‹ Les clubs de Barbès et de Blanqui en 1848Chapitre 76 sur 246 · CHAPITRE DEUXIEME DO · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME DO

magistrature; un seul citoyen s'opposa à ce vote, au nom de l'inamovibilité des charges. Mais c'est la haine pour les magistrats de la monarchie, plus que l'hostilité contre le principe de l'inamovibilité des charges', qui faisait agir les membres de la Société républicaine centrale"-.

Aux rancunes des républicains de la veille contre leurs persécuteurs d'hier, les membres de la Société républicaine centrale joignaient des haines de classes, des sentiments antibourgeois ; ces préoccupations leur lirent demander l'armement des ouvriers non établis et salariés '^, mesure qui devait avoir pour eux le mérite de constituer une force populaire et de fournir un gagne-pain aux ouvriers sans travail K Blanqui

1. L'inamovibilité fut d'ailleurs abolie par un décret, le 17 avril.

2. Des sentiments analogues se manifestèrent au club de Blanqui contre d'autres serviteurs de la monarchie. Le 20 mars (Voix des Clubs, 22 mars;, le citoyen Castelnau proposa « que les 9.23 députés satisfaits qui ont soutenu le ministère Guizot dans ses attentats contre la patrie soient déclarés inhabiles à siéger sur les bancs de l'Assemblée nationale ». L'initiative de celte mesure était due au club de l'Émancipation des Peuples (Commune de Paris, 23 marsj ; mais la proposition intéressa vivement la Société républicaine centrale ; le citoyen Bonnias fut même d'avis « d'adopter la proposition en y adjoignant les pairs de France, les juges, les préfets, les sous-préfets

et autres fonctionnaires, ayant plus ou moins directement participé en qualité de complices aux crimes des ministres déchus ». D'autres trouvaient la mesure inutile ; quand bien même les 325 députés satisfaits oseraient se présenter aux suffrages des électeurs, le peuple ne permettrait pas leur retour au sein des assemblées législatives, dit l'un ; un autre prétendit qu'il ne fallait pas traduire devant les tribunaux les pairs de France et les fonctionnaires, « complices et instruments du système qui a pesé si longtemps sur la France », la République, après avoir montré sa mansuétude, ne devant point donner prétexte à dos accusations de vengeance et de proscription. L'assemblée hésitait encore, quand Blanqui intervint. Il soutint la proposition de déchéance, montra les royalistes se livrant à « des actes contre-révolutionnaires tels que l'indulgence n'est plus permise à ceux qui mettent au-dessus de tout le salut de la République ». La proposition Castelnau, avec l'amendement Bonnias, fut alors adoptée.

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