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LETTRE ORNÉE

Dessinée et gravée en 1740,

par C. N. Cochin le fils, pour la Méthode pour apprendre le dessein (sic), par Jombert.

(Collection

de M. Henri Béraldi.)

LÈS ARTISTES CÉLÈBRES

Il ne semble jamais avoir eu de frère. Mais il eut au moins une sœur, dont parle le graveur Miger1 2 : cette sœur avait nom Madeleine-Geneviève Cochin, et c’est à elle qu’appartenait le curieux missel que nous avons décrit un peu plus haut. C’est à peu près tout ce que nous en savons. Elle devait être sensiblement plus jeune que son frère. Charles-Nicolas fut donc pendant de longues années l’unique souci d’une famille qui ne comptait, de père en fils, et d’oncle en cousin, que des graveurs, des peintres, des libraires et des marchands d’estampes. Sa vocation pouvaitelle être douteuse ?

Par sa famille, par ses attaches, Cochin était déjà un bourgeois de l’art. En cela il diffère de beaucoup d’artistes ses contemporains, de ceux que les Concourt appellent « sans études, parfois liseurs, mais sans lettres, sans usages, sans manières, formés tout seuls, poussés naturellement à la volonté du hasard et de leur intelligence. » Tel fut le cas de Le Bas, par exemple, de Gravelot, de Greuze ; tel ne fut pas celui de Cochin le fils. Certes il avait de l’instinct, de la précocité, une originalité native : mais il eut aussi de l’acquis de bonne heure, du métier, quelques études, et une solide éducation, en attendant que les voyages et les relations mondaines fissent le reste.

De très bonne heure son père et sa mère lui mirent un crayon, puis un burin entre les doigts. Les biographes rapportent qu’à l’âge de douze ans il donnait une Sainte Famille , entièrement gravée au burin. Il termina son apprentissage chez un des confrères les plus habiles de son père, le graveur Le Bas*. Ii y gagnait en deux heures son petit écu, et n’était pas en peine de l’employer ; sa facilité au travail n’eut d’égale en tout temps que son ardeur au plaisir. L’enfant savait de plus observer, et il était né dessinateur. On a de lui Diverses Charges des rues de Paris, qu’il fit à l’âge de seize ans, en i p3 i , et qui décèlent une véritable justesse d’observation. Entre temps, il avait appris l’eau-forte, qui eut depuis sa prédilection à cause de sa facture expéditive. Il s’était aussi perfectionné dans le dessin chez Restout, un des peintres les plus estimables — ou les moins médiocres — de la décadence académique, celui-là même dont Cochin le père avait gravé plusieurs grands tableaux. Bref, avant vingt ans, àl’âge oùl’on n'estqu’apprenti d’ordinaire, Cochin

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