CHAPITRE DEUXIÈME
elle reprochait au Gouvernement « les choix déplorables des commissaires envoyés dans les départements, accusés de modérantisme 1 ; le maintien de la magistrature^ ; l'écartement systématique des vieux patriotes ; le désarmement des combattants des barricades ; l'appel à Paris des troupes soldées ; la formation d'une garde urbaine, réorganisation de la garde municipale 3 ; et enfin la convocation précipitée des comices électoraux )). Le 12 au soir*, deux délégués de la Société républicaine centrale soumirent à la Société des Droits de l'Homme le projet de présenter cette adresse au Gouvernement'"'. Le iS^', deux délégués de la Société républicaine centrale soumirent au club
1. Dans le texte publié par La Commune de Paris du I'^ mars (compte rendu de la séance du 12 mars de la Société des Droits de l'Homme, adresse proposée par la Société républicaine centrale) ne figurent pas les mots : « accusés de modérantisme ».
2. Le texte publié par Ln Commune de Paris (i4 mars) porte : « le maintien de la magistrature et des fonctionnaires de Louis-Philippe ».
3. Le texte publié par La Commune de Paris f'i4 mars) porte : « la menace de formation d'une garde urbaine, résurrection sous un autre nom de la garde municipale ».
4. Commune de Paris, i4 mars. — La Société républicaine centrale tenant au début ses séances du dimanche dans l'après-midi (cf. ci-avant, p. 3o), il était facile de présenter l'adresse à la Société des Droits de l'Homme le jour même où elle avait été votée par la Société républicaine centrale.
5. Le i3 (Commune de Paris, i4 mars), la Société des Droits de l'Homme examina les griefs formulés contre le Gouvernement par la Société républicaine centrale. « Sur la question du mauvais choix des commissaires et sur le maintien de la magistrature de Louis-Philippe », elle déclara le blâme « mal fondé et inopportun ». « Sur la question du désarmement des patriotes », la Société républicaine centrale n'ayant point précisé de faits, et divers citoyens ayant déclaré qu'on n'avait désarmé personne, « la question est écartée ». « Quant à la formation de la garde urbaine, après un vif débat la solution de la question est ajournée comme n'étant point suflîsamment éclairée. » (Le 1 4 et le iG (Commune de Paris, i5 et 17 mars) le club déclara qu'il ne devait pas y avoir à Paris de garde de police armée, mais une garde de police dépendant de l'autorité municipale et armée seulement pour la défense.) Le compte rendu ne mentionne point la discussion des autres griefs formulés par la Société républicaine centrale. Nous savons cependant que la Société des Droits de l'Homme se rallia à la proposition en faveur de l'ajournement des élections, car. à la séance du i4 (cf. Commune de Paris, i5 mars), un membre demanda que, « dans le cas où les clubs ne s'entendraient pas, la Société des Droits de l'Homme fasse seule la manifestation, sans s'arrêter à l'opinion des autres clubs ».