CHAPITRE PREMIER
Ces quelques renseignements, les seuls que nous ayons pu recueillir sur l'aspect des séances du club de la Révolution, ne suffisent point pour nous faire une idée exacte de la physionomie de la réunion : ils permettent cependant de voir que le club de Barbes, comme celui de Blanqui. ne sut pas organiser ses séances avec ordre et méthode.
Aussi, malgré le talent et la valeur de beaucoup d'entre eux, les membres de ces clubs ne faisaient-ils que prononcer des discours plus intéressants qu'efficaces : c'est qu'ils n'avaient point l'habitude des réunions publiques. Tandis que dans la première Révolution, le club des Jacobins avait du son influence à sa forte organisation, les hommes de i848, jetés dans la politique au lendemain des journées de Février sans qu'aucune éducation antérieure les y préparât, improvisèrent des réunions qu'ils animèrent de leur enthousiasme, mais auxquelles ils ne surent donner ni programme politique ni organisation véritable, et qui se bornèrent à être des tribunes populaires, sans parvenir à jouer le rôle décisif qui pouvait leur sembler destiné.