‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 207 sur 246 · CHAPITRE CnolIKME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CnolIKME

tronçons et débris de la Société républicaine centrale, mais non héritières de la pensée et de l'influence de Blanqui. ne pouvaient rivaliser avec le club de la Révolution.

Celui-ci, d'ailleurs, était renforcé par quelques membres de la Société républicaine centrale et de divers autres clubs avancés ; la présence de ces nouveaux venus accentuait le caractère socialiste du club ; bénéficiant, dautrc part, de la popularité de Barbes, il devenait le principal centre du mouvement démocrate-socialiste. Les clubs de province sollicitaient l'honneur de lui être affiliés ' ; et bientôt, les demandes d'affiliation

Récollets. Une note du ministre de l'Intérieur (Commission d'enqaèle, t. II, p. 97) qualifie ainsi ce club : « Démembrement du club Blanqui. Club anarchique > (Cf. aussi Lucas, Clubs et clubistes, p. 197'. Peut-être ce club, qu'un rapport de police (Commission d'enquête, t. II, p. 196) appelle club central des Travailleurs réunis, rue des Récollets, était-il l'ancien club des Travailleurs, rue des Récollets, présidé en mars par Feuillàtre et dont le vice-président était Croasse (Voix des Chibs. 17 et 22 mars». En tous cas ce club semble avoir été violent ; dès le 29 mai, un rapport de police signale des rassemblements organisés par les affiliés du club de la rue des Récollets, les hommes de Blanqui ayant proposé de se réunir aux ouvriers des ateliers nationaux. Le 2 juin, le rapport dit que, « au club de la rue des Récollets, dont le citoyen Pelvillain, qui vient d'être arrêté, était président, on a fortement engagé les ouvriers à ne pas quitter Paris pour aller travailler en province » [Commission d'enquête, t. II, p. 191 et 197). Mais c'est surtout le club du Peuple, au sujet duquel la note du ministre de l'Intérieur (Id., t. II, p. 97) s'exprime ainsi : « Démembrement du Club central républicain. Opinions anarchiques », qui semble constitué parles débris de la Société républicaine centrale. Il était présidé par Esquiros, ses vice-présidents étaient Lachambeaudio et De Flotte ; Feuillàtre, Béraud, Loroué, Fomberteaux fils en étaient secrétaires ; Marche, Javelot, Pétremann, Thomassin, etc. étaient membres du bureau {Accusateur public, n" du 21 au 25 juin. Cf. aussi Lucas, Clubs etclubistes, p. 188; AJfiches rouges, p. 248-9). C'était bien l'ancien personnel de la Société républicaine centrale; selon l'expression de Bouton iProfds révol., p. 129), Esquiros « recousul les tronçons de la Société répubUcaine ». Mais ce n'est que le 17 juin que ce club fut ouvert (Cf. Démocratie pacifique et Représentant du Peuple, 17 juin ; Accusateur public, n° du 21 au a5 juin), peu de jours avant l'insurrection de juin qui fit fermer tous les clubs.

I. Le 25 mai, le club démocratique d'Autun [Travail, a8 mai), le 9 juin, le club révolutionnaire de la Nouvelle-Orléans {Id., n" du 11 au iSjuin), le 16 juin, le club du Peuple souverain de Bagnols fGard) [Id.. n» du 18 au 3 1 juin; demandaient à être aftlliés au club de la Révolution.

devinrent si nombreuses qu'une commission fut nommée pour présenter à chaque séance un rapport à ce sujet K C'est à la barre du club de la Révolution que Ton venait aussi, comme au foyer même de la démocratie, se justifier et demander un appui -.

La crise qu'il venait de traverser, les adhésions de membres nouveaux, venant de clubs plus avancés, donnaient sans doute au club de la Révolution une attitude plus révolutionnaire. Cependant les éléments modérés prédominaient encore. La politique, la tactique du club resta toujours sensiblement la même. Pas de violence inutile, guerre à la réaction, mais non au Gouvernement républicain, union de tous les socialistes, union avec tous les républicains même, tel fut le programme du club de la Révolution, telle son attitude, au cours des nombreux événements du mois de juin. Les discussions du club allaient en effet refléter la variété des événements. On ne conspira pas, on ne suivit pas dans l'ombre un plan déterminé, on discuta publiquement et sans suite toutes les questions du jour. Les principales furent : les élections complémentaires de juin, le banquet populaire, la loi contre les attroupements, les menées bonapartistes.

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