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Rétention de l’Appendix masculina chez les Crinocheta

a) Description de la coaptation chez Porcellio dilatatus. — L'endopodite du 2° pléopode se compose chez cette espèce, comme chez tous les Oniscoidea, de deux articles. L'article basal est court, . Particle distal est très long, régulièrement effilé, et se termine par une tige fine et fragile. Les deux endopodites symétriques sont accolés à la position de repos.

L’exopodite du 5° pléopode ‘est fortement dissymétrique chez les deux sexes. Il a grossièrément la forme d’un triangle rectangle. Son bord interne est parfaitement rectiligne chez le mâle, légèrement bombé chez la femelle. Sa face dorsale est sillonnée chez les deux sexes par trois crêtes : deux crêtes transversales délimitant une dépression occupant la moitié antérieure de l’exopodite, et une crête longitudinale, parallèle au bord interne, s’étendant du bord proximal à la pointe. La pente externe de cette crête et le bord distal de la dépression sont couverts de soies fines, rayonnantes, disposées en petits paquets d’une dizaine environ; les soies d’un même paquet s’insèrent l’une à côté de l’autre sur une fine crête -rectiligne ou légèrement arquée, orientée perpendiculairement au plan médio-ventral de l’animal, et divergent légèrement, d’où le nom de « Strahlenhaare » que leur a donné Veruoërr (1920). Ces soies sont également abondantes tout le long du bord interne de l’exopodite. Elles existent d’ailleurs sur d’autres appendices du pléon, également sur l’apophyse génitale. On les rencontre chez la plupart des familles des Oniscoïdea.

Chez la femelle la crête longitudinale est très peu marquée, au delà, du côté interne, l’exopodite se termine en biseau. Chez le mâle la crête longitudinale est beaucoup plus saillante et la bande marginale est creusée en gouttière. Sur toute sa longueur le sommet de cette crête émet une pellicule chitineuse, mince et transparente, rabattue vers l'intérieur. Le bord interne de l'exopodite émet une pellicule semblable mais rabattue en sens inverse et en partie recouverte par la pellicule submarginale (fig. 9).

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L'ensemble de ces deux pellicules ferme la gouttière marginale, la transformant en un tube. Dans ce tube se loge à l’état de repos l'extrémité fragile de l’endopodite 2. La pointe de ce dernier parvient rarement jusqu’à l'extrémité du tube : chez les mâles de forte taille notamment, elle parvient seulement jusqu'aux 2/3 du tube.

L'examen des coupes transversales sériées de l'exopodite 5 confirme les détails mis en évidence par l’examen 17 toto.

L'exopodite se présente comme une lamè ne comprenant que

Fig. 9. — RéTENTtON DE L'appendix masculina chez les Crinochela. a : Halophiloscia Couchir; b : Porcellio dilatatus Brdt; c : idem (Coupe transver-

sale); pm : pellicule marginale; ps : pellicule submarginale; cs : crête submarginale.

deux couches de cellules : une couche ventrale et une couche dorsale. La chitine est beaucoup plus épaisse sur la face dorsale. La crête submarginale apparaît presque entièrement formée par un épaississement de la chitine dorsale. L’hypoderme sous-jacent n’est que légèrement soulevé. La pellicule submarginale qui se détache de la crête est entièrement chitineuse. Le bord interne de l’exopodite est arrondi et il s’en détache du côté dorsal une pellicule, également entièrement chitineuse, rabattue sur la légère concavité marginale, séparant la crète du bord interne (fig. gc).

L'étude de cette coaptation sur l’exopodite in toto doit être faite à l'état frais : après un séjour prolongé dans l'alcool les minces

pellicules obturantes se collent à fa surface de la bande marginale ; On ne distingue plus qu’une gouttière consécutive à l'existence de la crête submarginale. C’est cette gouttière qu'a décrite Vernorrr sous le nom d”’ « Innenrandlängsrinne » (1920)en lui donnant pour fonction d’amener l’eau recueillie par capillarité entre les éndopodites des uropodes jusqu’à lappareil filtrant constitué par les paquets de soies rayonnantes. Si on admet que le trajet suivi par l’eau est marqué par la présence de ces soies, qui peuvent en effet arrêter les corps étrangers et protéger les endopodites respiratoi res, l'interprétation de Veruoerr est inadmissible, mise à part son erreur au sujet de la structure du bord interne. En effet les parois internes du tube marginal ne présentent aucune soie. Celles-ci sont . uniquement réparties à l'extérieur du tube, jusque sur la face externe des pellicules obturantes, mais principalement le long du. bord interne de l’exopodite et sur la pente externe de la crête submarginale. Il est donc beaucoup plus plausible de considérer que l’eau provenant du « Wasserbahn » des uropodes s’écoule de part et d'autre du tube. D'ailleurs, comme.chez A. dentiger, on peut observer la liaison entre l’endopodite 2 et ce tube en fixant par la chaleur un animal fraîchement tué.

b) £volution de la coaptation chez les diverses familles. — Chez les Scyphacidæ l'exopodite du 5° pléopode, identique chez les deux sexes, ne présente aucun appareil de rétention de l’endopodite 2. Ce dernier peut être très long (Deto echinata) et dépasser notablement l’extrémité de l’exopodite 5.

Chez les Oniscidæ, Halophiloscia couchii, forme archaïque, ne présente qu’un appareil de rétention incomplet ; la crête submarginale est presque inexistante et aucune pellicule ne s’en détache; seul le bord interne de l’exopodite émet une pellicule qui, en se rabattant, recouvre l'extrémité de l’endopodite 2 (fig. 9a).

Chez tous les autres genres la coaptation est analogue à celle que j'ai décrite chez Porcellio dilatatus.

Chez les Porcellionidæ il en est de même. Il faut signaler cependant que chez Æemilepistus, genre désertique, où l’endopodite 2, très court, atteint seulement l'exopodite 3, l'exopodite 5 ne présente aucun appareil de rétention, pas plus d’ailleurs que l’exopodite 3.

L'appareil de rétention est parfaitement développé chez les Armadillidiidæ. La faculté d'enroulement ne paraît pas entrainer

de modifications particulières de cet appareil qui ressemble beaucoup à celui de Porcellio.

Cet appareil était par contre absent chez les Æubelidæ que j'ai pu ‘examiner : Periscyphis convexus B. L.; ÆEubelum lubricum B. L.; Sphærobatytropa ribauti Verh.

Chez les Armadillidæ, l'exopodite 5 d’Armadillo officinalis occupe une position très spéciale; il est presque entièrement caché sous le rebord interne très saillant du baëipodite de l’uropode correspondant. Il ne présente aucun appareil de rétention de l’endopodite 2. La pointe de ce dernier s’engage simplement sous le rebord du basipodite de même d’ailleurs que la pointe des endopodites 1 lorsque l'animal est enroulé ou simplement arqué.

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