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CHAPITRE VII

Influence croissante de Cochin à l'Académie. — • Il est « charge' du de'tail des arts. » — Les Mécontents; les clans. — Caylus, Pierre et Cochin. — Déclin de l’autorité de Cochin. — Il passe dans la classe des conseillers (1758-1776).

orsqu’il montrait tant de hardiesse ou tant de sansgêne, il fallait que cet artiste épistolaire, comme disait M. de Lagrange, fût sûr du jugement de ses confrères et ne redoutât rien de celui de ses supérieurs.

Cochin était en effet très fort, d’un côté comme de l’autre. Il était en position de tout se permettre dans l’intérêt des arts, et même quelque chose de plus dans son propre intérêt, — ce dont il n’abusa pas, et même usa peu, il faut le dire à sa grande louange. Il nous reste à le montrer investi d une véritable autorité tacite dans toutes les affaires de l’Acadé-

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mie, et nanti de tous les pouvoirs occultes que lui conférait l’amitié du surintendant.

Faut-il s’étonner qu’il soit devenu l’homme de confiance de M. de Marigny et comme le factotum des académiciens ? 11 avait pour cela toutes les qualités nécessaires, de l’aveu même de Mariette, son ennemi. Il était devenu comme indispensable, depuis que Carie van Loo, trop

illettré, et Boucher, trop occupé, s’étaient déclarés hors d’état de remplir tous les devoirs qui incombaient au « premier peintre », et avaient demandé à en être déchargés. C’est Cochin qui fut désigné pour s’occuper du « détail des arts », fonction vague et multiple qui coûtait en réalité beaucoup de soins et de fatigues, et dont il se tira avec tout le tact désirable. Il avait ainsi la main dans les questions de commande, dans les nominations, dans les pensions. 11 pouvait plaider pour les artistes pauvres ou méconnus, ajouter quelque chose à leur bien-être ou à leur réputation. Il ne faillit pas à ce devoir, et ses Mémoires , ses Lettres , nous le montrent mettant son habileté au service

de sa charité. Tantôt il fait donner à Boucher, maintenant sur son déclin, la commande d’un morceau d’histoire qu’il ambitionne * 1 ; tantôt il demande en cachette 200 livres de pension pour indemniser Chardin de « l’arrangement » du Salon2; tantôt il écrit à M. de Marigny une lettre chaleureuse en faveur de Loriot, l’inventeur d’un procédé pour fixer les pastels3 4; tantôt il s'avise d’un expédient adroit et délicat ensemble, pour fournir des logements et des ateliers à des artistes peu fortunés, dans le Louvre en réparation '1; tantôt enfin il s’occupe, sans

1. André Michel, Fr. Bouclier , p. 157. (Les Artistes célébrés.)

2. Chardin avait succédé à Portail, en îybg, dans cette charge.

3. Citée par les Goncourt. Voir aussi les Mémoires de Cochin.

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