Structure des Pléopodes 1 chez les Crinocheta
a) La coaptlation des endopodiles 1 chez Deto echinata. — Les endopodites 1 sont accolés au niveau de leur partie proximale renflée. Chaque basipodite émet ventralement un lobe .foliacé dont la majeure partie est soudée à l’endopodite.
Une série de coupes transversales intéressant la zone de contact des deux endopodites met en évidence une coaptation très voisine de celle d'Oritoniscus. Chaque endopodite présente du côté interne une encoche profonde délimitée par deux expansions en forme de condyles recourbés dont la plus développée est l'expansion dorsale. Le condyle dorsal de l’endopodite droit pénètre dans l’encoche de l'endopodite gauche et se trouve donc enserré entre les deux condyles de cet article. Réciproquement le condyle ventral gauche pénètre dans l’encoche droite. Chez d’autres individus la disposition est inversée : c'est le condyle dorsal gauche qui pénètre dans l’encoche droite (fig. 4c et d).
Ces condyles représentent la section de deux lamelles faisant saullie sur la face interne de chaque endopodite. La lamelle dorsale, la plus développée épousant à la base le bombement de l’endopodite, est ensuite rectiligne et diminue graduellement d’épaisseur pour finalement disparaître au voisinage de la naissance de la gouttière spermatique. Elle correspond à l’étirement de l’angle dorsal interne de l’endopodite. La lamelle ventrale, beaucoup moins développée, n’est présente que le long de la partie bombée proximale de l’endopodite. Elle s’efface au niveau de la séparation de l’endopodite et du lobe foliacé terminal du basipodite.
Les lamelles droites. et gauches sont de toute évidence des formations symétriques. Elles offrent deux à deux des sections parfaitement semblables à partir du niveau où les deux endopodites ne sont plus en contact (fig. 4e). Par contre le long de la partie coaptée existe une dissymétrie très nette : le condyle encastré dans l'encoche située en face de lui est beaucoup plus déformé que son homologue qui le recouvre, exception faite dans la partie proxi-
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male où, la coaptation étant lâche, les condyles sont symétriques.
Comme chez Oriloniscus on distingue, de l’avant à l'arrière, trois zones. Une zone proximale où les condyles, plus ou moins rectilignes et perpendiculaires au bord interne des endopodites,
Fig. 4. — Delo echinala Guérin. ACCROCHAGE DES ENDOPODITES 1 (Coupes transversales). Mêmes notations que figure 2 (X 96 pour a, b, e) (X 190 pour c, d. q, f).
sont simplement emboîtés sans déformation dans l’encoche médiane. Il s’agit là d’une coaptation par engrenage (fig. ka).
Une zone médiane où le condyle dorsal, fortement recourbé et engagé dans l’encoche située vis-à-vis, présente une tête beaucoup plus large que le pédicelle qui le relie à Particle. Il s’agit là d’une coaptation par assemblage (fig. Ac).
Enfin une zone distale où le condyle ventral s’etface. L’un des condyles dorsaux pénètre dans une encoche creusée dans le con-
tn —
dyle symétrique, du côté ventral. Il s’agit de nouveau d’un simple engrenage des deux articles (fig. 4d).
Les basipodites T sont soudés dans leur partie proximale. Dans leur partie distale leurs faces internes, planes, sont aceolées l'une à l’autre dans le plan médio-ventral, réalisant une coaptation par juxtaposition. Par contre, l'angle dorsal interne de ces articles qui fait saillie sous la forme d’un condyle peu développé, ne participe pas à la soudure. Celle-ci affecte uniquement la partie ventrale des basipodites au niveau correspondant à la juxtaposition des faces internes dans les coupes postérieures.
b) Structure des pléopodes 1 chez les genres voisins. — L'étude de la structure des endopodites et des basipodites de la première paire de pléopodes chez les genres Scyphax et Armadilloniscus appartenant, comme Deto, à la famille primitive des Scyphacideæ révèle des dispositions anatomiques intéressantes.
a. Chez Scyphax ornalus les basipodites 1 sont séparés. Les endopodites 1 sont, comme chez Deto, renflés dans leur partie proximale. Une série de coupes transversales intéressant cette zone montre que chaque endopodite émet du côté dorsal une expansion massive en forme de condyle tout à fait comparable à ce qu’on trouve chez Deto echinata au niveau faisant suite à la partie coaptée. Mais, contrairement à ce qui se passe chez cette espèce, il n'y a pas de coaptation : les endopodites restent entièrement séparés (fig. 5a).
Ce condyle représente la section d’une lamelle constituée par l’étirement de l’angle dorsal interne de l’endopodite. Parfaitement homologue de celle qui a été décrite chez Deto, elle est plus éten-: due que chez ce genre ; elle s’efface au niveau de la partie moyenne de l’apophyse génitale, et reparaît au voisinage de la pointe de celle-ci, au delà de l'extrémité du bouclier. Dans cette région elle contribue avec la lamelle latérale ventrale à envelopper la partie terminale du corps de l’apophyse génitale.
L'examen des coupes intéressant uniquement les basipodites montre que l’angle dorsal interne de cet article fait également saillie sous la forme d’un condyle très développé. Les deux condyles antagonistes se frôlent mais aucune coaptation n'intervient (fig. 50).
8. Armadilloniscus candidus. — La structure des basipodites I est très voisine de celle qu'on observe chez Deto. Les deux articles symétriques sont rendus solidaires par la soudure de leur base.