‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 143 sur 246 · Hisl. de la Révol. de Février, p. 45o 45i · texte numérisé non relu

Hisl. de la Révol. de Février, p. 45o 45i

3. Commission d'enquête, t. I", p. 252, déposition de Carteret. p. 3o8. déposition de Landrin, p. 335, déposition de Portails ; E. Regnault. Histoire du Gouvernement provisoire, p. a65 ; (jarnier-l^agcs, op. cit.. t. I\ , p. Sai.

hésitait même à se joindre à la manifestation, redoutant de jouer le jeu de Blanqui. u L'on nest pas généralement bien fixé sur l'imporlance et le but véritable de cette manifestation, et l'on se demande si le club de la Révolution doit ou non s'y adjoindre, dit le compte rendu de la séance du i5 avril*. Le citoyen Etienne Arago pense qu'il serait imprudent de s'associej à une démarche qui n'aurait pas un caractère de grandeur et de solennité imposante. Il propose que le club, avant de rien décider, nomme des délégués chargés de connaître la vérité sur ce fait et qu'une permanence s'établisse pour le cas où l'on devrait agir. Plusieurs citoyens sont d'avis de prendre l'initiative et d'aviser dès ce soir. La proposition du citoyen Arago est adoptée, et les délégués sont aussitôt choisis pour éclaircir cette affaire. Un citoyen annonce que le maire du II" arrondissement a demandé l'assistance de deux cents hommes de la garde mobile pour opérer l'arrestation du citoyen Blanqui. Cette nouvelle provoque dans l'assemblée une grande agitation. Le même citoyen demande que le club proteste énergiquement contre cet acte arbitraire ; mais il reste décidé que l'on attendra jusqu'à plus ample informé. On se sépare en se donnant rendezvous demain malin. »

Ce court procès-verbal est significatif : la préoccupation dominante du club de la Révolution n'était pas d'assurer le triomphe des partis avancés, c'était de ne pas se compromettre avec Blanqui. S'il s'émut à la nouvelle de l'arrestation de Blanqui, ce fut parce que le précédent créé par cet acte arbitraire était une menace pour le club ; mais ce ne fut point par sympathie, comme l'atteste la décision d'attendre de plus amples informations.

L'attitude du club à la veille de la manifestation, comme son attitude générale encore modérée et conciliante à l'égard du Gouvernement, tout porte à croire qu'il ne conspirait pas. Il n'en était pas de même de son président, mêlé aux intrigues tramées en faveur de Ledru-RoUin.

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