‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 2 sur 246 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

le 3o mars '; si nous en croyons Garnier-Pagès^, ce nombre dépassa bientôt 3oo ; d'après Lucas ^, il y aurait eu 25o clubs en moins dun mois, et bientôt 1\ûo.

Beaucoup de ces sociétés ne furent, il est vrai, que des réunions électorales ou des assemblées éphémères et peu sérieuses. Tout intérêt commun à une catégorie d'individus était un prétexte pour s'associer. Boutiquiers d'un même commerce, habitants d'un même arrondissement, originaires d'une même province, artistes, hommes de lettres sans emploi, anciens détenus politiques, légions de la garde nationale, réfugiés étrangers, tous fondaient des clubs.

Ce remarquable développement du mouvement clubiste ne fut possible que grâce à la liberté illimité du droit de réunion ; mais le succès et l'importance qu'obtinrent les clubs grâce à cette liberté inquiétèrent bientôt la bourgeoisie et le Gouvernement, et, les manifestations populaires ayant augmenté leurs craintes, ils cherchèrent à restreindre l'exercice du droit de réunion ; mais, même au lendemain du i5 mai, on n'osa supprimer un droit si cher au peuple de Paris. Ce n'est qu'après l'insurrection de juin que l'Assemblée vota, le 28 juillet i848, un décret qui réglementait l'organisation des clubs de telle sorte que ceux qui survécurent n'offrirent que de très lointaines analogies avec les clubs de i848. L'étude des questions politiques était pratiquement interdite, les communications de club à club, les députations, les affiches, les proclamations, les pétitions collectives étaient prohibées. Ce système d'oppression mit iin au grand mouvement clubiste de i848. C'est donc avant juin que les clubs de 1848 ont joué un rôle et présentent un intérêt, et c'est alors qu'il faut les étudier.

Parmi les principaux clubs de cette époque se placent ceux de Barbes et de Blanqui. Sans doute, ne furent-ils pas les seuls clubs « rouges » importants. Mais la Société des Droits de

I, Commission d'enquête, t. II, p. 99.

3. Ouv. cité, l. IV, p. ia3; cf. aussi Gaussidière, Mémoires, t. I", p. i65.

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