‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 230 sur 246 · CHAPITRE CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIEME

vogue des clubs était tombée ; ils avaient perdu leur importance et leur succès.

Les quelques traces que nous avons relevées de l'existence du club de la Révolution montrent ses vains efforts pour subsister; les journaux amis voulaient bien l'appeler ( ancien club de la Révolution », il était présidé par Hervé, membre en juin du club de Barbes, quelques autres anciens membres venaient aux séances, mais ce n'était pas là une réunion comparable à l'ancien club. Pour échapper aux dispositions de la loi il se transforma en réunion électorale et ne revendiqua même plus le nom de club ; puis, quand la période électorale fut finie, il discuta les questions d'organisation sociale à l'ordre du jour, mais les quelques anciens membres du club qui venaient à ces réunions étaient, pour la plupart, des personnages secondaires, la persécution ayant décimé l'ancien personnel, et les personnages importants restés en liberté ne s'inté ressaut, en général, plus à la réunion i. D'ailleurs le club n'avait plus un personnel constitué ; pour assister à une séance on retirait des cartes au siège de diverses organisations démocrates-socialistes ^, ce qui devait supprimer les formalités de présentation : les convocations pour les réunions s'adressaient non-seulement aux anciens membres du club, mais à tous les démocrates-socialistes ^ ; enfin la loi exigeant qu'un quart des places fût réservé aux citoyens étrangers au club, les réunions étaient ouvertes à tous, et, en fait, les orateurs n'étaient pas toujours des membres du club, mais des orateurs de réunions publiques qui prenaient alors la parole dans les diverses réunions populaires. Les discussions de l'ancien club de la Révolution ne représentaient donc plus l'opinion d'un club ; c'étaient des débats contradictoires, n'aboutissant à aucune conclusion, à aucun vote.

1. Thoré, élu vice-président du club (Peuple, i- décembre), semble, en fait, n'y avoir joué aucun rôle.

2. République, 17 et 19 décembre; Révol. dém. et sociale, 19 et 22 décembre, etc.

3. République. 2a et 2G septembre, 4 janvier; Hévol. dém. et sociale, 19 et 2 3 décembre, etc.

De plus, ils n'avaient plus aucun retentissement ; ils étaient sans action et sans influence : la grande ardeur politique de i848 était éteinte, les clubs nintéressaient plus le public et ne jouaient plus aucun rôle.

Tandis qu'au printemps de 18A8 le club de la Révolution et la Société républicaine centrale étaient des représentants caractéristiques de l'opinion avancée, désormais le club avait perdu toute importance et se bornait à répéter, sans rien y ajouter d'intéressant ou de nouveau, les idées du jour ; ce n'était plus qu'un écho sans portée. De plus, changeant sans cesse de nom avec le local de ses séances, se transformant en réunion électorale, sans personnel fixe, obligé de faire des déclarations d'ouverture ', se réunissant quand les circonstances et la rigueur de la police le lui permettaient, sans lien entre ses séances, il n'avait sous aucun rapport ce caractère de permanence, de relations suivies qui constitue le club ; continuation purement nominale du club de la Révolution, la réunion n'avait aucune ressemblance avec le club brillant et actif des premiers jours.

Il est même difficile d'en reconstituer l'histoire, car les persécutions de police l'obligeant à changer fréquemment de local, son nom variait souvent, et les locaux successifs où il se réfugia abritaient en même temps que lui d'autres réunions, qui portaient alors le même nom '-.

La réouverture eut lieu au début de septembre ^ sous le nom de club Saint- Jean, et sous la direction de Longepied, Delcscluze et Cornille *. Le 16^, le club se transporta au Salon de -Mars, rue du Bac. et fut désormais présidé par Hervé. Dès le 20,

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