CHAPITRE TROISIEME IIQ
de ses membres savaient déjà comme moi, ce que le plus grand nombre d'entre eux ignorait encore. J'ai compris, il est vrai, dans mon exposé, la révélation de confidences particulières qui m'avaient été faites et qui, par leur nature, se rattachaient à l'objet principal dont il s'agissait, mais en ayant soin de dire, ce que prouvait d'ailleurs mon attitude envers Blanqui depuis un mois, que je n'avais ajouté aucune foi à ces révélations. Ainsi donc, l'initiative que j'ai prise, les détails que j'ai exposés, tout, dans mes intentions comme dans mes paroles, a eu pour unique objet de provoquer la lumière, de faire que la vérité, toute la vérité fût connue le plus tôt possible, afin qu'il résultât d'une enquête devenue indisiDcnsable. ou une réparation éclatante pour l'innocent calomnié, ou. en cas de culpabilité, une punilion qui ne saurait être trop rigoureuse. »
D'autres membres du club de la Révolution ne prétendirent même point avoir fait preuve d'impartialité : « Oui, j'ai dit dans le club de la Révolution que le fait était vrai, dit Barbes *, et qu'il n'y avait qu'un individu qui pouvait être l'auteur des révélations dont il s'agissait, celui à qui elles étaient imputées. » Mais cette conviction n'était sans doute qu'un résultat de la haine déjà ancienne qui séparait Barbes et Blanqui. « On est généralement persuadé, dit Fomberteaux^, que la querelle entre Bai'bès et Blanqui date du document Taschereau. Les journaux l'ont dit et le public l'a cru. Habitué dès longtemps à voir ces deux noms associés dans la lutte comme dans la souffrance, il a supposé que leur vieille confraternité d'armes venait d'être brisée par une douloureuse révélation. C'est donner gratuitement le beau rôle à Barbes. Une rupture pour de tels motifs n'aurait rien que de naturel et de légitime, d Or, nous l'avons vu, la haine était ancienne ; et Barbes saisit sans doute avec empressement l'occasion qui s'offrait de discréditer Blanqui. Si