‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 142 sur 246 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

raconté la scène, on avait, le i5 avril, parlé avec violence surtout contre Lamartine. « Un individu, entre autres, avait dit que le temps était venu où ceux qui avaient fait la Révolution devaient en profiter : qu'ils ne souffriraient pas qu'elle leur fût escamotée par les riches, propriétaires ou bourgeois ; que demain était le jour de l'action. Le Gouvernement provisoire ajoutait il, était, dit-on, divisé en trois partis, mais au-dessus de tous les trois s'élevait un homme auquel ses écrits et la puissance de sa parole avaient fait une popularité extraordinaire ; cette popularité ne pouvait être plus longtemps supportée par ceux qui attachaient quelque prix à leurs libertés. Se soumettraient-ils à lui ? Espéraient-ils qu'il se soumît ù eux ? Et sinon, que restait-il à faire, si ce n'est de lui ôter la vie? On dit que ce sentiment n'a pas excité, au moins en apparence, la moindre réprobation. » Marie ^ prétend, de son côté, que dans cette réunion du i5 à la Société républicaine centrale v il fut beaucoup parlé de la manifestation projetée pour le iG » ; Delvau-. enfin, affirme qu'une protestation contre les tendances contre-révolutionnaires fut résolue, le i5 avril, pour le lendemain i6 et que « ce fut au club de la rue Bergère que la première motion en fut faite, puis de là répétée dans tous les autres clubs avancés ». Fondés sur des rapports de police, ces témoignages sont quelque peu suspects, et l'on ne peut d'ailleurs invoquer leur nombre, car ils émanaient sans doute tous trois d'une même source.

Barbes, de son côté, n'était pas inactif : il fit partie des conciliabules qui se tenaient la nuit au ministère de l'Intérieur^, en compagnie de Ledru-RoUin. Jules Favre, Carteret. Portails, Landrin, Etienne Arago, Regnault, et où il semble que se préparait la conspiration Ledru-Rollin.

Tandis que Barbes agissait ainsi dans l'ombre, son club

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