‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 179 sur 246 · Hist. de la Révol. de 18^8, t. II. p · texte numérisé non relu

Hist. de la Révol. de 18^8, t. II. p

6. Selon Garnier- Pages (op. cit., t. I\. p. 147), Longepied el deux de ses amis, anciens membres du Comité révolutionnaire, firent au club de la Ucvolution une opposition très vive à la manifestation.

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club de la Révolution a voté, en présence de trois ou quatre mille personnes, la veille du i5 mai, contre la manifestation qu'on proposait de faire à l'Assemblée nationale. Le citoyen Barbes et le citoyen Thoré, entre autres, s'y opposèrent par plusieurs motifs, à cause notamment de certains hommes qu'on annonçait devoir y figurera »

Tous les témoins affirment donc que Barbes a agi énergiquement pour empêcher la manifestation et qu'il a décidé le club de la Révolution à ne pas s'y rendre. Un certain respect de la légalité tout d'abord en était cause. Barbes voulait faire ajourner le projet pour permettre à l'Assemblée d'exprimer son opinion dans les interpellations sur les affaires d'Italie et de Pologne fixées au lo"-. Mais surtout il appréhendait l'intervention de Blanqui. Il craignait de voir ce rival détesté profiter habilement du mouvement et en prendre au dernier moment la direction.

De nombreux socialistes redoutaient Blanqui plus que la réaction même s. Comme Barbes. Sobrier '^ et Caussidière^ hésitaient parce que Blanqui les inquiétait. Ainsi les membres du parti avancé voulaient faire une grande manifestation, pacifique mais impressionnante, et avaient peur que Blanqui et ses

1. D'après Longepied (Comité révolutionnaire, p. 128), Barbes exprima l'opinion « qu'un guet-apens pourrait faire dégénérer cette solennelle démarche en un 5 et 6 juin ». Selon Gai'nier-Pagès (op. cit., t. IX, p. 107), « dans la soirée du i A, une atTiche rouge, signée : Barbes président, Maillard, Dutilleul et Langlois, etc., couvrait les murs, déclarant la non-adhésion du club à la démonsti'ation et invitant les sociétaires à ne pas se livrer à d'autres impulsions ».

2. Cf. Coniniission d'enquête, t. II, p. iio, lettre d'Huber.

3. D'après le pamphlet Les premiers jours de la République (p. 67), dans la réunion où les clubistes décidèrent de faire la manifestation le i5, on se préoccupa de l'absence des membres de la Société républicaine centrale, et l'idée qu'il faudrait compter après coup avec Blanqui disposa certains à ajourner la manifestation pour se débarrasser d'abord de Blanqui ; ils ne se décidèrent qu'après avoir remarqué que Barbes se laisserait facilement entraîner et que sa popularité était aussi grande que celle de Blanqui.

/(. Garnier-Pagès, op. cit., t. IX, p. loi.

5. Cf. la lettre de Caussidière au président de l'Assemblée nationale, le lô mai (Comnii.ision d'enquête, 1. 1", p. 16.1; Caussidière, Mémoires, t. II, p. 119). Voir aussi Carnier-Pagès, op. cit., t. l\, p. ii5 et suiv.

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