‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 34 sur 74 · Travaux antérieurs · texte numérisé non relu

Travaux antérieurs

Ces pinces, et en général toutes les différenciations du 7° péréiopode dont il sera question plus loin ont été abondamment décrites par les systématiciens. Les caractères sexuels secondaires des péréiopode, des mâles constituent en effet, par leur grande variabilité, d'excellents critères pour différencier les espèces.

La pince préhensile du 7° péréiopode d’Haplophthalmus danicus B. L. a été décrite par Vernogrr (1908) et Vannez (1925). La pince d'Androniscus dentiger Verh. par Wisser (1881), VERUOEFr

100 ee

(1908), Brrax (1914) et Vanne (1925). La pince préhensile de Miktoniscus chavesi Dollfus a été signalée par Car (1908) et - VanDeL (1925). J'ai signalé enfin (1942) la pince préhensile de Trichoniscoides cadurcencis furcillatus Legrand. Vanne (1925) considère à Juste titre ces pinces préhensiles comme des coaptations sexuelles.

Si ces formations ont paru jusqu'ici énigmatiques, c'est qu'elles n’ont pas élé placées avec précision dans leur cadre normal, celui des caractères sexœuels secondaires du péréiopode 7, et que les auteurs qui les ont décrites n’ont pas songé à les dissocier en leurs éléments constitutifs, à savoir des caractères sexuels secondaires indépendants portés par deux articles successifs du péréiopode 7. L’anatomie comparée des caractères sexuels si variés présentés par ce péréiopode, en réparant cette faute, nous suggérera une explication rationnelle de l'existence de ces pinces.

2. — Caractères sexuels secondaires du péréiopode 7 des Haplophthalminæ.

a) Description de la pince d'Haplophthalmus danicus (fig. 104). — Chez F1. danicus la pince est constituée par le méropodite et le carpopodite. Le carpopodite présente dans la partie médiane de sa face ventrale un épais bourrelet coiffé d’une forte épine- dirigée obliquement vers la base de Particle et vers l'intérieur. Le bourrelet surplombe une concavité en forme de gorgeret, creusée dans la moitié proximale de l’article. Le méropodite présente, non loin du bord distal, en regard de la différenciation du carpopodite, un angle saillant planté de deux gros tubercules surmontés chacun d’une forte soie dirigée obliquement en sens inverse de l’épine du carpopodite.

b) Différenciations sexuelles du péréitopode 7 chez d’autres genres. — On connaît actuellement une trentaine d'espèces appartenant à la sous-famille des Æ/aplophthalminæ. Chez la plupart le péréiopode 7 des mâles est différencié sexuellement.

Dans un premier groupe d'espèces appartenant au genre Haplophthalmus et à des genres voisins le carpopodite est seul différencié.

Chez Haplophthalmus mengei Zad et 1. menget cottianus Verh. le carpopodite du péréiopode 7 présente un bourrelet situé beau-

io

coup plus distalement que chez //. danicus. Ge bourrelet, qui fait saillie sur la face ventrale de l’article, est coiffé de quelques soies, dont une très longue mais non oblique (fig. rod).

Chez Haplophthalmus teissieri Legrand le carpopodite en. dans la partie distale de sa face ventrale un rebord très saillant,

Fig. 10. — Haplophthalminéæ. 7e PÉRÉIOPONE MALE. à : Haplophlhalmus danicus B. L.: 6 : Cyphotendana liqurina Verh. ; c : 4. delmontensis Verh. (d’après Verh.) ; d': ÆH. menget Zad; f : Cyphonicellus styricus Verh. (d’après Verh.); e: A. perezt Legrand (X 165).

incurvé latéralement, du côté interne, et orné de quatre grosses soies subégales dirigées vers l’arrière.

Chez 1. alernanus Verh. le carpopodite présente également dans la partie distale du carpopodite un fort bourrelet orné de soies subégales, surplombant une dépression de la face latérale interne de l’article.

Chez Cypholendana lijurina Verh. le carpopodite présente un

LES COAPTATIONS SEXURLLES DES ONISCOIDEA 305

très gros bourrelet occupant une position médiane sur la face ventrale de l'article comme chez /7. danicus, mais sans épine oblique, coiffé simplement d’une petite soie oblique (fig. roc).

Chez Cyphotendana dalmazsensis Verh. le bourrelet du carpopodite est simplement moins accentué que chez l'espèce précédente.

Dans un deuxième Len d'espèces c’est le méropodite qui est seul différencié.

Chez Haplophthalmus delmontensis Verh. L’angle distal du carpopodite est à peine plus marqué que chez la femelle. Le méropodite présente par contre de chaque côté de la face ventrale, près du bord distal un tubercule coiffé d’une forte soie analogue à celui d'A. danicus (fig. 1ob).

Enfin dans un troisième groupe d’espèces, auquel appartient I. danicus le nn et le méropodite sont tous deux différenciés sexuellement.

Chez /Zaplophthalmus perest Legrand (fig. 10e) le carpopodite présente un bourrelet distal semblable à celui d’/7. menger. Le méropodite présente un gros tubercule coiffé d’une soie occupant une position beaucoup plus proximale que chez /1. danicus.

Chez Cyphoniscellus styricus Verh., le carpopodite présente un bourrelet distal analogue à celui d’ Haplophthalmus menget, et le méropodite une paire de tubercules, voisins du bord distal, surmontés d'une forte soie dirigée vers le carpopodite (fig. ro/).

