INTRODUCTION
e nom de Cochin est célèbre dans l’histoire de la gravure. Qui n’a lu maintes fois, en feuilletant les livres à vignettes du xvme siècle, la signature « Cochin le Fils» ou « Cochin eques », au bas de quelque illustration d’un goût facile et spirituel? Aussi est-ce à ce Cochin, le dernier et le plus réputé de la race, que l’on songe naturellement quand ce nom est prononcé. Il faut bien convenir que celui-ci a entièrement éclipsé ses devanciers, à commencer par son père, ce qui n’était pourtant pas facile. A plus forte raison a-t-il rejeté dans un oubli relatif, et d’ailleurs immérité, une première génération d’artistes qui avaient rendu ce nom honorable avant qu’il le rendît glorieux. Cochin de Troyes, notamment, dit Cochin le Vieux, mérite mieux qu’une mention, à côté des Cochin de Paris. Commune était probablement leur origine à tous, bien que les biographes n’aient pu démontrer, pièces en main, une filiation partout admise. Il a paru naturel et équitable de rassembler ici, dans une étude consacrée principalement au dessinateur-graveur des fêtes galantes de Louis XV, tous les prédécesseurs de Cochin qui furent ses homonymes et qui sont présumés ses parents. On fera donc ici à la branche troyenne une place
FRANCE
DESSINATEURS ET GRAVEURS
LËS ARTISTES CÉLÉBRÉS
proportionnée à son mérite; on en fera une autre au père du « chevalier »; et, quand on en viendra au chevalier lui-même, on n’aura garde d’oublier les femmes de talent qu’il trouvait dans la famille même de sa mère, ces vaillantes burinistes qui ont étroitement associé leur nom de hile à celui de leurs époux, et marié sur la même planche, comme sur un contrat d’artistes, les Horthemels aux Tardieu, aux Belle et aux Cochin.
Partie inférieure de la planche 11 du Livre nouveau de fleurs très util (sic) pour l’art d’orfèvrerie et autres (i 645). — Fac-similé de la gravure de Nicolas Cochin le Vieux.