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SOUS LA RÉGENCE

Réduction de la gravure de J. J. Flipart, d’après la composition de C. N. Cochin le fils. (Collection de M. Béraldi père.)

68 LES ARTISTES CÉLÈBRES

fils était en possession de tous ses moyens, et n’attendait qu’une occasion

de se signaler.

Il n’était pas de ceux auxquels l’occasion manque, ayant toujours eu autant de chance que de talent. Les « Menus-Plaisirs », un des services royaux les plus importants sous le nouveau règne, occupaient alors force artistes et leur commandaient nombre de sujets point rébarbatifs et généralement bien payés. Un des contrôleurs des Menus-Plaisirs était alors M. de Bonncval, dont le nom se lit sur un certain nombre de planches de Cochin, nous dirons tout à l’heure pourquoi. C’est à ce Bonneval que notre graveur dut, d’après ses propres termes, d’avoir travaillé pour le roi dès l’àgede vingt ans '. Désigne-t-il ainsi sa première grande pièce, gravée d'après le Pannini sur un dessin de Dumont le Romain, et terminée au burin par sa mère, le fameux Feu d'artifice tiré à Rome en 172g pour la naissance du grand Dauphin? Nous croyons qu’il s’agit plutôt d’une autre pièce qu’il composa et grava lui-même dans le même genre, en la même année ij36, V Illumination et le feu d'artifice de Meudon. Quoi qu'il en soit, sa réputation était faite après ces deux morceaux, qui annonçaient le Pannini de la gravure, un « Pannini de Versailles », comme on l’a si bien dit.

Aussi était-il nommé dessinateur et graveur des Menus-Plaisirs dès 1739. A vingt-quatre ans, il obtenait ainsi sa première place, qui nedevait pasêtre sa dernière. Lestravaux de gravure étaient alors très productifs ; la mode s’en mêlait; jamais le métier n’avait si largement nourri l’artiste, comme en témoigne une curieuse lettre de Le Bas1 2. Il est à croire que Cochin ne perdit rien à entrer aux Menus-Plaisirs, quoiqu’il déclare quelque part qu’il fut toujours assez mal payé a dans ce district ». Il était âgé quand il traça cette ligne, et il avait été fort gâté depuis. — On peut ajouter plus de créance à ses dires quand il parle des désordres de cette administration. Les Menus-Plaisirs étaient un véritable tripot; le mot est de Cochin, et il n’a rien d’exagéré. Intendants et contrôleurs s’y engraissaient de façon scandaleuse. Pourvoyeurs attitrés des divertissements royaux, ils régnaient en maîtres sur l’Opéra, sur Meudon, Saint-Cloud, Versailles et les théâtres extraordinaires; dans

1. Cochin, Mémoires. Ces Mémoires, vainement cherchés par les Goncourt, ont été découverts et publiés par un jeune érudit, fécond en trouvailles de toute sorte, M. Charles Henry. — Paris, Baur, 1880, in-8°.

2. Publiée par les Goncourt, Portraits du X V1IP siècle, p. 207.

les fêtes, bals, re'ceptions et ce'rémonies officielles. A eux le gouvernement des décorations de carton-pâte, des lustres, des tréteaux improvisés

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