‹ Les Coaptations sexuelles des OniscoideaChapitre 37 sur 74 · II. — Mode de fonctionnement des pinces préhensiles · texte numérisé non relu

II. — Mode de fonctionnement des pinces préhensiles

Tous les auteurs qui ont étudié ces pinces s'accordent pour dire qu’elles servent au mâle à se maintenir sur la femelle pendant l’accouplement. Il est un fait certain que j'ai vérifié par l’observa-

tion de nombreuses colonies d’Androniscus dentiger, d'Haplophtalmus danicus et d’£luma purpurascens, c’est que ces pinces ne sont jamais utilisées dans d’autres circonstances.

Le péréiopode 7 qui les présente se comporte comme une patte locomotrice ordinaire. Il y à mieux : si on introduit un fragment mince quelconque entre les mors de cette pince, l'animal ne la referme jamais, alors que le réflexe de fermeture est facilement déclanché chez un crabe par exemple par un procédé analogue.

A vrai dire personne n’a observé leur fonctionnement. La copulation des Oniscoïdes n’avait été observée jusqu'ici que par ScHôBz (1880) qui la décrit chez Porcellio scaber en ces termes (p. 130) : « Ils (les mâles) tourbillonnent tumultueusement autour des femelles surtout si celles-ci sont en minorité, et les palpent avec leurs antennes. Finalement la femelle est renversée sur le dos, et, pendant l’accouplement, les deux individus sont placés ventre à ventre. L'accouplement dure relativement très longtemps, souvent plusieurs minutes ; j'ai même observé des exemplaires qui restèrent en position pendant 17 minutes. Il est probable que l’accouplement se renouvelle plusieurs fois dans l’espace de quelques jours ».

Mes observations sur Porcellio lævis confirme les dires de Scuôgz relativement à la position ventre à ventre pendant l’accouplement. Il est probable d’ailleurs que l’accouplement a lieu ainsi chez tous les Oniscoïdes étant donné la position médio-ventrale des orifices femelles. Au cours de cet accouplement les pattes. antérieures, qui présentent chez de nombreuses espèces des brosses de soies acérées ou d'écailles servent au mâle à maintenir la femelle, de même que les pattes médianes. Les pattes postérieures, et principalement la 7°, servent alors de point d'appui permettant au mâle de se soulever lors de l'érection de stylets copulateurs. Le mode de fonctionnement de la pince doit consister à accrocher une aspérité fixe quelconque du corps de la femelle. J'ai essayé de voir quelles étaient les possibilités de prise de ces pinces en les faisant manœuvrer sous le binoculaire. Les résultats semblent confirmer l'hypothèse d'un appui fixe car toutes les pinces décrites, d'ouverture trop faible, sont incapables de saisir une quelconque partie des appendices; par contre l'écartement de leurs branches correspond, avec un jeu suffisant, à l'épaisseur marginale des pleurépimères. C’est donc probablement en s’accrochant au moyen de leur pince à un pleurépimère thoracique de

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