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CHAPITRE II. — COAPTATION D’ACCROCHAGE DES ENDOPODITES

Les pléopodes de la r"° paire sont rendus ‘solidaires au voisinage de leur insertion chez de nombreux Oniscoïdes par des dispositions diverses dont certaines, reliant la partie proximale des endopodites symétriques, sont des coaptations typiques. Ces dispositions ana-

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BULL. BIOL., fasc. 3, 1946, 19

tomiques ont échappé à tous les carcinologistes qui ont étudié les Oniscoïdes, faute d’avoir effectué des coupes transversales sériées de ces organes.

Je n’ai observé cette coaptation que chez certaines formes de Trichoniscidæ et chez le genre Deto parmi les Crinocheta, mais l’étude des formes voisines n’a révélé des faits intéressants capables d'éclairer le problème de l'évolution de cette coaptation.

J. — Etude anatomique.

1. — La coaptation des endopodites 1 chez les Trichoniscidæ. a) Description de la coaptation chez Oritoniscus flavus B. L. — Si on prend quelques précautions en prélevant les endopodites x

. chez cette espèce, on constate qu'ils demeurent accolés l'un à

Fig. 2 — Oritoniscus flavus B. L. ACCROCHAGE DES ENDOPODITES 1 (Coupes transversales). ap : apophyse génitale; cd : canaux déférents; en : endopodites 1 (article basal); /d : lamelle latérale dorsale; /: : lamelle latérale interne (a etb : X 190; c à g : X goo).

l’autre. Si on les sépare à l’aide d’une-aiguille on peut observer, le long du bord interne de Particle basal triédrique, l'existence d’une

mince lamelle transparente doublant le bord sur presque toute sa longueur. :

Examiné en coupes transversales sériées, l'ensemble des deux articles révèle une coaptation rémarquable. L’angle dorsal interne de chaque endopodile est découpé en deux lobes par une échancrure médiane. Le lobe dorsal de l’endopodite droit vient s’appliquer étroitement sur la face dorsale du lobe symétrique tandis que celui-ci se loge dans l'échancrure médiane droite. L’échancrure gauche reçoit le lobe ventral droit recouvert du côté ventral par le lobe symétrique. Dans les coupes voisines de linsertion endopodite-basipodite les lobes sont de simples dents qui s’engrènent sans déformation. Il s’agit là d’une coaptalion par engrenage (fig. 20). Dans les coupes plus distales les lobes qui pénètrent dans l’échancrure médiane ont l'aspect de crochets à tête plus large que le pédicelle qui les relie à l’endopodite. Il est visible qu'ils ne peuvent plus se dégager. La coaptation est donc définitive dans l'intervalle des mues : il s’agit là d’une coaptation par assemblage (fig. 2c). Dans les coupes encore plus distales la coaptation redevient une simple coaptalion par engrenage (fig. 2d). Au delà, les endopodites n'étant plus en contact sont parfaitement symétriques. L'échancrure médiane persiste sur une très faible longueur (fig. 2e, f, g). À l'extrémité distale ce sont deux angles internes en forme de condyles arrondis qui se font face. Chez certains individus l’engrenage est inversé : c’est le lobe dorsal gauche qui recouvre son symétrique. Corser a décrit le même phénomène d'inversion de la coaptation chez les insectes.

L’examen des coupes intéressant les basipodites montre que dans la partie distale de ces articles existe une coaptation par emboîtement : l’un des basipodites présente un angle dorsal interne arrondi entrant en contact avec une légère dépression de la face interne de son symétrique. Dans les coupes proximales il y a simple juxtaposition de deux surfaces planes.

b) Genres voisins. — J'ai retrouvé cette coaptation chez toutes les espèces du genre Oritoniscus et également chez Phymatoniscus et Trichoniscoides, genres que VanpeL (1943) donne comme les termes les plus évolués d’une première série de Trichoniscidæ établie d’après la forme de la première paire de pléopodes des mâles.

c) Genres primitifs. — Chez les premiers termes de cette série :

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Alpioniscus, Tilanethes, Hyloniscus l'examen des coupes transversales des endopodites 1 révèle un simple antagonisme sans contact des angles dorsaux internes, analogue à celui qu’on observe dans la partie distale des endopodites 1 d’Oritoniscus. Chez Titanethes cette saillie de l’angle dorsal interne des endopodites qui concourt à l’enveloppement de l’apophyse génitale est le simple prolongement d’une saillie analogue des basipodites.

d) Genres évoluës. — Chez Trichoniscus (Spiloniscus) provisorius Rac. J'ai retrouvé la même coaptation que chez Oritoniscus.

Fig. 3. — ACCROCHAGE DES ENDOPODITES 1 (Coupes transversales). a. Trichontscus provisorius Rac; b. Androniscus dentiger Verh. [d : lamelle latérale dorsale.

La zone de coaptation est cependant moins étendue et il s’agit d'un simple engrenage des deux angles dorsaux internes dont un seul présente une échancrure médiane (fig. 3a).

Chez Androniscus dentiger Verhoeff sur presque toute la longueur du bord interne de l’article basal l’angle dorsal affronte simplement son symétrique sans qu’il y ait contact. Cependant un peu au delà de l'insertion basipodite-endopodite l'angle dorsal de l'un des articles recouvre son symétrique qui pénètre dans une faible encoche située à la base de ce dernier (fig. 36). Il s'agit là d’une amorce de coaptation par engrenage. Au niveau des basipodites il y a simplement juxtaposition de deux surfaces planes.

Chez Haplophthalmus daunicus B. L. et tous les Japlophthal-

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minæ les angles internes des endopodites sont simplement juxtaposés sans contact. Par contre les basipodites 1 sont soudés sur presque toute leur longueur. Il en est de même chez Miktonrscus (PI. II, fig. 6a).

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