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dans un élevage à l'air libre au bord de la mer. Les observations de WeLpox ont montré que dans certaines baies les Carcinus mœænas de grande taille sont éliminés beaucoup plus que les petits par l’eau chargée de vase. Celles de Di Crsxoza ont montré que les Mantes dont l’homochromie est la meilleure sontles moins détruites par les oiseaux. Les expériences citées à propos de l’enroulement des Oniscoïdea apportent également une confirmation certaine de l'existence de la sélection.
Il en est d’autres, telles que celles de Kezroc et Ber sur les Coccinelles Æippodamia ou celles de Pearz sur la couleur des Poussins qui semblent montrer l'identité des éliminés et des survivants. Ces expériences peuvent signifier tout au plus que certaines mutations sont de faible amplitude et ne donnent pas prise à la sélection, ou une prise très faible.
Cuénor reconnaît en définitive l'existence de la sélection : « la sélection n’en existe pas moins mais elle agit, non sur des individus, mais sur des totalités, espèces, races ou écotypes, en raison de leur aptitude physiologique globale à vivre dans des conditions données » (1941, p. 101). |
Dire que la sélection ne peut porter que sur des populations est une affirmation sans fondement expérimental. Son action sur des mutants isolés n'implique qu’une probabilité plus restreinte mais néanmoins suffisante étant donné la généralité actuelle des mutations et la durée des temps géologiques. Cette probabilité peut d’ailleurs être augmentée du fait que l’espèce est abondante. Il se peut également que les grands changements climatériques qui marquent l’histoire du globe aient entraîné une fréquence plus grande des mutations tout en accentuant l’effet de la sélection naturelle.
Il est d’autre part certain que la constitution physiologique globale, dans un milieu donné, peut jouer un rôle de premier plan, on connaît des mutations (mutations albines de la souris, mutation mélanique de Biston belularia, etc...) qui s'accompagnent de changements d’ordre physiologique sur lesquels porte la sélection. La connaissance de telles mutations présente l'avantage d'expliquer la persistance de caractères indifférents (ici la couleur) par le fait qu'ils sont accompagnés de changements pouvant être avantageux : cas de Piston-betularia par exemple.
Mais la généralisation de ces exemples serait en contradicuüon avec toutes les expériences précitées puisque la sélection à porté
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sur un seul caractère : les ailes dans le cas de la Drosophile, la couleur dans celui des Mantes, l’enroulement pour les Oniscoïdes. Dans le cas de la Drosophile il est même évident que /e caractère ailes vestigiales l'emporte sur la constitution physiologique globale plus forte du type sauvage.
Cuéxor (ibid., p. 110) pense également réduire le rôle de la sélection, par la spécialisation qu’elle entraine, à l occupation des places vides ou peu peuplées. Ce rôle n’est pas négligeable et correspond à l'action sélective d’un changement de milièu, par migration par exemple. L'histoire des flores et des faunes successives est faite de ces migrations. L'arrivée dans un milieu nouveau peut d’ailleurs déterminer un rajeunissement de la souche et être marquée par une explosion de formes nouvelles. Ainsi, selon Vaxpez (conférence à la Soc. Zool. de France, 10 avril 1946) l’arrivée des Oniscoides dans le bassin méditerranéen a été marquée par la naissance et l'épanouissement de familles nouvelles telles que les Armadillidudeæ.
Cependant le rôle de la sélection ne peut s’arrêter là : si on adapte le résultat expérimental de P. L’Héririer, Y. Ngers et G. Tessier au peuplement des îles australes, il est impossible de ne pas croire à un remplacement progressif des formes ailées primitives par des formes à ailes vestigiales.
De même que pour les Oniscoïdes enroulables : il semble que ces formes se substituent progressivement aux autres Oniscoïdes. Elles sont en effet apparues les dernières et devenues prépondérantes dans le bassin méditerranéen et les régions tropicales sans avoir encore éliminé leurs concurrentes.
Quant au « deuxième anneau » celui de l’utilité des divers stades, l'affirmation de sa faillite est purement spéculative. Nous avons pu constater sur des exemples précis que nombre de coaptations des Oniscoïdes peuvent être réalisées d'emblée : accrochage des endopodites 1, appareil de rétention de l’appendix masculina, pince préhensile AMC Raabies danicus et de la plupart des autres espèces. La réalisation d’une coaptation expérimentale démontre cette affirmation. Nous avons pu constater également que les premiers stades phylogéniques de la coaptation apophyse génitaleendopodites 1, correspondant à l'apparition d’un seul détail complémentaire héréditaire, sont parfaitement fonctionnels et utiles.
Il apparaît donc que toutes les critiques faites à la sélection
LES COAPTATIONS SEXUELLES DES ONISCOIDEA 38r
darwinienne témoignent d'un manque d’expérimentation et ne résistent pas à Ha de faits précis.
La sélection darwinienne existe, elle est une réalité qui, selon le mot d'Hovasse (1943), « s'impose et s’imposera de jour en jour ». Appliquée à à l’évolution des coaptations, elle est la seule théorie qui puisse l'expliquer de façon rationnelle. Elle permet de comprendre à la fois le perfectionnement graduel à partir d’un dispositif d'emblée fonctionnel, tel qu’il se présente chez les coaptations utiles, et la régression ou la rareté des dispositifs indifférents ; les premiers étant sauvegardés par la sélection des plus aptes, telle qu’elle apparaît nettement dans l’expérience relative aux /Oniscoiïdes enroulables, les seconds n'étant pas protégés par la sélection et capables ainsi de disparaître sous l'effet de mutations affectant la forme ou la croissance des détails complémentaires ou des organes qui les portent : cette disparition peut d’ailleurs n'être que récente par suite d’une cessation de la sélection portant sur un dispositif primitivement utile.