PORTRAIT DE P. FR. BASAN
Fac-similc de la gravure de Marais, terminée par Massa rd, d'après le dessin de C. N. Cocliin le fils.
(Collection de M. Béraldi père.)
LËS ARTISTES CÉLÈBRES
« C’est par elle que la peinture est arrivée au plus haut degré de perfection... Les Carrache comprirent que la nature était le véritable objet d’imitation... C’est d’eux que l’on a vu sortir les chefs-d’œuvre de peinture qui font aujourd’hui l’objet de notre admiration et de notre imitation. On voit dans les principaux maîtres de cette école une vérité qui fait croire que c’est la nature telle qu’on la connaît, quoiqu’il soit vrai qu’on n’en trouve presque point d’aussi parfaite. » On n’a que l’embarras du choix parmi cent éloges excessifs, et parfois ridicules. Voici le Guerchin, qui a résumé « les qualités qui distinguent deux des plus grands peintres de notre école française, la couleur de La Fosse et le caractère de dessin de Jouvenet (!). » Voici l’Albane qui nous a peint « la vraie beauté ». Voici maintenant Pietre de Cortone, un Romain cette fois, mais fortement bolonisé, « maître charmant qu’on a vainement tâché de décrier... Nos amateurs rigoristes, tels que feu M. le comte de Caylus, nous ont assuré que ce maître et son école avaient perdu la peinture ; mais cela n’est pas aussi exactement vrai qu’ils l’ont voulu croire. Il en est de ce sentiment comme de celui des personnes qui prétendent (Caylus était encore de ceux-là) que les rares talents de M. Boucher ont perdu l’école française. » Eh oui, ces deux sentiments sont assez d’accord, et l’on voit trop pourquoi Cochin ne les partageait pas. Son éloge du Guide, qui touche au délire, nous montre trop son incapacité de s’élever jusqu’à un goût vraiment simple et fort. Terminons par cette citation : « Quoique Raphaël l’ait surpassé par la continuité des caractères de têtes et la grandeur des idées; qu’Annibal et le Dominiquin aient quelque chose de plus grand dans leur manière de dessiner; que le Gorrège, le Titien, Van Dyck et Rubens soient plus grands coloristes ; néanmoins, il est peu d’artistes à qui, si (par supposition) on donnait le choix des talents qu’ils désireraient posséder, sans leur permettre de réunir ceux qui sont dispersés en différents maîtres, il en est peu qui, se rappelant bien le plaisir que leur ont donné les ouvrages du Guide, ne préférassent les siens 1 . » Faut-il s’étonner que l’école où de tels génies ont pris naissance soit mise au-dessus des écoles romaine, vénitienne et flamande réunies, et que Cochin voie en elle la véritable institutrice des peintres, celle qui offre le plus complet assemblage « des plus grandes parties de l’art?2 »
i. Voyage d'Italie, t. II, p. 1 88, et passim. Lettres à un jeune artiste peintre, passim.
i. Voyage d'Italie, conclusion sur Bologne, t. II, p. 192.
Telle nous apparaît la critique de Cochin sur le grand art : judicieuse et meme sagace dans les parties qui intéressent le métier ou le bon sens; courte et fausse en ce qui intéresse la pensée, ou l’âme, ou simplement ce sentiment du noble et du beau qui est l’apanage des grands artistes et des grandes époques. Quoiqu’il soit en progrès relatif sur son temps, il a la vue encore trop offusquée par l’art Boucher ; et ses jugements critiques, comme ses dessins sérieux, s’arrêtent à mi-chemin dans leur élan vers un but plus relevé.
PREMIÈRE SCÈNE DU PREMIER ACTE DE « TARTUFFE ». Fac-similé d’une gravure de C. N. Cochin le fils, exe’cutée en 1745, d'après mie de ses compositions destinées à illustrer un Molière resté inédit. (Collection de M. Henri Béraldi.)
Vignette pour le Catalogue raisonné des tableaux du Roi, par Lépicié.
Réduction de la gravure de Galimard, exécutée, en 1754, d'après le dessin de C. N. Cochin le fils. (Collection de M. Henri Béraldi.)