‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 185 sur 246 · CHAPITRE QUATRIKME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIKME I

individus essayent de lutter contre le mouvement, d'autres sont poussés par la foule. Mais nul ne semble conscient ni responsable de ses actes et de ses paroles, à mesure qu'augmentent le désordre et l'excitation.

Au début, on essaya bien de réaliser ce qu'on s'était proposé : le dépôt de la pétition. Raspail monta à la tribune et lut la pétition, puis fit. ainsi que Huber, de loyaux efforts pour que le peuple défilât et se retirai ensuite. C'est alors qu'intervint Barbes. Sa situation était délicate : chef de club socialiste, membre d'une Assemblée impopulaire, il lui était difficile de concilier ses devoirs envers le peuple avec ses devoirs envers l'Assemblée.

Préoccupé de maintenir sa popularité, désireux de renouveler la tradition révolutionnaire des pétitions en masse qui lui semblait conforme au droit du peuple, et se croyant d'autant plus autorisé à soutenir ce droit de pétition qu'il avait voté contre le décret qui interdisait d'apporter des pétitions à la barre de l'Assemblée ^ Barbes prit la parole et s'adressant au peuple, il dit- : « Citoyens, vous êtes venus exercer votre droit de pétition ; ce droit de pétition, vous avez bien fait de venir l'exercer ; il vous appartient, et désormais il ne peut jamais vous être contesté. Maintenant, le devoir de l'Assemblée est de prendre en considération la demande que vous avez faite ; et comme le vœu que vous exprimez est positivement le vœu de la France, l'Assemblée aura à décréter ce que vous demandez. » Puis s'efforçant d'apaiser le tumulte. Barbes s'écria : « Citoyens, écoutez-nous ! Vous êtes venus exprimer vos vœux à l'Assemblée ; l'Assemblée les a entendus,

rôle des membres du club de la Révolution et de la Société républicaine centrale n'apparaît pas dans ces scènes de désordre. Quelques propos furent bien attribués à certains d'entre eux, mais ils n'ont aucun caractère de certitude; dans le tumulte et la confusion, les témoins ont cru voir et entendre des choses différentes. D'ailleurs il ne s'agit que de gestes et de propos de peu d'importance, et les détails de l'attitude des clubistes, dans cette échauffourée, n'engagent pas la responsabilité des clubs et n'intéressent pas leur histoire.

1. Procès de Bourges, audience du 10 mars, déclaration de Barbes.

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