Théorie lamarkienne
.. Certains auteurs tels que Marmer et KozLmann ne voient d'autre - explication possible à la naissance des coaptations que dans l’hérédité des caractères acquis. Aussi périmée et impossible à concevoir que se présente actuellement cette hypothèse, il est facile, dans le cas des coaptations, de lui opposer que les deux moitiés de la coaptation ne sont pas, même chez les Oniscoïdes, en contact direct ; l'élaboration de la forme fondamentale des détails complémentaires s'effectue en toute indépendance. Marmer répond à cette objection, pour le bouton pression des Céphalopodes «1l n’y a pas eu moulage ontogénique, mais faut-il en conclure qu'il n’y a pas eu moulage phylogénique » (1935, p. 58). C’est donc invoquer le recul du temps, à la fois pour affirmer l'existence d’une forme hypothétique et pour permettre l’inscription dans le génôme du caractère acquis : double invraisemblance. KoLLManN suggère pour tenter d'expliquer l’action du contaci sur la cellule germinale
BULL. BIOL., fasc. 3, 1946. 25
« qu’une de ces hormones ou substances caractéristiques des « organisateurs » apparaisse au premier contact des organes à coapter et transmissible héréditairement pourrait être responsable du développement des coaptations » (/. c., p. 202). On ne voit pas comment une substance pourrait naître du contact de deux organes chitinisés qui s’accolent à un moment tardif de l’ontogénèse. L'hypothèse lamarkienne ne faisant appel, d’une façon directe ou indirecte, qu'aux seuls facteurs externes ést à rejeter. Il apparaît d’ailleurs que ses protagonistes n’ont recours à elle qu’en désespoir de cause sans y croire réellement. Sa base essentielle l'hérédité des caractères acquis est inacceptable puisque contredite par
toutes les expériences tentées pour la démontrer.
2, — Théorie de l'induction.
Pessox (19/44) considérant avec juste raison que la formation des coaptations est liée au problème plus général de lédification des formes du corps, établit un rapprochement entre l’action des centres organisateurs et différenciateurs responsables de l’édification de la symétrie du corps, et la formation des coaptations qu'il définit comme des structures asymétriques et complémentaires. Si cette définition est exacte lorsqu'on considère les deux moitiés de la coaptation une fois assemblées, rien dans la formation indépendante de chacun des ‘détails complémentaires ne révèle l’asymétrie dont parle Pessox. Il s’agit en effet de détails anatomiques existant deux à deux symétriquement par rapport au plan de symétrie de l'animal : ceci est vrai à la fois pour les détails portés par les organes impairs, comme lapophyse génitale des Oniscoïdes, le scutellum des insectes, certaines pièces de la tarière des Hyménoptères ; pour les organes pairs qui s’unissent directement, comme les endopodites 1 des Oniscoïdes, les élytres des Coléoptères ou les pièces buccales des Lépidoptères, les pièces de l’ovopositeur des Orthoptères et enfin pour toutes les coaptations reliant des organes différents, c’est-à-dire l’immense mayorité des coaptations.
Il est bien établi pour les coaptations reliant directement des organes pairs que les détails complémentaires sont parfaitement symétriques avant le contact. Le schéma de Conser (/. c., fig. 170) relatif à l'aspect des élvtres des Coléoptères avant ble et
re de
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mes observations relatives aux endopodites 1 des Oniscoïdes démontrent d’une façon formelle cette symétrie primitive. L’asymétrie d’une telle coaptation n'est redevable qu’à l'entrée en corrélation mécanique des deux ébauches. Pessox ne donne pas de figure comparative des stylets droit et gauche dans leur gaine larvaire mais 1l est probable qu’ils sont également symétriques. S’ils ne l'étaient pas, ce fait représenterait une véritable exception.
La question peut cependant être posée de savoir si l’un des deux détails complémentaires peut induire l’autre, sans invoquer pour cela une raison analogue à celle de Kozzmanx. Il est difficile de répondre formellement. Toujours est-il que, d’après nos connaissances actuelles, 11 semble que certains détails, précisément ceux qui distinguent chez les Vertébrés les classes, les ordres et les espèces (structure de la peau et de ses glandes, formations pigmentaires, cerveau et organes des sens, etc...) que n'ont pu jusqu'ici changer dans leur structure fine les techniques embryologiques, «ne correspondent certainement pas à une induction plus ou moins vigoureuse mais à des propriétés inhérentes à la cellule d'une classe, d'un ordre ou d’une espèce donnée » (DaLcQ, 1941, p. 5rr).