‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 138 sur 246 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

révolutionnaire. Sa puissance en fut, sinon ruinée, du moins considérablement affaiblie.

Ce n'était point lui seul, d'ailleurs, qui était visé et atteint. (( La publication de Taschereau, dit-il non sans justesse ', est le premier grand coup porté à la Révolution après Février. Elle allait triompher lorsque ce coup de maître l'a arrêtée court et a dégagé l'ennemi. L'homme qui avait saisi la réaction par la bride et la faisait reculer, est tombé au choc ; avant qu'il se fût relevé, elle s'était échappée au galop, et au lieu de lui barrer le chemin, il n'a pu que la poursuivre. ))

La tactique de Blanqui allait en effet se modifier. L'influence qu'il pouvait exercer par des délibérations, des adresses, des manifestations collectives, serait sans doute désormais inefficace, les projets d'alliance vains. Il lui restait l'émeute et la conspiration ; c'est vers elles qu'il se tourna.

YIl

La publication du document Taschereau, c'était la rupture du Gouvernement avec Blanqui. En réalité, c'était plus, c'était le commencement de la lutte contre tout le parti socialiste. Le 3i mars, on avait attaqué Blanqui seul ; mais l'écart devenait chaque jour plus grand entre le Gouvernement et ceux qu'on appelait communistes; le i6 avril en fut l'éclatante manifestation. Ce jour-là, le Gouvernement se laissa prendre par la réaction, joua son jeu et le lendemain, non content de laisser la bourgeoisie poursuivre le socialisme de ses clameurs, il entra lui-même dans la voie des représailles.

Le i6 avril fut précédé par des intrigues multiples qui se côtoyèrent et s'entrecroisèrent. Ledru-RoUin et ses partisans, Caussidière, Louis Blanc, les clubs, tout le monde conspira. Quelle part revient à Blanqui dans ces intrigues.^

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