‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 187 sur 246 · CHAPITRE QUATRIEME I · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME I

belle il Blanqiii de proclamer devant le peuple et devant les gouvernants les revendications qui lui étaient chères. Aussi, dans son discours K mêla t-il à la question polonaise, qui était le prétexte de la manifestation, la question sociale, essentielle pour lui.

Il parla de Rouen, réclamant justice, et le peuple applaudit. « Le peuple demande aussi, ajouta-t-il, que vous pensiez à sa misère. Il a dit qu'il avait trois mois de souffrances à offrir à la République. Ces trois mois sont bientôt écoulés, et il est possible, il est probable qu'on lui en demandera d'autres. Le peuple réclame de lAssemblée nationale qu'elle s'occupe instamment, sans désemparer, d'une manière continue, de rétablir les moyens de travail, de donner de l'ouvrage et du pain à ces milliers de citoyens qui en manquent aujourd'hui. » Puis, cherchant les causes de la misère. Blanqui s'écria : « Le peuple a vu avec une certaine douleur, que des hommes qu'il aimait ont été pour ainsi dire systématiquement écartés des conseils du Gouvernement. Cela a ébranlé la confiance. » Etait-ce à son éloignement à lui que Blanqui faisait allusion ? Si ce reproche lui échappa, il ne s'y arrêta qu'un instant. Plusieurs voix l'interrompirent, lui criant de revenir à la Pologne. Trop habile pour parler contre le gré du peuple, Blanqui obéit : « Ce n'est qu'incidemment, citoyens, dit-il, que cette question du travail et de la misère du peuple a été soulevée ici ; je dois vous dire que le peuple ne vient pas ici principalement pour vous occuper de lui : il vient pour vous occuper de la Pologne. Il ne peut pas laisser passer cette occasion sans rappeler à ses représentants que lui aussi est malheureux, que c'est là un nouveau point de similitude entre le peuple de France et le peuple de Pologne. Mais enfin, citoyens, après avoir un instant parlé de lui, le peuple rappelle votre attention tout entière sur la Pologne ; il vous demande de décréter sans désemparer que la France ne remettra son épée au fourreau qu'après avoir rétabli la Pologne, o Cependant, tout en cédant

Page 1