En résumé : Chez 1. danicus, lorsque le carpopodite se rabat du côté ventral, l’épine qui coiffe l’extrémité du bourrelet croise la grosse soie interne coiffant l’angle saillant du méropodite. La disposition symétrique des différenciations du carpopodite et du méropodite par rapport à l’articulation de ces deux articles et la proximité de ces différenciations entraine l'existence d’une pince préhensile. Chez Cyphôtendana liqurina seule existe la partie distale de la pince d’ailleurs incomplète puisque l’épine est remplacée par une simple soie.

Chez aplophthalmus delmontensis seule existe la partie proximale de la pince. |

Chez 1. mengei, I. menget cottianus, 11. teissieri, H. alernanus existent tous les éléments de la partie distale de la pince : bourrelet garni de grosses soies et concavité plus ou moms accentuée de la face latérale interne du carpopodite. Mais le bourrelet

pr =

est trop éloigné du méropodite pour servir d’antagoniste à un tubercule du méropodite s'il en existait un, ce qui n’est pas le cas.

Chez /1. perezsi le bourrelet du carpopodite et le tubercule du

méropodite occupent bien une position symétrique par rapport à l’articulation carpopodite-méropodite, mais le rabattement du carpopodite n’est pas suffisant pour assurer le croisement de ces deux différenciations car elles sont trop éloignées de articulation. - Enfin chez Cyphoniscellus styricus tous les éléments de la pince d'A. danicus sont présents mais les deux différenciations, bourrelet et tubercule interne n’occupent pas une position symétrique par rapport à l'articulation carpopodite-méropodite.

3. — Caractères sexuels secondaires du péréiopode 7 chez les Trichoniscinæ.

a) Pince préhensile de Miktoniscus chavest (fig. 114). — Chez cette espèce le carpopodite du péréiopode 7 présente sur sa face ventrale un angle fortement saillant surplombant la moitié proxi-

Fig. 11. — 7 PÉRÉIOPODE MALE. @ : Mikloniscus chavesi Dollfus; b : Trichoniscoïdes cadurcensis furcillatus Legrand (X 96).

male de l’article creusée en forme de gorgeret. La face ventrale du méropochte est très renflée dans sa partie médiane, une forte soie recourbée s’insère sur la face latérale interne au sommet du renfle-

ment. La pointe de cette soie parvient au niveau du gorgeret du carpopodite. L'ensemble de ces deux différenciations, symétriques. par rapport à l’articulation carpopodite-méropodite et suffisamment rapprochées de cette articulation, figure une pince préhensile rudimentaire, voisine de celle d’Haplophthalmus danicus.

Le genre Wiktoniscus par de nombreux caractères se rapproche des /aplophthalminæ, notamment par la forme des appendices copulateurs et, d’une façon générale, de tous les pléopodes. La pince préhensile de ses péréiopodes 7 pourrait figurer dans la série étudiée précédemment à propos des ni à

b) Pince préhensile de Trichoniscoïdes cadurcensis farcillatus. -— Le propodite du péréiopode 7 du mâle présente dans la partie proximale de sa face ventrale une forte apophyse conique coiffée d’une grosse soie. Le carpopodite offre dans sa partie distale une longue soie massive dirigée presque parallèlement à la face ventrale et croisant l’apophyse du propodite. L'ensemble de ces deux différenciations du carpopodite et du propodite figure une pince préhensile (fig. 11b).

c) Pince préhensile d'Androniscus dentiger. — Les mâles de toutes les espèces appartenant au genre Androniscus Verhoeff présentent sur le péréiopode 7 une pince préhensile hautement différenciée constituée par le méropodite et le carpopodite.

Chez Androniscus dentiger par exemple, le méropodite offre sur sa face ventrale une énorme excroissance en forme de dent, doublant presque la largeur de l'article. L'extrémité de cette dent, coiffée d’une grosse soie biarticulée, arrive au niveau du tiers antérieur de l'article suivant (carpopodite). La partie médiane de la face interne de cette dent est creusée sur toute sa longueur, tandis que les bords de celle-ci sont légèrement relevés, ce qui lui donne une forme de cuillère (fig..rr bis a).

Le tiers proximal de la face ventrale du carpopodite est entaillé obliquement et creusé en forme de gorgeret. Le contour distal de cette partie évidée est celui d’un V renversé, souligné par un redent qui fait saillie sur la face ventrale et sur la face latérale interne sous la forme d’un gros bourrelet. La pointe du V se trouve approximativement en regard de lextrémité de la dent du méropodite.

Sur plus de la moitié de la face dorsale du carpopodite s'étend une zone taillée en biseau et légèrement déprimée dans sa partie

médiane. L'extrême base de ce biseau a pour antagoniste un prolongement en forme de dent de la face dorsale du méropodite. Cette dent dorsale du méropodite n’existe pas sur le péréiopode femelle. Sa face interne, arrondie en forme de condyle, pénètre

Fig. 11 bis. — Trichoniscinæ. 7e PÉRÉLOPODE MALE. à : Androniscus dentiger Verh. (X 48); b : Phylloniscus braunsi Purcell (d'après Barnard); c: Vesiotoniseus corsicus Rac. (d’après Rac.); d : Trichoniscus (Stylohylea) fagorum Verh.; e: 7. matulici Verh.: f : T. plitvicensis Verh. (d’après Verh.).

dans la partie déprimée du biseau et s’appuie latéralement, du côté interne, contre une petite saillie.

d) Différenciations sexuelles du pérétopode 7 chez d’autres genres. — On connaît environ 150 espèces européennes réparties dans une vingtaine de genres pour la sous-famille des 7'richontiscinæ. Chez nombre d’espèces le péréiopode 7 des mâles est. différencié sexuellement. sis

Un premier groupe d'espèces, très nombreuses, présentent uni-

Page 1