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Une éclipse de soleil se produisit dans le môme temps

l’ami et comme le conseiller de la surintendance. M. de Vandières était à peine de retour que l’Académie nomma, le 25 septembre, une députa-

de pompadour en femme savante qui s’occupe de l’étude.

Fac-similé de la gravure de C. N. Cocliin le fils, d'après le dessin de C. Natoire, pour le frontispice

de la Plurita di Mondi.

(Collection de M. Béraldi père.)

tion pour l’aller complimenter1. Quelques semaines après, il était en

i. Procès-verbaux de l'Académie Royale , année 1751. Tous les détails qui suivent sont également empruntés aux Procès-verbaux , sous les années dont nous donnons la date

FRANCE

dessinateurs et graveurs.

98 LES ARTISTES CÉLÈBRES

place. L’Académie décidait de le féliciter officiellement dans sa séance du 29 septembre 1 7 b 1 . Dans cette même séance, l’Académie, après avoir reçu « les excuses de M. Cochin le fils sur ce que ses travaux pour M. de Vandières l'avaient empêché de faire son morceau de réception », le dispensait de cette formalité, et le recevait «par acclamation » académicien. Le nouvel élu était admis le 4 décembre. Il signala bientôt son zèle, et profita de sa situation avantageuse, mais délicate, avec la dernière habileté. Il n’avait à ce moment ni le temps, ni peut-être l'intention bien arrêtée de publier ses notes d’Italie. Mais il exploitait les souvenirs de sa campagne à toute occasion, et transformait sa reconnaissance en hommage rendu par l’Académie tout entière à son protecteur. Dès le 4 mars 1752, il lisait à la compagnie une relation abrégée de son voyage sous ce titre significatif : Sur l’utilité du Voyage d’Italie. Il y relevait « tout ce qui a paru mériter les observations de M. de Vandières pendant ce voyage, voyage d'autant plus avantageux à l’Académie que M. le Directeur Général, né avec un goût naturel pour les arts, a perfectionné ce goût par la réflexion et par l’expérience». De là, dit le procès-verbal, M. Cochin expose, avec modestie , ce qu’il pense lui même sur ia marche qu’il croit que les élèves doivent tenir pour étudier efficacement les grands maîtres. — La réponse du Directeur', Charles Coypel (encore un habile homme), n’était pas moins adroite. S’il louait Cochin de son jugement, il le louait encore plus de son tact : « Ne craignez pas, Monsieur, que nous ayons pu vous soupçonner d’adulation. Le favorable accueil que M. de Vandières fait aux illustres membres de cette Académie ne nous permet pas d’imaginer que vous ayez même songé à prêter aucun ornement aux vérités que vous dites à ce sujet. » — Quelque Alceste présent à la séance, Caylus par exemple, dut grommeler tout bas, en voyant le tour que prenaient les austères conférences d’antan. Le jeune et sémillant Cochin inaugurait des moeurs nouvelles. L’Académie va dès lors être en coquetterie réglée avec le pouvoir. Ce fut tant mieux pour elle, certes, mais surtout tant mieux pour Cochin.

Coypel mourait peu après, et Cochin lui succédait aussitôt dans une place enviée, celle de garde des dessins du Roi. Il y était nommé le 23 juin 1752. En même temps, le roi lui faisait don d’un premier logement « dans une doses maisons sise rue Champfleuri 2 ». Le 26 mai 1723,

1. Ch. Coypel avait élu directeur le e3 juin 1747, en remplacement de Cazes.

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