‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 182 sur 246 · Procès de Bourges, audience du i3 mars · texte numérisé non relu

Procès de Bourges, audience du i3 mars

grand embarras ; mon club était partagé... Si j'avais combattu la manifestation de front, j'aurais risqué d être débordé ; je pris donc des précautions oratoires. Dans un discours qui dura environ une demi-heure, je dis qu'il fallait bien se garder de se jeter dans des voies violentes, qu'il fallait bien se garder de dépasser le peuple, parce que si on avait ce malheur, il se tournerait immédiatement contre les imprudents qui l'auraient provoqué. Ce discours fut bien accueilli, et il fut décidé qu'on se rendrait à la manifestation avec les intentions les plus pacifiques; j'avais même dit qu'il ne fallait pas que de l'Assemblée nationale on pût apercevoir la tête de la colonne. » Les journaux s'accordent à reconnaître la modération de Blanqui : « Le club Blanqui a offert depuis quelques jours une particularité remarquable. C'est que M. Blanqui lui-même s'est trouvé dépassé par une partie de ses adhérents », dit La Presse ^ qui n'est guère suspecte de partialité en faveur de Blanqui. De même, le Journal des Débats - et L'Assemblée nationale ^ comme Le Représentant du Peuple ^ reproduisaient une information'' d'après laquelle, « hier, dans son club, AL Blanqui avait déconseillé à ses fidèles toute participation à la démonstration d'aujourd'hui ». Ils ajoutaient, il est vrai, que Blanqui aurait dit : « Il y a deux courants dans la société. C'est le courant de la réaction qui domine en ce moment ; le ministère, où nous avons des nôtres, est lui-même emporté par le torrent. Mais attendez, attendez cinq à six semaines, et alors les vents et les flots seront pour nous. Déjà, a dit M. Blanqui faisant un aveu involontaire, beaucoup des nôtres qui nous avaient quittés nous sont revenus. » Sans doute, il faut voir dans ces mots les c précautions oratoires » dont parle Blanqui : il lui était, en effet, difficile de dire nettement

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