Archives de l’Art français, t. V, p. 220 à
2. Sur ï Utilité des Ecoles académiques, 1777; sur les Inconvénients du maniéré,
1778, et Conseils pour éviter ce défaut, 1779. (Aux Archives de l’Académie de Rouen.)
3. Nous parlons de la première et de la troisième des lettres que les Goncourt citent in extenso dans leur Dix-huitième siècle, Cochin, IX. Selon nous, la première ne peut avoir été écrite qu’à Descamps,
ses réserves discrètes sont des plus significatives. Il trouve qu’ « il y a à désirer, surtout dans la disposition des figures et des groupes, dans le choix des caractères de tête »; il blâme cette « couleur noire » de ses premiers tableaux, et que les « autres ont saisie à son imitation ». Certains éloges même impliquent une critique, comme ce mot de « fini le plus précieux » qui revient à chaque instant sous sa plume à propos de David. La couleur brillantée et luisante du Paris et Hélène lui inspire de justes scrupules : « Il est dans un système très clair et même peut-être un peu trop. » Mais, à tout prendre, David est bien le vainqueur du jour, et Cochin l’avoue pour un maître. C’est Vien, l'ancien professeur de David, le froid et sage archéologue de la peinture à l’antique, qui reçoit le coup de patte par ricochet. « M. Vien s’était un peu surpassé, et son grand tableau d ' Hector rapporté à Troye était fort bien composé. Vous jugez bien qu’il y avait, comme de coutume, quelques figures qui, à force de chercher le simple et le naïf, approchent de la bêtise ; des draperies bridées et collées sur le nud, etc. » 1 Voilà bien les défauts qui devaient offusquer la vue d’un Cochin. Et sans doute il se mordait les doigts d’avoir jadis poussé à l’antique, tant l’abus qu’on en faisait devenait ridicule. Veut-on connaître les sujets des meilleurs tableaux de 1 789 ? Glanons dans le catalogue qu’il en dresse lui-même: Zeuxisà qui l'on amène des jeunes filles pour modèles ; Brutus ajfigé; Paris et Hélène; Socrate ; Mort de Sénèque ; Darès et Entellus; Fête à Cérès ; Ulysse et Pénélope; Mort d'Agis; Mort d'Antoine ; etc., etc. Jusqu’à Carie Vernet, qui, atteint de la maladie, débute par un Triomphe de Paul-Émile , de 14 pieds de large sur 5 pieds de haut ! Celui-là devait se corriger.
Que faisait cependant le vieil artiste, pendant qu’un vent de révolution passait sur les arts comme sur le reste ? Il suivait ce progrès d’un œil mélancolique ; il gravait encore, mais il n’exposait plus depuis 1781 2. A l’Académie, où il siégeait toujours, il ne s’occupait plus des registres, et laissait faire Renou. Sa santé se maintenait néanmoins, et, quoique à cet âge on ait toujours quelque fer qui cloche, il se tenait heureux,
1. Lettre sur l’Exposition de 1785. Dans la lettre sur l’Exposition de 1789, il dit toute sa pensée: « M. Vien et M. de la Grenée l’aîné n’ont que des tableaux médiocres. Il serait temps qu'ils ne se montrassent plus. »
2. Cochin a exposé aux Salons des années 1741, 1742, 1743, 1745, 1760, 1753, 1755, 1761, 1767, 17C9, 1771, 1773, 177 b, 1781.
comme il disait, de « conserver encore le moule du pourpoint ». Insensiblement, les temps devinrent très durs, et Cochin vécut dans une gêne très étroite. En 1786, il avait été volé de sa collection d’estampes, trésor d’artiste patiemment accru, et peut-être gardé en prévision des temps