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I. — Développement de la pince préhensile d'H. danicus

Cest à la troisième mue qu’apparaissent les premiers caractères sexuels externes du mâle : les endopodites des 1° et 2° pléopodes se développent sous la forme de stylets courts et biarticulés. L’apophyse génitale est également apparue.

Fig. 17. — DÉVELOPPEMENT DES PINCES PRÉHENSILES, À : Aaplophthalmus danicus, 4e mue; B : Androniscus dentiger, 5e mue; c : idem, 6e mue (X 190).

A ce stade le péréiopode 7 ne présente encore aucun caractère le différenciant du péréiopode femelle.

A la quatrième mue les endopodites 1 s'allongent et présentent au voisinage de leur pointe un début de striation. Les endopodites 2 s’allongent également et leur pointe atteint l'extrémité de l’exopodite du 5° pléopode.

Le péréiopode 7 subit une première différenciation. Le carpopodite présente dans la partie médiane de sa face ventrale un tubercule en forme de tronc de cône coiffé d’une soie courte et oblique s’insérant du côté interne. Du côté externe s'insère une soie ana-

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logue mais au delà du tubercule. Le méropodite est bombé du côté

ventral et présente, chez certains individus, un début d’angle saillant à proximité du bord distal. À ce niveau s’insèrent deux grosses soies sur un léger soulèvement de la surface de Particle, amorce du tubercule de l’adulte (fig. r7a).

A la cinquième mue la pince achève de se différencier. Le carpopodite se creuse en gorgeret tandis que le tubercule médio-interne se prolonge sur la face latérale de l’article par un fort bourrelet. La soie interne coiffant le tubercule est devenue une forte épine tandis que sa symétrique, du côté externe, a à peine changé de taille, En même temps le méropodite offre un angle saillant surmonté, du côté externe et du côté interne, par un tubercule coiffé d'une grosse soie.

Les endopodites des pléopodes 1 et 2 ont également achevé leur différenciation déjà très avancée lors de la mue précédente.

Cest donc à la 5° mue qu’apparaissent tous les caractères de l'adulte, On peut donc la qualifier par le terme de mue de puberté.

IT. — Développement de la pince préhensile chez A. dentiger.

C’est également à la {roistème mue qu’apparaissent les premiers caractères sexuels externes sous forme d’un allongement de l’endopodite 2 accompagné de sa subdivision en deux articles. L’endopodite 1 est simplement un peu plus grand chez le mâle mais de forme identique chez les deux sexes.

Le péréiopode 7 ne présente aucune trace de différenciation.

A la quatrième mue l’endopodite 1 du mâle se distingue très nettement de l’endopodite de la femelle par un étirement longitudinal de Particle basal. L'article distal demeure à l’état de moignon sous la forme d’une grosse soie conique. L’endopodite 2 s’allonge également et son article distal se termine par une pointe effilée. Chez la plupart des mâles examinés le péréiopode 7 ne présentait aucune différenciation. Chez certains [a face ventrale du méropodite apparaît très légèrement bombée.

C’est à la cinquième mue qu’apparaît la première différenciation vraiment nette du péréiopode 7; le méropodite présente sur sa face ventrale une bosse plus ou moins forte suivant l'individu. Le carpopodite offre un léger renflement de sa face latérale interne, presque imperceptible chez certains mâles (fig. 176).

Les endopodites 1 et 2 ne subissent pas de changements nota-

bles, mis à part l’accroissement de taille.

À la sixième mue le méropodite double sa largeur grâce au développement de l’excroissance ventrale. Celle-ci prend la forme d’une dent dont la pointe ne dépasse pas le bord distal de l’article. Le carpopodite présente un début de gorgeret : le bourrelet en forme de V renversé surplombant la partie proximale faiblement déprimée de l’article est nettement visible de profil sous la forme d’un redent qui soulève la face ventrale au niveau du tiers proximal de l’article mais s’étend peu latéralement (fig. 17c).

