Journal de J. J. Wille
Oz
LES ARTISTES CÉLÈBRES
linck et d’Audran, on peut dire qu’avec de tels artistes l’art de graver se maintient encore à une grande hauteur. L’habileté de l’outil est extrême : cependant, par le choix des sujets, le style accuse déjà une tendance à déchoir. L’horizon de la gravure tend à se rétrécir. On ne s’adresse plus, pour affermir son goût et sa main, à ces redoutables maîtres qui s’appellent Raphaël, Titien, Poussin : on incline vers le joli, le gracieux. Encore quelques années, et l’ère des frivolités charmantes sera définitivement ouverte. Lorsque, en 1745, Cochin le père se réduisait au rôle de traducteur de son fils, il pressentait l’avenir. Ce n’est point cependant comme graveur qu’il est inférieur à son fils; ce qu’il admirait alors avec tous chez le jeune artiste, c’était la facilité de l’invention, l’arrangement ingénieux du dessin, avec un esprit, une grâce, un piquant qui en faisaient déjà l'interprète le plus fidèle et le plus vivant de la mode, de la cour, et, pour tout dire d’un mot, du siècle de Louis XV et de Mme de Pompadour.