‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 160 sur 246 · Id · texte numérisé non relu

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l46 LES CLUBS DE BVRBÈS ET DE BLaNOUI

des morts nombreux parmi les ouvriers, aucun dans les rangs de la bourgeoisie.

A Paris la nouvelle de la répression sanglante des troubles de Rouen fut accueillie dans le camp socialiste par un cri général de colère et de vengeance. Barbes cette fois s'indignait comme Blanqui.

La Société républicaine centrale fit afficher sur les murs de Paris une adresse extrêmement violente au Gouvernement ; elle dénonçait avec indignation la complicité du Gouvernement et de la réaction bourgeoise, accusait cette dernière d'avoir provoqué et organisé les troubles, rendait le Gouvernement responsable de leur répression, demandait la mise en accusation de ceux qui avaient réprimé les troubles, et le renvoi des troupes de ligne de Paris pour éviter une Saint-Barthélémy des ouvriers parisiens. Réquisitoire contre la réaction bourgeoise et le Gouvernement se terminant par une demande de châtiment contre la bourgeoisie et de garanties pour le peuple, telle était l'affiche qui résumait les discussions de la Société républicaine centrale à propos de Rouent

Citoyens, -

La contre-révolutiou vient de se baigner dans le sang du peuple. Justice, justice immédiate des assassins !

1. Selon Le Constitutionnel (\ mai;, des motions violentes auraient été portées à la Société républicaine avant le vote do l'adresse ; et d'après une lettre publiée par L'Assemblée nationale (3 mai), Blanqui se serait écrié dans la séance du ag avril : c Les événements de Rouen, c'est une Saint-Barthélémy qu'avait préparée M. Lamartine ; et M. Lamartine en prépare une semblable pour Paris. » L'auteur de la lettre, qui gardait l'anonyme, disait tenir ce fait d'un de ses amis présent à la séance ; Blanqui lui répojidit (Assemblée nationale, 3 mai), en niant avoir parlé de Lamartine à propos des événements de Rouen. « Jai accusé, dit-il, et j'accuse de cette boucherie préméditée la garde bourgeoise de la ville, et je donne pour preuve de cette préméditation les menaces sanguinaires qui retentissaient contre les ouvriers dans les rangs de la bourgeoisie » ; l'adresse envoyée au Gouvernement par la Société républicaine centrale « résume exactement, ajoutait-il, les paroles prononcées dans le club. »

2. Adresse publiée par la plupart des journaux. Le Représentant du Peuple, 5 mai, L'Assemblée nationale, 3 mai, etc., par la Commission d'enquête, t. II, p. 283-28.T. On en trouve aussi le texte dans les manuscrits de Blanqui, liasse I^, chemise 2. sous-chemise b. feuillet V, n° ii3.

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