‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 159 sur 246 · CHAPITRE QUATRIEME ï '4O · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME ï '4O

naire, disaient les membres du club, ne trouvera pas chez les républicains une stupide résignation. Ils n'attendront pas que ces calomnies se traduisent en égorgements. La journée du i6 avril leur servira de leçon. Ils savent les sanglantes représailles que rêvent les modérés ; ils savent leurs sauvages excitations aux soldais de la ligne contre les patriotes et ils aviseront. » De telles paroles au lendemain des élections étaient significatives : le club comprenait l'importance de la défaite, il voyait dans la victoire des modérés le prélude d'une lutte ardente contre les républicains avancés et il était prêt à tenir tête à l'attaque et même à la prévenir.

Dans le même esprit, Blanqui aurait dit à son club u que la guerre civile devait inévitablement éclater et que le sang répandu retomberait sur la garde nationale qui la provoquait par tous ses actes • », et Lacambre aurait traité la bourgeoisie de « classe qui s'engraisse des sueurs et s'abreuve du sang de la classe ouvrière, qui est rongée par la vermine et dévorée par la faim ^ » .

D'autres hésitaient encore, et, dans ce déchaînement de la lutte des classes, ne voulaient pas prendre parti. Les événements de Rouen leur ouvrirent les yeux.

L'hostilité qui existait entre les bourgeois et les ouvriers de cette ville avait été avivée depuis février par des circonstances locales. La défaite électorale des ouvriers, qu'ils attribuèrent à des fraudes, déchaîna la lutte. Les ouvriers élevèrent des barricades ; la bourgeoisie répondit par les coups de fusil et de canon de la garde nationale et des troupes de ligne. Il y eut

1. Assemblée nationale, i" mai. lettre d'un visiteur de la Société républicaine centrale.

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