CHAPITRE CINQUIÈME IqS
envoyait à Barbes une adresse pour protester contre les calomnies dont il était l'objet, et lui exprimer sa sympathie^.
Aucun motif sérieux ne pouvait d'ailleurs êlre allégué pour maintenir la fermeture du club de la Révolution, qui n'avait pas pris part h la journée du i5 mai. Il fut rouvert le 20 -.
On s'occupa tout d'abord de réorganiser le bureau qui devait être renouvelé ce jour-là. En raison des circonstances, on décida de réélire Barbes à la présidence et de laisser son fauteuil vacant *' jusqu'au jour, dit Landolphe, où il nousserapermis de crier avec lui, et sous sa présidence : Vive la République démocratique et sociale ^ ! » Cette proposition et celle de conserver Raisant, également détenu, comme vice-président, furent vivement acclamées*.
Le club resta toujours en communication avec Barbes et réellement sous sa présidence morale.
Le 28. Landolphe fit part à l'assemblée d'une visite qu'il
I. Vraie République, 3o mai. Dans sa réponse {Vraie République, 5 juin). Barbes exprimait des sentiments anti-bourgeois : « ...Vous êtes, dit-il, une des plus pures voix de la Révolution et du devoir, qui me dit : « Frère I la u route que tu suis est bonne ; persévère, nous sommes contents de toi. » Et vous le serez toujours, frères, s'il plaît à Dieu I Qu'importent quelques injures, quelques souffrances de plus ! Dans les cachots comme ailleurs la vérité est la vérité. Je la confesserai constamment; heureux, si j'ose ainsi dire, d'expier quelque peu en ma personne les torts que la classe à laquelle j'appartiens, cette caste bourgeoise dont vous caractérisez si bien l'égoïsme, a envei's le bon droit et le peuple. »
3. Réforme, 37 mai (édit. du matin). — Au moment même où le club reprenait ses séances, le citoyen Goldsmid publiait, dans La Réforme (25 mai, édit. du matin), un appel pour réorganiser le club de la Révolution. Il annonçait son intention de louer en son nom un local pouvant contenir deux à trois cents personnes, où tous les jours il y aurait cercle ; un salon serait affecté à la lecture des journaux et réservé aux membres du cercle qui serait constitué dès que cinquante membres seraient inscrits. Cinq d'entre eux rédigeraient le règlement. Pour faire partie du cercle on s'adresserait au secrétaire qui transmettrait la demande au bureau. La cotisation mensuelle était fixée à 5 francs. Ce projet ne paraît pas avoir eu de suite.