ÎNuméro du 5 mai
ô. Assemblée nationale, 3 mai ; Constitutionnel, 9 mai.
désavoua pas. Une protestation commença alors à circuler dans la 12" légion : » Les soussignés, officiers de la 12'' légion ' » (qui cependant ne signèrent pas) déclarèrent avoir été vivement émus en tant que gardes nationaux par « la révélation de ce fait grave que leur colonel se croyait le droit de parler et annonçait l'intention d'agir au nom et à la tète des sections organisées. Quelle est, ajoutaient-ils, cette force occulte et menaçante, dont on se dit le chef, quand on est colonel de la garde nationale, du peuple armé !' Pour qui seront les sympathies du colonel Barbes à l'heure du danger ? Quelle devient alors la position des officiers et des chefs de cette légion dont les éléments ne sont déjà plus trouvés assez populaires, puisque l'on ne croit pas devoir chercher un appui dans son patriotisme éprouvé, mais dans ces ténébreuses organisations des clubs ? Le colonel Barbes prétend-il conserver le droit de commander dans deux camps ■*... »
Barbes répondit en adressant à la 12" légion une affiche qui fut placardée sur les murs de Paris - :
J'apprends que des feuilles contre-révolutionnaires ont donné une signification perfide à quelques expressions d'une adresse de la Société des Droits de l'Homme qu'avaient provoquée les derniers malheurs de Rouen.
Je déclare que je n'ai jamais eu l'intention de me séparer d'une légion qui m'a accueilli avec tant de sympathie et à laquelle je suis fier de commander. Je proteste contre toute idée d'appel à la violence qui ne pourrait profiter qu'aux ennemis de la liberté et du progrès. La 12' légion me trouvera toujours à sa tête lorsqu'il s'agira de défendre les vrais intérêts de la République.
Citoyens, rappelons-nous que nous sommes le peuple armé pour veiller sur nos droits et notre liberté, que notre union fera notre force et le désespoir des contre-révolutionnaires de tous les partis.
Malgré les explications de Barbes, les réactionnaires maintinrent qu'il était impossible de servir à la fois la République
1. Conslituiionnel, 9 mai ; Journal des Débats, 10 mai ; Assemblée nationale, II mai ; protestation datée du 4 mai.
2. Assemblée nationale, 8 mai ; Constitutionnel. 9 mai ; Représentant du Peuple, 10 mai, etc.