‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 139 sur 246 · Manuscrits, liasse Is chemise 5, feuillet X, ii · texte numérisé non relu

Manuscrits, liasse Is chemise 5, feuillet X, ii

Comme d'ordinaire, on l'a accusé, à propos du i6 avril, d'avoir été l'auteur d'un complot^ ; l'accusation, il est vrai, n'est pas unanime-, mais on est tenté d'y ajouter foi, car Blanqui afTaibli par le document Taschereau ne pouvait songer à exercer efficacement une influence pacifique. Il lui était d'autre part difficile de rester impassible quand le Gouvernement se montrait de jour en jour moins disposé à réaliser les promesses de la Révolution ; comme il n'avait plus de raison de ménager ce Gouvernement, après le rude coup qu'on venait de lui porter, il y a tout lieu de croire qu'il songea à profiter de la démonstration qui se préparait, pour essayer d'instituer un Gouvernement homogène.

Il y eut même tentative de rapprochement avec Ledru-Rollin de la part, tout au moins, des amis de Blanqui. Dans la nuit du i5 au i6 avril. Flotte fut envoyé au ministère de l'Intérieur, mais Ledru-Rollin refusa de le recevoir 3.

Presque au même moment Blanqui allait trouver Lamartine. Les négociations entamées par l'entremise de Durrieu avaient été interrompues par l'apparition du document Taschereau :

1. Coinniission d'enquête, dépositions de Cartier (t. I", p. 244) et de Garteret (t. l'", p. aSo) ; Garnier-Pagès, Hist. de la Réuol. de 18U8, t. IV, p. 3i/i.

2. Louis Blanc {Hist. de la Bévol. de 18^S, t. II, p. 12 et suiv.) a revendiqué l'initiative du mouvement et prétend que le bruit que Blanqui et Gabet voulaient renverser le Gouvernement ne fut répandu par Marrast que pour discréditer le mouvement des corporations. Ge n'est qu'au procès de Bourges (audience du i5 mars) que Lamartine sembla accuser Blanqui d'avoir conspiré le lO avril. Au moment même, confiant dans l'influence qu'il croyait avoir exercée sur Blanqui, il affirmait que celui-ci ne songeait pas à renverser le Gouvernement (Commission d'enquête, t. l", p. 819, déposition de Marie ; cf. aussi Lamartine, Hist. de la Révol. de iSUS, t. II, p. 256, où Lamartine dit que le mouvement était en partie dirigé par les clubs contre Blanqui). Proudhon (Les confessions d'un révolutionnaire, p. 81) prétend qu'il n'est pas probable que Blanqui ait pris aucune initiative dans le mouvement qui avait en partie pour but de le sacrifier.

3. Commission d'enquête, t. I", p. 322. déposition de Marrast ; Procès de Bourges, audience du 2G mars, déposition de Marie ; E. Regnault, Hist. du Gouvernement provisoire, p. 289 ; Garnier-Pagès. op. cit., t. IV, p. 345. Quant à Blanqui même, Portails (Commission d'enquête, t. I", p. 335), Landrin (Id., p. 3o8) cl Garteret (Id., p. 252) affirment que Ledru-Rollin ne le reçut jamais.

Page 1