L'endopodite 1 a la forme d’une pyramide triangulaire coiffée d’un bâtonnet dont le développement est très variable d’un individu à l’autre : chez les individus de petite taille il est très semblable à la grosse soie décrite précédemment; chez les grands individus il est beaucoup plus différencié et se présente sous la forme d’une petite tige renflée à son extrémité en une sorte de fer de lance. L'article distal de l’endopodite 2 présente vers son milieu un renflement latéral interne précédant la partie terminale effilée. C'est à la septième mue que la pince préhensile du péréiopode 7 prend vraiment son aspect caractéristique. La dent ventrale du méropodite s'étend bien au delà de l’articulation méropoditecarpopodite sans toutefois atteindre le niveau du sommet du bourrelet. La forme en cuillère, caractéristique de la dent adulte, est simplement amorcée par un relèvement du bord interne. Le bourrelet du carpopodite est beaucoup plus saillant et s’étend latéralement, tandis que le tiers proximal de l’article présente, de profil, une concavité très nette. Sur la face dorsale de cet article apparaît un léger méplat en regard de l’angle distal arrondi du méropodite. Les endopodites 1 et 2 acquièrent leur forme définitive. C’est à cette mue qu'apparaît, brusquement le disque denté de l’apophyse génitale. |

La présence de spermatozoïdes dans les canaux déférents semble montrer que l’accouplement est possible. Chez cette espèce la mue de puberté serait donc la septième.

A la huitième mue tous les détails précédemment apparus achèvent leur différenciation. Mais au cours des mues suivantes la pince continue d’évoluer : certains détails, tels que la saillie latérale interne du bourrelet, l’enroulement des bords de la dent s’accentuent. Il en est de même du biseau dorsal du méropodite qui

s'étend largement vers l’arrière. Enfin chez les très grands individus la dent du méropodite, sous l'effet d'une allométrie de croissance, augmente plus vite de taille que la différenciation antagoniste du carpopodite et dépasse notablement le sommet du bourrelet.

HI. — Conclusion.

Le développement des formations antagonistes constituant la pince préhensile s'effectue d’une façon entièrement indépendante : les articles les plus modifiés à l’état adulte sont également les premiers différenciés au cours du développement (méropodite chez Androniscus dentiger, carpopodite chez //aplophthalmus danicus).

Les stades de ce développement offrent des aspects voisins des caractères sexuels présentés par l’un ou l'autre de ces mêmes articles chez d’autres espèces. Il est probable que la ressemblance est encore plus grande avec les premiers stades de développement de ces formations. Par exemple : le premier stade du développement du bourrelet du carpopodite chez /1. danicus (fig. 17a), marqué par la présence d’une soie courte annonciatrice de l'épine adulte, est voisin de ce qu'on observe. chez Cyphotendana liqurina (fig. roc). De même le bombement du méropodite d’A. dentiger, lors de la 4° mue, ressemble beaucoup à celui qu’on observe chez T'richoniscus pygmeus (LEGRAND 1942 4, p. 156, fig. 2A), la bosse apparaissant à la 5° mue offre également beaucoup d’analogie avec celle d’Oritoniscus vandeli (LEGRAND 1942 d, p. 409, fig. 2A) ; enfin le carpopodite de Trichoniscus matulici, par exemple, ressemble beaucoup ‘au premier stade de développement du bourrelet d'A. dentiger (6° mue).

Toutes ces ressemblances, qui ne peuvent être fortuites, confirment que chacune des différenciations composant les pinces préhensiles est homologue des caractères sexuels secondaires existant isolément sur le même article chez d’autres espèces.

Enfin la nature indépendante de ces formations antagonistes est confirmée par l’existence chez A. dentiger d’une allométrie de croissance affectant l’une d’elles : la dent du méropodite.

LES COAPTATIONS SEXUELLES DES ONISCOÏDEA 337 ns us ee dd

Conclusion générale de l’étude du développement.

