CHAPITRE VI
Résumé. Conclusions
Parvenu au terme de notre travail, il importe d’en resumer rapidement les points principaux.
Pour nous guider dans cette étude des Coccidés utiles, nous avons adopté et suivi pas à pas la classification et les travaux de M. le D" Signoret. Avec cet auteur, nous avons établi dans la Famille des Coccidés quatre tribus, dont deux seulement pouvaient nous présenter quelque intérêt, eu égard au point de vue spécial auquel nous devions nous tenir.
La tribu des Lécanines offrait à notre étude les Ceroplastes, les Ericerus et les Carteria.
En ce qui concerne les premiers de ces animaux, non seulement nous avons étudié, avec autant de détails que le comportait la littérature zoologique, le Ceroplastes ceriferus, espèce reconnue utile par le concert unanime des naturalistes, mais encore nous avons attribué quelque attention au Ceroplastes rusci, espèce reconnue nuisible; nous lui avons consacré néanmoins un paragraphe spécial, en raison de la cire qu'il excrète en quantité tellement considérable que l’industrie pourrait et devrait en tirer parti.
Dans le genre Æricerus, nous avons étudié l’Z. pe-la, espèce unique jusqu’à ce jour, et nous avons exposé les caractères zoologiques de l'animal, nous avons fait connaître ses mœurs, la façon dont on le cultive; nous avons donné enfin un résumé fidèle de toutes les recherches chimiques qui ont été faites jusqu’à ce jonr sur sa sécrétion cireuse.
Parmi les Cartria, nous avons étudié C. lacca avec toul
autant de soin que nous avions fait de l’Æricerus pe-la et, de même que pour les Ceroplastes, nous avons cru devoir mentionner deux formes nouvelles, d’origine américaine, qui, elles aussi, produisent la laque et que l’on commence à exploiter dans les pays où elles se rencontrent.
La tribu des Coccines ne renferme pas moins de six genres qui méritent de fixer l’attention.
Tout d’abord, l’un des plus fameux, le genre Æermes, dans lequel nous trouvons le X. vermilio, célèbre comme teinture, plus célèbre encore comme médicament, au temps où la médecine était toute d’empirisme. Après l'avoir longuement étudié aux points de vue zoologique et éthologique, nous en avons rappelé l’histoire au point de vue médical.
Des Gossyparia, qui fournissent la manne du Sinaï, nous n’avions que peu de mots à dire, le nombre étant restreint des auteurs qui s’en sont occupés.
Les Coccus nous offraient la Cochenille à carmin, dont l’histoire était intéressante à plus d’un titre : nous l'avons résumée, en remontant aux sources les plus certaines et en attribuant à cette espèce toute l'importance dont elle était digne.
Rappelons pour mémoire les Cerococcus, Coccidés peu connus, non pas utiles, au sens strict du mot, mais plutôt utilisables. Nous en avons dit quelques mots à propos des Ceroplastes, desquels ils se rapprochent par la propriété de sécréter de la cire.
Les Llaveia fournissent une graisse dont la pharmacopée mexicaine préconise l’usage. On semble effectivement s’en servir beaucoup au Mexique, dans la médecine populaire.
Enfin, parmi les Porphyrophora, nous avions à étudier la Cochenille de Pologne, rivale du Kermès en teinture, mais son pâle succédané en médecine. Nous avons également porté notre attention sur la Cochenille d'Arménie, qu'on à jusqu’à présent trop peu distinguée de la précédente.
Tels sont les animaux dont il est question dans les pages précédentes. Si nous recherchons de quelle nature sont les produits qu'ils nous donnent, nous voyons que les uns sont utiles à cause des matières tinctoriales que renferme leur corps (Carteria, Kermes, Coccus, Porphyrophora), les autres à cause des productions
cireuses qu'ils élaborent(Ceroplastes, Ericerus, Cerococcus), d'autres ÿi
parce qu'ils sont les artisans de la laque, substance résineuse fort employée dans les arts (Carteria), d’autres enfin parce que leurs piqûres provoqueraient, chez le végétal où ils se sont fixés, la production d’une substance mielleuse et comestible appelée manne {Gossyparia).
Le petit groupe d’Insectes hémiptères qui constitue la famille des Coccidés pourrait donc briguer l’honneur de prendre rang au nombre des auxiliaires de l'homme, tout au moins au nombre des animaux qui lui sont directement utiles, si à côté d'espèces précieuses, comme celles qui ont fait l’objet de ce mémoire, ilne s’en trouvait un nombre bien plus considérable qui sont les pires ennemis de nos récoltes et de nos plantations.