‹ Les CochinChapitre 37 sur 102 · PORTRAIT DE MME FRERON · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE MME FRERON

Dessin de C. N. Cochin le fils, à la mine de plomb avec lavis d’encre de Chine. (Ancienne collection de M. le comte Jacques de la Béraudière,)

93 les artistes célèbres

d’annotations marginales L’auteur de celles-ci semble être un amateur, qui a suivi pas à pas l’itinéraire de Cochin quarante ou cinquante années après lui. Sur vingt remarques, dix-sept sont ainsi formulées : « parfaitement exact;» une «a beaucoup souffert depuis; » une «a disparu, » et une « a été changé récemment».

La petite caravane rentrait en France par Marseille, dans la première

QjO'/enmitz, COcô Qy'PCanctg e^J n * - . - - x/

leviez

J TarJttit. J.u/f .

/ tutetUicru Dil oVcoy yiatr /'u pttj.f. ru<:iwius ,

?ed duiaati/

(Lrïa '.yVa/jsLUiœ DUC DE BOURGOGNE c’n ijôi.

Ë&hl IP- Prévoie Je X ■ De D rrn/ieje. £,Ioji£~ Ecfieetsur PII Pirn£csrteiüri//ef't Docureuf du P^J/ d JeD T'i/Xe-

J) fartau.. Prêter est- cfief JÏL? Tatfb cmt, ef Receveur JJP Boucatr:

Réduction de la gravure exécutée par J. Tardieu, en 1751, d’après le dessin de C. N. Cochin le fils.

(Collection de M. Henri Béraldi.)

quinzaine de septembre 1751 ', après vingt et un mois de voyage ininterrompu. M. de Vandières revenait avec ce goût éclairé dont il donna dans la suite des preuves si nombreuses : Le Blanc et Soufflot vaquèrent à leurs travaux. Quant à Cochin, il reprit auprès de la favorite son ancienne position, en même temps qu’il s’en créait une de plus en plus considérable à l’Académie.

1. Les Goncourt, dans leurs Notules (Art au XVIII “ siècle, Cochin), donnent une lettre de Cochin fraîchement débarqué à Marseille, et datée du 16 septembre 1751.

Pièce gravée par Mm0 de Pompadour, d'après Bouclier, et retouchée par C. N. Cochiu le fils, pour servir de frontispice à la tragédie de Rodogune, de Corneille, imprimée sous les yeux de la marquise, au Château de Versailles.

LES ARTISTES CELEBRES

Nous le voyons en effet, dès lors, pour ce qui est de Mme de Pompadour, mêlé à tous les passe-temps par lesquels la maîtresse du roi tâchait de distraire son amant, ou d’oublier ses infidélités. Voici une petite estampe qui représente une parade, Isabelle, Léandreet Pierrot; Cochin l’a gravée sans doute pour servir de billet d’entrée aux divertissements de 1759. 1 Mais ceci n’est qu’un détail. Une pièce véritablement importante est cette aquarelle gouachée qui représente le troisième acte d 'Acis et Galathée , donnée au théâtre des petits appartements et jouée par Mm® de Pompadour en personne. La reproduction et la description se trouvent dans l’ouvrage des Goncourt2. Louis XV est en habit gris, Marie Leczinska a le «papillon noir» sur la tête; des princes à l’orchestre, le Saint-Espritsurlapoitrine,soufflentdans des instruments à vent. La marquise, sur la scène, est là «peinte avec tant de soin et tant d’application que la tête est presque en relief sous les touches successives de gouache ».

Nous ne rappellerons que pour mémoire d’autres menues attentions de Cochin pour Mme de Pompadour, la gravure de son ex libris par exemple, ou cette vignette pour l’illustration de Rodogune, dessinée par Boucher, gravée par la marquise, et retouchée par notre artiste. Ce faible produit de deux artistes associés à une amatrice ne vaut une mention qu’en souvenir de la fantaisie qui poussa Mme de Pompadour à installer une imprimerie dans sa chambre, à Versailles. Rodogune fut ainsi imprimée sous ses yeux3, et de même le Cantique des cantiques, avec le Précis de l’Ecclésiaste , paraphrasés par Voltaire. C’est ainsi que la marquise jouait aux métiers, quand elle était lasse de jouer aux arts ou à la politique. Ces avances faites aux artistes portèrent leurs fruits; pinceau, pastel, crayon, ciseau, s’évertuèrent à célébrer la nouvelle Minerve. Cochin plus que personne. C’est lui qui donnerait la meilleure contribution à une iconographie pompadourienne. Est-ce courtisanerie, ou fidélité ? Sans doute l’un et l’autre. Cochin savait fort bien allier le procédé avec le sentiment; là fut le secret de son succès durable. Ne pouvant tout citer, mentionnons au moins le portrait ou médaillon de la marquise, que la gravure d’Augustin de Saint-Aubin a popularisé, et le quatrain de

t. Jombert, Catalogue , et Goncourt, Notules de Cochin.

2. Goncourt, Al™ de Pompadour, p. 52. Voir aussi Campardon, ouvr. cite'.

3. Avec la marque Au Nord, parce que sa chambre e'tait orientée au nord Voir Goncourt, p. 333, et, dans la Collection des Artistes célèbres , André Michel, Boucher, p. 62.

PORTRAIT DE CH. J. F. HENAULT, dessiné par C. N. Cochin le fils, gravé par C. E. Gaucher. (Collection de M. Béraldi père.)

q6 LES ARTISTES CÉLÈBRES

Marmontel vulgarisé N’oublions pas non plus l'estampe très rare composée par Cochin pour le rétablissement de sa protectrice, en 17642. Les Goncourt ont reproduit, dans leur bel ouvrage, celte allégorie qui peut passer pour le type du genre. La composition représente cinq femmes groupées avec des nuages de manière à former un encadrement. En haut, la Médecine arrête la Parque qui va trancher le fil, pendant que le soleil se voile. Vers le milieu, la Musique chante la guérison; au bas, la Peinture et la Sculpture se répandent en actions de grâces. Dans l’espace réservé au centre, devait s’encadrer ce couplet de Favart:

Du itr Avril 1764:

Page 1