‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 112 sur 246 · Voix des Clubs, 19 mars · texte numérisé non relu

Voix des Clubs, 19 mars

'4. Commune de Paris, 37 mars.

Les clubs de Barbes el de Blamiui. 8

ga LES CLUBS DE BARBES ET DE BLANQLI

demandes d'inscription des Iravailleurs des obstacles presque insurmontables, qui n étaient que des prétextes destinés àcacher la mauvaise volonté des municipalités réactionnaires, c 11 est impossible à la plupart des ouvriers résidant à Paris de se procurer leur acte de naissance, dit le citoyen Dufraissc ; il leur est presque impossible aussi, à raison du peu de temps libre que leurs travaux leur laissent, de recueillir des propriétaires des maisons où ils ont résidé pendant les six derniers mois, des certificats attestant la durée de domicile exigée par le décret électoral. Je propose donc de rédiger immédiatement un avis oii les ouvriers seront invités à se présenter à leurs mairies respectives, munis de leurs livrets, et de (sic) solliciter leur inscription sur la production de cette seule pièce. Le livret est l'état civil du travailleur. Que les lois qui l'ont institué dans un esprit de suspicion contre l'ouvrier et comme un moyen de dépendance et d'asservissement, que ces lois soient utiles à ceux-là mêmes contre lesquels elles avaient été conçues et portées ; que le livret devienne une arme entre les mains du travailleur, et qu'il fasse tourner à son profit, au profit de la cause républicaine, une institution qui lui était fondamentalement hostile ; que le peuple s'affranchisse par les moyens même que la tyrannie et rari«tocratic avaient inventés pour le contenir et l'opprimer. » Si Dufraisse proposait ainsi une mesure qui remédiât aux difficultés opposées à l'inscription des ouvriers, c'est qu'il en voyait l'urgence : « Cette mesure est urgente, capitale, disait-il, le salut de la République peut en dépendre. Il est des arrondissements très populeux où le quart à peine delà classe laborieuse se trouve inscrit sur les listes. Les élections, si cet état de choses n'est pas changé, les élections appartiendront à la partie de la population qui a le temps et les moyens de se faire inscrire; les travailleurs n'y auront aucune influence. La représentation, loin d'être la sincère expression du vœu du peuple, sera le résultat de combinaisons hostiles aux intérêts de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. De là peuvent naître des dangers et des malheurs que l'imagination ne considère qu'avec effroi, que Uàme ne prévoit qu'a,vcc douleur. »

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