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CHAPITRE II

CH. NIC. COCHIN I«t — LES HORTHEMELS

Les Cochin de Paris. — Ch. Nie. Cochin de Paris, ou Cochin le père, ou Cochin Iop. — Le graveur de Watteau et de Chardin. — Ses autres travaux. — Sa femme Madeleine Horthemels. — Ses deux belles-sœurs. — La famille Horthemels et

rès peu après la mort de Cochin le Vieux, naissait à Paris, en 1688, Charles-Nicolas Cochin, le futur graveur de Chardin et de Watteau, celui qu’on désigne ordinairement sous le nom de Cochin le père, pour le distinguer de son fils le vignettiste. Il e'tait fils d’un autre Charles-Nicolas-Cochin, peintre, d’ailleurs parfaitement ignoré. Cet artiste dut être des plus médiocres ; car, si peu de talent qu’il eût, la réputation de son fils, puis celle de son petit-fils, étaient capables d’attirer l’attention sur lui, même après coup, et de le tirer de l’ombre, s’il n’eût mérité d’y rester. D’où venait ce peintre? Quelles étaient ses attaches? Avait-il quelque rapport avec Cochin de Troyes, ou avec Cochin de Venise?

Tout semble le prouver, bien qu’on manque de documents positifs. Le rapprochement des dates, la similitude des professions, celle des

Port-Royal.

noms, et surtout celle des prénoms, donnent plus que de la vraisemblance à cette hypothèse. Il est à noter que tous les Cochin s’appellent Noël, Natalis ou Nicolas, un même nom sous trois formes. Dans une famille d’artistes, ce détail est un indice sérieux. M. Corrard de Bréban, dans ses Graveurs troyens, M. Tardieu dans sa Notice sur les Tardieu, les Cochin et les Belle', admettent la parenté, quoiqu’ils en ignorent le degré: nous ferons comme eux, en attendant que les registres des paroisses aient parlé. Il s’agirait de savoir si le fils de Cochin le Vieux, baptisé à Troyes en i635, vécut et s’il eut des enfants ; si le fils de Cochin de Venise eut des enfants, ou des frères qui en eurent. Selon nous, le Cochin de Paris né en 1688 pourrait être le petit-fils ou l’arrière-petit-fils du premier, mais serait bien plutôt le petit-fils ou le petit-neveu du second.

A l’appui de notre dire, et à défaut de documents irréfutables, nous pourrons signaler deux nouveaux indices, relevés au cours de nos recherches, et qui ne sont pas dépourvus de valeur. Le premier est l’affirmation de cette parenté de tous les Cochin, attestée par Jombert et perdue, il est vrai, au fond d’une note du Catalogue d’Ét. de La Belle2. Jombert dit en propres termes que les deux Cochin de Paris, dont le premier a gravé « toutes les peintures et sculptures de l’église des Invalides, d’après ses propres dessins, tirent leur origine de ces anciens Cochin; [et que] les talents et la célébrité sont comme héréditaires dans cette famille d’illustres artistes depuis près de deux cents ans». Si l’on réfléchit que la famille Jombert fut toujours en étroite intimité avec celle des Cochin de Paris, et qu’à la date où il écrivait ces lignes, le célèbre éditeur venait à peine de publier le Catalogue de Cochin le fils, on ne doutera pas un instant que cette affirmation ne soit l’écho exact de celle des intéressés eux-mêmes. En même temps, on admettra avec nous que cette filiation n’était probablement pas directe, sans quoi les mêmes intéressés se fussent réclamés de ce nouveau titre.

Le second indice nous est fourni par l’exemplaire très curieux d’un missel qui se trouve entre les mains de M. Gazier, l’érudit auteur des Chamgaigne, et le légataire universel, pour ainsi dire, des vénérables reliques du jansénisme. Le missel en lui-même n’offre rien de particulier : c’est le Missel de Paris latin- francois, paru chez les « libraires associés», en M.DCC.LXI V, 16 vol. in-8°. C’est l’ex— libris du propriétaire, et l’ha-

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