Cf. plus loin, p
2. Ce n'était pas, d'ailleurs, la première fois qne L'Assemblée nationale accusait Barbes de vouloir exercer par la violence une pression sur l'Assemblée ; cf. le numéro du 6 mai ; au sujet de ces accusations, cf. également L'Ami du Peuple du 1 1 mai.
3. Avant de passer à l'étude du i5 mai, on peut remarquer que l'agitation des clubs ne les empêchait point de travailler. Ainsi le club de la Révolution s'étant préoccupé de la question de la présidence de la République nomma une commission chargée de réunir dans un rapport tous les arguments qui lui semblaient militer contre l'établissement de la présidence (Cf. ]'raie République, A mai). I^a commission déclara que le pouvoir exécutif confié, même temporairement, à un seul homme aboutit à la tyrannie et à la monarchie héréditaire ; seule l'ancienneté du régime constitutionnel de la bascule et de l'équilibre des pouvoirs explique, ajoutait la commission, que des esprits irréfléchis ou des ennemis de la République aient voulu remplacer la royauté en France par une présidence, que l'existence de deux Chambres rend nécessaire. Mais ce système de l'équilibre des pouvoirs semblait à la commission une absurdité dans une société fondée sur l'égalité et sur la souveraineté nationale une et indivisible. « Une Assemblée unique, représentation permanente de la souveraineté nationale, se retrem-
lG4 LES CLUBS DE BARBES ET DE BLANQUI
L'irritation, chaque jour croissante, des clubs socialistes de Paris et du peuple parisien contre l'Assemblée qui siégeait depuis le 4 mai, aboutit bientôt à une journée plus violente que toutes celles qu'avait vues le Gouvernement provisoire.
Ce n'est ni la Société républicaine centrale, ni le club de la Révolution, ni Blanqui. ni Barbes, qui ont organisé la manifestation du i5 mai. Mais la Société républicaine centrale, en réclamant dès le début l'accomplissement des réformes sociales, en donnant l'exemple de la première manifestation populaire, celle du 17 mars, en provoquant à la lutte des classes, en attaquant toute la politique du Gouvernement, le club de la Révolution, par ses reproches d'abord cordiaux puis violents, les deux clubs, en développant chez le peuple, par
pant au contact de l'élément populaire, qui la modifie à son gré par des élections à intervalles rapprochés », tel était, selon la commission, le seul système conforme au Gouvernement républicain. Dans une telle organisation, un président ne pourrait que conduire à l'anarchie et à la guerre civile, s'il était élu par le peuple et indépendant de l'Assemblée ; et, s'il était élu par l'Assemblée, il dépendrait d'elle à moins qu'elle ne se suicidât elle-même en lui déléguant sa pleine autorité ; or, s'il dépendait d'elle, pourquoi, disait la commission, ne point diviser le travail entre plusieurs présidents spéciaux ou ministres, ce qui serait bien préférable, car il est rare « qu'un seul homme soit à la fois le plus compétent dans la guerre, dans les finances, dans la marine, dans l'administration, dans l'agriculture, dans l'industrie, dans les arts, sans parler du reste ». Mais s'il déléguait les diverses branches du Gouvernement à des ministres, il ne devrait plus être responsable d'une gestion à laquelle il serait étranger, et serait donc déclaré indépendant de l'Assemblée qui l'aurait élu ; d'autre part, s'il restait responsable, que deviendrait la responsabilité des ministres ? « Dans quelque hypothèse que l'on se place, la présidence mène donc à la tyraimie ou à l'anarchie, c'est-àdire dans tous les cas à la guerre civile. Comment l'organisation du travail pourrait-elle surgir de l'anarchie gouvernementale ? Gomment pourraitelle surgir de la tyrannie, qui ne saurait vivre qu'en s'appuyant sur le régime des castes, sur la consécration du privilège ? Comment pourrait-elle surgir de la guerre civile, qui est la désorganisation môme ? C'est peutêtre pour cela que cerl aines personnes ont posé la question de la présidence. ^ otre commission conclut à la nécessité d'éclairer au plus tôt les travailleurs sur leur véritable intérêt dans cette question capitale. »