Les coaptations sexuelles observées se développent chez le jeune

dans la phase de la croissance précédant la maturité sexuelle. Leur état parfait coïncide sans doute avec la mue de puberté. , Cependant certaines d’entre elles (appareil d'accrochage de l’appendix masculina, pince préhensile d'Androniscus dentiger:) ne conservent pas cette précision au cours du développement ultérieur : une des deux moitiés de la coaptation présente vis-à-vis de l’autre une allométrie de croissance qui détruit partiellement la coaptation. Chacun des détails complémentaires se forme à proximité de son antagoniste mais de façon entièrement indépendante. Leur ensemble que l’on peut qualifier de formes correspondantes est ensuite transformé en coaptation définitive par moulage réciproque lors de l'entrée en corrélation mécanique des ébauches c'est-à-dire à chaque mue. Le gonflement des organes et le dépôt des strates de chitine font apparaître de nouveaux détails et adaptent les contours.

D’après les résultats de l’étude du ‘mécanisme de formation des coaptations sexuelles, on peut conclure que ces coaptations diffèrent entre elles au point de vue :

1° de la perfection des formes correspondantes fondamentales, c'est-à-dire des détails complémentaires de nature héréditaire qui, par leur union, réaliseront une coaptation;

2° du rôle du moulage réciproque dans la réalisation de la coaptation définitive. |

C’est la combinaison de ces deux facteurs qui commande le mode d'union des pièces. Ce mode d'union est le même que chez les insectes, tel que l’a décrit Corser. J’ai signalé en effet au cours de l'étude anatomique :

a) des coaptations par juxtaposition correspondant à un simple accolement des surfaces planes des organes antagonistes.

Exemple : coaptation apophyse génitale-endopodites 1 chez de nombreux 7richoniscidæ (Oritoniscus, Phymatoniscus, etc...) et chez Deto echinata.

Ce mode d’union correspond à une action prépondérante du contact qui adapte d’une façon précise l’an à l’autre des organes antagonistes de forme quelconque ou grossièrement correspon-

dante ;

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b) des coaptations par engrenage, correspondant à un emboîtement plus ou moins intime des deux organes qui peuvent être facilement désunis.

Exemples : emboîtement des endopodites 1 chez les rie coaptation apophyse génitale-endopodites 1 chez les Trichoniscidæ et Crinocheta inférieurs, partie proximale et distale de la même coaptation chez les Crinocheta supérieurs ; coaptation d'accrochage des endopodites 1 chez Androniscus et Trichoniscus, partie proximale et distale de la même coaptation chez Orttoniscus, Phymatoniscus, Trichoniscoïdes, Delo ; appareil de rétention de l'appendix masculina. Ce mode d’union peut naître à partir des formes correspondantes très diverses : &. Les formes correspondantes qui sont des détails symétriques ne réalisent primitivement aucune coaplation ; exemple : les lamelles latérales dorsales de l’endopodite 1 d’Androniscus et de Trichoniscus ; la coaptation naît entièrement du contact.

8. Les formes correspondantes réalisent premitivement une coaptation grossière ; le rôle du contact, la coaptation définitive reste grossière si le moulage réciproque est faible, exemple : l’emboîtement des endopodites 1 chez les Scyphacidæ, l'appareil de rétention de l'appendix masculina ; par contre si le moulage réciproque joue un rôle important la coaptation est précise, te l’accrochage des endopodites 1, la coaptation apophyse génitale-endopodites 1;

c) des coaptations par assemblage, correspondant à un emboitement définitif des pièces d’une mue à l’autre. Ce mode d’union qui est le plus précis se rencontre dans la partie moyenne de la coaptation apophyse génitale-endopodites r chez les Crinocheta supérieurs et dans la partie moyenne de la coaptation d’accrochage des endopodites 1 chez Oritoniscus, Phymatoniscus, Trichoniscoides, Deto. I naît à partir de formes correspondantes réalisant une coaptation grossière mais le grand développement de chacun des détails correspondants favorise une action prépondérante du contact ;

d) il faut ajouter à cette liste les ue demeurées à l’état de formes correspondantes, le rôle du contact étant nul ; ce sont les pinces préhensiles du péréiopode 7 des espèces étudiées précédemment.

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