloignés de toutes les places. » La section de Mirabeau arrêta, le même mois, de n'admettre dans les élections aucun des citoyens qui auraient été membres des Clubs monarchique, de la Sainte-Chapelle et autres dont les principes étaient très connus.
Les Révolutions de Paris, à propos du club, prirent à partie le compositeur Gossec, chef de musique de la Garde nationale de Paris. Elles le dénonçaient.
«... Gossec, dont le talent musical est plus sûr que les principes
(1) Annales patriotiques de Carra, n" 1, du !'=■■ janvier 1792.
(2) Annales patriotiques de Carra, n° 77, du 17 mars 1792.
(3) Ramond de Carbonni'eres (baron de), géologue, membre de l'Assemblée législative, demanda, le 29 octobre 1791, que les communes pussent à leur gré choisir un prêti'e qui eût ou non prêté le serment; le 29 mai 1792, il prit la défense des insermentés. Nommé membre de l'Institut en 1802, il mourut le 14 mai 1827, conseiller d'État honoraire. Il était partisan de la monarchie constitutionnelle.
qu'il manifesta on prenant place dans le Clul) do la ])asse Sainte-Cliapelle... (1). »
" M. Gossec, musicien, réclame aussi contre le même article, et défie qui que ce soit de prouver qu'il ait jamais été au Club de la Sainte-Chapelle. Nous aimons à croire, ainsi que le dit M. Gossec, qu'il a toujours été guidé dans ses démarches par des intentions civiques (2). »
Il s'agit de l'article publié dans le même numéro, oîi les Révolutions de Paris imprimaient :
«... Nos Électeurs ont chassé d'entre eux trois ou quatre faux frères, dont les noms se trouvaient sur le répertoire du Club de la Sainte-Chapelle et des Feuillans... (3). »
Les Annales patriotiques contenaient, le 26 août, cette nouvelle qui fit sensation :
« 25 août. — La Commune de Paris a pris un arrêté pour écarter des élections les membres des Clubs des Feuillans, de la Sainte-Chapelle^ et enfin tous ceux qui ont signé des pétitions contre-révolutionnaires (4) », notamment celle contre la journée du 20 juin. La Commune prescrivit le vote à haute voix et la publicité des séances du corps électoral.
Paris nommait Robespierre, Marat, Danton, Camille Desmoulins, Panis, Sergent, Billaud-Varennes, Tallien, Fréron, Collot-d'Herbois; les départements nommaient Roland, Cambon, Vergniaud, et d'autres Girondins. Ceux-ci paraissaient triompher.
Au commencement de 1793, la section des Halles refusa un certificat de civisme au citoyen Gibert, l'ainé, notaire, sur le fondement qu'il avait assisté au Club de la Sainte-Chapelle, et qu'il avait reçu chez lui la pétition dite de Guillaume... (8 et 20 mille) Thomas Gibert demeurait dans le cloître Sainte-Opportune.
Le Conseil général de la Commune, le 12 février 1793, décida néanmoins que le certificat de civisme lui serait délivré.
En juin do la même année, les membres du Club de la Sainte- Chapelle furent expulsés des comités révolutionnaires (5). Les Giron-
(1) Révolutio7is de Paris, n" 164, du 2b août au l" septembre 1792.
(2) Révolutions de Paris, n" 163, du 1" au 8 septembre 1192,
(.•J) Révolutions de Paris, n" 16.3, du 1" au 8 septembre 1792. — Nous n'avons pas trouvé le répertoire dont il est question ici. (4) Annales patriotiques de Carra, n" 2.39, du 26 août 1792. (u) Moniteur universel, n" 136, juin 1793.
dins succombaient ; les modérés furent compris dans le grand nombre des suspects.
Peu après, aux Cordeliers, un membre « demanda qu'on fit lecture d'une liste des signataires et des clubistes de la Sainte-Chapelle, parce que, disait-il, s'il faut sonner le tocsin et frapper, il est bon de les connaître. La Société improuva par de violens murmures cette proposition qui n'eut pas de suite (1). »
Inutile de dire que le Club de la Sainte-Chapelle cessait de se réunir, depuis qu'une loi, du 12 août 1793, décrétait l'arrestation des suspects. Il convient de le ranger parmi les Sociétés éphémères, nées à propos d'incidents politiques où les ambitions personnelles étaient en jeu.
(1) Moniteur universel, n" 179, an II.