‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 24 sur 74 · I. — Mode de fonctionnement de la coaptation · texte numérisé non relu

I. — Mode de fonctionnement de la coaptation

D’après les hypothèses que nous avons émises au sujet de la copulation des Oniscoïdes comment pouvons-nous nous représenter l'effet de la coaptation d'accrochage des endopodites 1 lors de l'érection de ces organes.

La solidarité des endopodites 1 à l'état de repos ne peut que se maintenir lors de l’érection puisque dans la plupart des cas (Oritoniscus, Phymatoniscus, Trichoniscoïides, Delo) il s’agit d’une coaptation par assemblage. D'ailleurs le mouvement des endopodites étant simultané :l est probable que, même dans les cas de simple eugrenage partiel { Trichoniscus, Androniscus), les deux articles doivent demeurer en contact l’un de l’autre.

L’apophyse génilale, étant ventrale par rapport aux endopodites et reposant dans la rainure délimitée par les faces internes de ces articles, est entrainée par le mouvement de rotation des endopodites. Il lui est impossible en effet de glisser entre ces deux articles soudés du côté dorsal.

La position relative des trois organes est donc conservée pendant l'érection telle qu’elle se présentait à l'état de repos. L’orifice terminal de l’apophyse se trouve ainsi au niveau du fouet terminal de l’endopodite 1 auquel s’accole le stylet effilé de lendopodite 2. Le sperme, dont l’éjaculation coïncide certainement avee l'érection des organes copulateurs, peut ainsi enduire simultanément les endopodites 1 et 2, droits et gauches, grâce aux soies rayonnantes qui entourent l'orifice du canal éjaculateur.

Cette coaptation d'accrochage fonctionne donc exactement de la même façon que la coaptation apophyse génitale-endopodites 71. Or elle existe précisément chez les espèces où l’apophyse génitale, dépourvue de bouclier, est simplement coaptée par juxtaposition avec les endopodites r dépouivus de lamelles latérales ventrales, c’est-à-dire chez les espèces où la solidarité des trois organes ne pourrait être maintenue lors de l'érection des endopodites 1.

Il est même remarquable de constater que chez Androniscus la

coaptation d’accrochage des endopodites 1, très réduite et localisée à la base de l’endopodite, coexiste avec une coaptation également réduite de l’apophyse génitale et des endopodites 1 localisée au voisinage de l'extrémité de l’article basal de l'endopodite. I y .a donc dans ce cas coordination de deux coaptations partielles assurant la solidarité des trois organes lors de l’érection des endopodites 1.

Chez Trichoniscus la coaptation d’accrochäge des endopodites 1, bien que réduite, n’est pas doublée par une coaptation partielle de l’apophyse génitale et des endopodites 1. Or il s’agit de formes très petites et il est probable que la tension superficielle du sperme suffit à maintenir assemblés les appendices copulateurs extrêmement fins pendant toute la durée de l’éjaculation.

Chez les Æaplophthalminæ a coaptation très réduite entre l’apophyse génitale et les endopodites r coexiste avec une soudure étendue des basipodites 1. Celle-ci assure une solidarité parfaite des stylets copulateurs pendant l'érection et entraîne l’apophyse génitale tandis que la coaptation apophyse endopodites 1 maintient l’orifice. du canal déférent au niveau de la gouttière des endopodites.

La soudure des basipodites, encore étendue et suffisante pour assurer la sélidarité des trois organes chez les Crinocheta inférieurs (Deto, Armadillonisceus, Halophiloscia), est considérablement réduite chez les Crinocheta supérieurs où la perfection de la coaptation apophyse génitale-endopodites 1 suffit à maintenir la solidarité des trois, organes pendant toute la durée de l’éjaculation. |

Nous devons voir dans celte substitulion d’une coaptation à une autre, dans la coordinalion de coaptations partielles, de même que dans lexistence d'une troisième disposition anatomique (soudure des basipodites) à mode de fonctionnement identique, une preuve non négligeable de l'importance du rôle qu’elles Jouent. Cette importance paraît d'ailleurs trouver une autre confirmation dans la présence constante de l'une ou de l’autre de ces coaptations chez les ÆEuoniscoïdea, c’est-à-dire chez l'immense majorité des Isopodes terrestres el les mieux adaptés à la vie terrestre. |

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