RÉALISATION EXPÉRIMENTALE DE COAPTATIONS
L'étude du développement et du mécanisme de formation des coaptations observées nous à révélé :que toute coaptation prend naissance à partir de formes correspondantes réalisant généralement une coaptation grossière qui est dans la plupart des cas, et notamment pour toutes les coaptations précises, considérablement perfectionnée lors de la mue marquant l’entrée en corrélation mécanique des deux ébauches jusqu'ici indépendantes.
Il existe chez les Crinocheta supérieurs de tels détails complémentaires qui sont normalement séparés : si on considère les deux lamelles latérales ventrales des endopodites 1, qui s’unissent normalement à l’apophyse génitale, l’une d’elles constitue, vis-à-vis de l’angle rentrant que forme sa symétrique avec la face latérale de lPendopodite, une forme correspondante. Il s’agit là d’un emboîitement grossier analogue à celui de l’apophyse génitale et des endopodites : le bouclier de l’apophyse génitale est remplacé par la lamelle latérale symétrique. La coaptation d’accrochage des endopodites 1, de même que l’emboîtement des endopodites 1 des S'ceyphacidæ correspondent à un schéma analogue.
Il est possible de rendre jointifs ces détails complémentaires et d'observer ainsi le résultat de leur interaction mécanique : il suffit de prélever l’apophyse génitale et de laisser se développer ou régénérer côte à côte les endopodites 1.
I, — Développement normal des endopodites 1 en l’absence de l’apophyse génitale.
Si on prélève l’apophyse génitale chez des jeunes à la 4° mue, en sectionnant une part importante des canaux déférents de façon qu’elle ne régénère pas, on n’observe pas chez l'individu devenu adulte deux endopodites 1 semblables à ceux que l'étude du développement indépendant nous a révélés. Les lamelles latérales ventrales n’offrent pas en coupe l’aspect de condyles rectilignes à tête régulièrement arrondie mais sont au contraire très diversement déformées d’un individu à l’autre. Il y a donc interaction mécani-
Fig. 18. — Porcellio dilatalus. Interaction des endopodites 1 (X 102).
que des endopodites symétriques, phénomène prévisible jusqu’en l’absence de l’apophyse génitale, ces appendices sont étroitement accolés.
a) Chez certains individus, tandis que l’une des lamelles latérales offre la forme d’un condyle rectiligne, sa symétrique est recourbée en crochet et présente en coupe une encoche et un redent chitineux (fig. 184).
b) Chez d’autres, à une lamelle régulièrement recourbée en crochet fait face un condylé rectiligne présentant une légère amorce de crochet (fig. 18b).
c) Le crochet de l’un des endopodites est plus ou moins bien formé ainsi que l'encoche et le redent mais le condyle symétrique est recourbé en sens inverse à la façon des bords du bouclier à l’'apophyse génitale (fig. 18d).
d) Enfin les deux crochets peuvent être semblables soit simple-
ment amorcés, soit parfaitement constitués, soit tous deux orientés en sens inverse de la normale (fig. 18c).
On peut conclure en premier lieu, à l'examen de ces dispositions variées, que lors de la coaptation normale avec l’apophyse génitale le modelage de la lamelle latérale ventrale de chaque endopodite est bien effet d'une simple pression latérale qui la replie sur elle-même en accordéon. L'absence de retournement du crochet en sens inverse de la normale en présence de l’apophyse génitale montre que le corps de l’apophyse joue le rôle de butoir guidant le rebroussement de la lamelle latérale du côté ventral.
L'existence de nombreuses variations d'aspect des deux lamelles latérales symétriques signifie que l’une des deux peut jouer plus ou moins le rôle d’organe directeur, selon que sa faculté de se déformer ést moins grande ou égale à celle de sa symétrique. Il intervient des différences, qui ne peuvent être qu’accidentelles, dans le durcissement de ces appendices. Il suffit pour cela que les cellules de l’hypoderme de l’un des endopodites ne secrètent pas la chitine avec la même intensité que les cellules de endopodite symétrique.
Les variations d’aspect doivent également dépendre de différences dans la rapidité du déploiement sous l'effet de la poussée du sang. Aucune de ces figures d'interaction mécanique n'offre l'aspect d’une coaptation.
Il en est tout autrement si on considère les coupes transversales sériées au niveau des basipodites. :
. Chez certains individus on observe dans la région proximale, un peu au delà de la soudure, au niveau de la saillie des angles dorsaux internes, une coaptation qui rappelle beaucoup celle d’Androniscus : chaque angle dorsal interne offre en section transversale la forme d’un condyle. Les deux condyles symétriques se superposent. L’un recouvre en partie l’autre qui se loge dans une petite encoche creusée dans la base de son symétrique (fig. 196).
2. Chez d’autres individus l’un des condyles est divisé en deux lobes par une scissure médiane dans laquelle s'engage son antagoniste, disposition analogue à celle qu'on observe chez Trichoniscus dans Ja partie proximale des endopodites 1 (fig. 194).
3. Chez d’autres la surface interne de chaque basipodite présente en coupe l'aspect d’une lame de scie : les dents d'un basipodite s’encastrent dans les encoches de l’autre (fig. 19a).
Dans la partie distale des basipodites on observe le plus sou-
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AULL, BIOL,, fase. 3, 1946
vent une simple juxtaposition de deux surfaces plus ou moins planes (fig. 19c).
Il s'agit là de véritables coaptations : par engrenage dans la partie proximale, par juxtaposition dans la partie distale des basipodites. Il n’en est cependant pas toujours ainsi. On observe souvent des indentations qui ne se correspondent nullement d’un basipodite à son symétrique. La coaptation peut également exister à un niveau et cesser à un autre chez un même individu.
La réalisation chez certains individus de véritables coaptations offre l’intérèt de nous montrer des cas analogues à ceux que nous avons rencontrés chez Trichoniscus provisorius et Androniscus dentiger. I ne s’agit cependant encore que de réalisations accidentelles, correspondant à des variations dans la dureté des appendices.