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PORTRAIT DE M '• L E CLAIRON

Fac-similé d’une eau-forte de Schmidt, d’après le dessin de C. N. Cochin le fils. (Collection de M. Béraldi père.)

LES ARTISTES CELEBRES

et qui le volera indignement C’est encore une gouvernante impotente, d’autres serviteurs hors d’usage, bref en tout dix à onze personnes « qui n’ont, nous dit-il, de ressources que dans ses faibles bienfaits ». Il est parfois obligé d’être imprudent par prudence. Il se fera, par exemple, la caution de Née, un graveur persécuté par ses créanciers, parce que Née grave ses planches et qu’il ne veut pas les perdre. Il avancera à Le Bas de véritables sommes, parce que les Ports de France promettent de faire recette, et qu’il faut presser Le Bas la bourse à la main; mais Le Bas meurt, Cochin est menacé de perdre une créance de 8,000 francs, et les souscripteurs s’impatientent. Survient la vente après décès de son collaborateur. Cochin, aux termes de l'acte de société, avait droit de prendre la moitié des planches qu'ils avaient gravées ensemble. Non seulement il n’en ht rien, mais, sa probité passant jusqu’à la délicatesse, il doubla l’enchère de prisée 1 2. On s’explique aisément qu’un homme capable de ces traits n’ait eu de vaillant, après tant d’ouvrages grassement payés, qu’une petite maison à Gentilly et 25, 000 livres qu’il devait surtout aux bontés de M. de Marigny. D’ailleurs, les embarras croissants de nos finances le réduisirent vers la fin à une véritable gêne. Les places ne rapportaient plus que sur le papier. Les services du roi n’étaient plus payés. En 1780, les arrérages dus au malheureux Cochin dépassent 22,000 livres. C’était un pauvre riche 3.

Il portait gaillardement sa misère dorée, et continuait à faire figure, comme tant d’autres. Mieux encore, il montrait du caractère, et savait tenir tête aux grands, défendre une idée juste. Le frondeur qui se cache chez tout bourgeois de Paris au xvme siècle n’était point si dissimulé sous le courtisan Cochin qu’il ne perçât aux heures d’impatience. Les Mémoires qu’il rédigea sur la fin de sa vie nous montrent ce curieux mélange d’obséquiosité et d’indépendance, parfois assez incohérent pour nous dérouter. On sent bien que, la plume à la main, Cochin prend la revanche de sa docilité ordinaire. Pourtant, on peut citer à son éloge de véritables actes. Ainsi sa résistance à l’arrêt du conseil du roi sur la propriété littéraire, ses protestations réitérées auprès de M. Miromesnil à ce sujet, sa démission de censeur donnée à M. de Néville. Les récla-

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