‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 140 sur 246 · CHAPITRE TROISIEME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME I

mais après leSi mars, Lamartine, qui croyait obtenir la neu- * tralité des agitateurs populaires grâce à ses entretiens avec eux, devait plus que jamais désirer voir Blanqui. dont on redoutait la violence après le coup qui lui avait été porté. Lamartine avait chargé De Flotte de lui amener Blanqui '. Ce dernier se rendit au ministère des Affaires étrangères le i5 avrilvers six heures du matin. Peut être voulait-il tenter avant d'agir une dernière démarche pacifique ou bien cherchait-il à s'assurer un auxiliaire pour le lendemain.

S'il entretenait quelques illusions, il ne dut pas tarder à être déçu: Lamartine, loin de songer à l'associer au pouvoir ou à conspirer avec lui, ne cherchait quàagir sur lui par lascendant de sa parole. << Sans doute j'ai conspiré avec ces hommes, dit-il plus tard ^. jai conspiré avec Sobrier, j'ai conspiré avec Blanqui, j'ai conspiré avec plusieurs autres. Savez- vous comment j'ai conspiré?... J'ai conspiré comme le paratonnerre conspire avec la

1. Procès de Bourges, audience du i5 mars, déposition de Lamartine ; Lamartine, Hist. de la Révol. de ISU8, t. H, p. 201.

2. Au procès de Bourges (audience du i5 mars», Blanqui et Lamarlinc discutèrent sur Li date de celte entrevue. Lamartine afiirma d'abord que l'entrevue n'avait pas eu lieu le i5 avril, mais huit ou dix jours avant ; puis il dit : « Je crois plutôt que c'est vers la fin de mars », et il finit par déclarer : « J'ai toutes les certitudes morales que c'est dix ou douze jours avant [il s'agissait du i5 avril] ; j'en pourrai avoir la certitude physique avant peu par les gens de ma maison. » Dans son Histoire (t. II, p. 202;, il resta aussi indécis. Les affirmations de Blanqui ne semblent pas non plus très exactes ; pour prouver que l'entrevue avait eu lieu le i5 avril, il dit en effet : « Nous avons parlé d'une publication faite contre moi dans la Revue Rétrospective, or cette publication n'a eu lieu que le i3 avril ». Sans doute il y a là une confusion de la part de Blanqui et il s'agit de la Réponse de Blanqui au document Taschercau qui parut le i4. Lamartine, sans nier le fait, se borna à répondre qu'on parlait de cette publication un mois avant qu'elle ne parût. Ceci s'applique bien à la Réponse de Blanqui dont on s'entretenait avant son apparition, mais il semble aussi qu'il fui question du document Taschereau lui-même quelques jours avant sa publication. L'afQrmation de Blanqui ne suffit donc pas pour prouver que ce fut le i5 avril qu'eut lieu l'entrevue. Le témoignage décisif est celui de Courtais qui répondit à Lamartine : « Je puis affirmer que c'est le i5 avril, de six à neuf heures du matin, que M. de Lamartine a reçu M. Blanqui ; j'en ai été fort étonné, surtout en voyant le mouvement du lendemain. » (.\udience du i5 mars.)

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