INTRODUCTION
LE DROIT DE REUNION ET LE MOUVEMENT CLURISTE EN iS^S
La Révolution de Février, faite au nom du droit de réunion, en proclamant la liberté, provoqua la formation de clubs et leur donna de l'importance. C'était dans les clubs que le peuple pouvait apprendre à exercer les droits nouveaux que lui conférait le suffrage universel : déjà aussi, chacun se croyait appelé à émettre un jugement, à proposer un remède à la situation, et on allait au club pour revendiquer sa part de souveraineté. La crise économique et financière, jointe au trouble apporté par la Révolution, ayant provoqué un brusque arrêt des affaires, le peuple avait plus de loisirs pour fréquenter ces assemblées. La curiosité contribuait aussi à cette vogue; la société parisienne, trop agitée pour reprendre encore ses occupations et ses plaisirs accoutumés, voyait dans les clubs une distraction nouvelle ; mais parmi les gens qui s'y rendaient comme à un spectacle, beaucoup se laissaient entraîner et devenaient des fidèles de la réunion '. ^ Paris avait la fièvre des clubs -. »
Le nombre de ces assemblées augmenta rapidement. Lue statistique publiée par la Commission nommée pour faire une enquête sur les événements de mai et de juin cite 1^7 clubs
1. Garnier-Pagès, Hist. de la Révol. de 18U8, t. III, p. i53-i53 et 390; Stem, Hist- de la Révol. de i8U8, t. II, p. 128 et i38.
3. Garnier-Pagès, onvr. cité, t. III, p. 290. — La manière même de prononcer le mot servait de prétexte à des distinctions politiques, jusque dans le sein de l'Assemblée nationale (séance du 26 juillet i848). « Club était démoc-soc: cloub était réac. clcub n'était pas compris », dit Maxime Du Camp (Souvenirs, p. 120).
Les clubs de Barbes et de Blanqui. i